
En Pologne, la fiscalité des cryptomonnaies peut paraître complexe à première vue. Cependant, une compréhension approfondie et une préparation adaptée la rendent bien plus accessible que ce que beaucoup imaginent. Le document de référence pour la déclaration des transactions sur actifs numériques est le formulaire PIT-38, spécifiquement conçu pour signaler les revenus issus de telles opérations.
Lors du remplissage du formulaire PIT-38, il est essentiel de porter une attention particulière à la section E, dédiée aux revenus liés aux cryptomonnaies. À la ligne 34 de cette section, vous devez indiquer le montant total des recettes obtenues lors de la vente de cryptomonnaies durant l’année fiscale, en incluant tout revenu provenant de conversions d’actifs numériques en devise fiduciaire. À la ligne 35, il convient de renseigner le coût d’acquisition de ces cryptomonnaies, c’est-à-dire le montant investi ou le prix d’achat initial.
Si vous avez accumulé des pertes lors des exercices fiscaux précédents, vous pouvez les reporter en les inscrivant à la ligne 36 du formulaire. Cette disposition permet de compenser d’éventuels gains futurs par des pertes antérieures, un avantage notable pour les investisseurs crypto à long terme. Il est important de souligner que si le solde obtenu aux lignes 37 et 38 est négatif, il faut inscrire 0,00 au lieu d’un montant négatif.
L’élément déterminant du règlement fiscal des cryptomonnaies est la conservation rigoureuse de la documentation de toutes vos transactions. Il s’agit de consigner les dates d’achat, de vente, les montants, les taux de change et tous les frais associés. Une gestion méthodique des registres garantit la conformité réglementaire et offre une protection en cas de contrôle par l’administration fiscale. De nombreux investisseurs utilisent des outils spécialisés ou des tableurs pour suivre leurs opérations tout au long de l’année, simplifiant ainsi la déclaration annuelle.
Achat et vente de cryptomonnaies : Prenons un exemple concret : au cours d’une année fiscale, vous investissez 15 000 PLN en BTC et 25 000 PLN en ETH. Durant la même période, vous vendez une partie de vos BTC pour 20 000 PLN et une partie de vos ETH pour 70 000 PLN. À la ligne 34 du formulaire PIT-38, vous déclarerez donc un revenu total de 90 000 PLN (20 000 + 70 000). À la ligne 35, vous inscrirez les coûts d’acquisition pour un total de 40 000 PLN (15 000 + 25 000). Votre revenu imposable effectif sera donc de 50 000 PLN, sur lequel vous devrez vous acquitter d’un impôt de 19 %, soit 9 500 PLN.
Cet exemple illustre l’importance de suivre à la fois le montant investi et les recettes de vente. La différence entre ces deux valeurs détermine le gain imposable, aspect central d’une déclaration correcte. À noter : le taux d’imposition de 19 % s’applique à tous les gains issus de cryptomonnaies en Pologne, une situation plus simple que dans certains pays où la fiscalité est progressive.
Achat uniquement de cryptomonnaies : Dans un autre cas de figure, vous achetez des cryptomonnaies pour une valeur totale de 45 000 PLN durant l’année fiscale, sans procéder à aucune vente. Vous mentionnerez alors ce montant à la ligne 35 du formulaire PIT-38. Vous enregistrez ainsi une perte de 45 000 PLN pour l’année, reportable sur l’exercice suivant. Cette perte permettra de compenser de futurs gains et de réduire la fiscalité lors de futures cessions.
Ce dispositif est particulièrement pertinent pour les investisseurs qui adoptent une stratégie de conservation à long terme. Le report des pertes facilite une gestion fiscale efficace sur plusieurs années, notamment en cas de volatilité des marchés.
Absence de transactions en cryptomonnaies – Report d’une perte antérieure : Si aucune transaction en cryptomonnaies n’a eu lieu durant l’année, mais qu’une perte non encore imputée de 45 000 PLN subsiste de l’exercice précédent, vous la reportez à la ligne 36 du formulaire PIT-38. La perte de l’an passé est alors transférée sur l’année en cours, vous permettant de la compenser avec de futurs gains. Ce mécanisme garantit que vos pertes ne sont pas perdues et qu’elles peuvent servir à alléger l’impôt lors de la reprise de l’activité.
Ce report traduit la prise en compte par la fiscalité polonaise de la volatilité du marché des cryptomonnaies et offre un allègement fiscal aux investisseurs concernés.
Évolutions réglementaires récentes : Ces dernières années, de nouvelles réglementations ont structuré le marché des monnaies numériques en Pologne. L’imposition des cryptomonnaies pour les particuliers s’est donc adaptée à ce cadre. Ces règles offrent davantage de clarté, facilitant la compréhension des obligations pour les investisseurs, et témoignent de la reconnaissance croissante des cryptomonnaies en tant que classe d’actifs nécessitant un encadrement réglementaire.
Conservez les preuves de transaction : Il est indispensable de conserver la documentation des opérations : relevés d’échanges, reçus des plateformes et tout justificatif émis par les plateformes de trading. Ces documents font foi en cas de contrôle par l’administration fiscale. Les enregistrements numériques, captures d’écran et historiques doivent être conservés au moins cinq ans.
Fiscalité des conversions crypto-fiat et fiat-crypto : En Pologne, l’imposition s’applique lors de la conversion de cryptomonnaies en monnaies fiduciaires (et inversement). Ainsi, vendre du Bitcoin contre des zlotys ou acheter de l’Ethereum avec des euros déclenche une obligation fiscale. En revanche, les échanges crypto-crypto (ex. Bitcoin contre Ethereum) ne sont pas imposés selon la législation actuelle. Cette distinction est essentielle pour la planification fiscale et peut influencer le montant d’impôt dû.
Déclarez séparément les revenus en cryptomonnaies : Les revenus issus de transactions en cryptomonnaies doivent être déclarés à part, sans les regrouper avec d’autres types de revenus (salaires, activités professionnelles, loyers…). Cette ségrégation garantit une imposition conforme, selon des règles propres aux actifs numériques. Mélanger les sources de revenus peut entraîner des erreurs et des difficultés lors de contrôles fiscaux.
Déclarez systématiquement vos pertes : Si vous subissez des pertes lors de transactions en cryptomonnaies, leur déclaration est obligatoire. Une consignation rigoureuse et la déclaration de ces pertes permettent leur report et la compensation de gains futurs, générant ainsi des économies d’impôt. De nombreux investisseurs négligent cette démarche, alors qu’elle s’avère stratégique pour l’optimisation fiscale.
Pas de déductions fiscales spécifiques : Les transactions en cryptomonnaies ne bénéficient d’aucune déduction ou abattement fiscal classique. L’ensemble des gains est soumis au taux de 19 % sans possibilité de réduction grâce à des abattements ou exonérations personnelles. Il est donc crucial d’assurer l’exactitude des calculs et des déclarations.
Imposition des achats réglés en cryptomonnaies : Les achats de biens ou de services réglés en cryptomonnaies constituent également un événement fiscal. Utiliser du Bitcoin ou tout autre actif numérique pour régler un achat est assimilé à une cession, et peut générer une imposition si la valeur du cryptoactif a progressé depuis son acquisition. Cela concerne tant un achat quotidien qu’une acquisition immobilière.
Déclaration individuelle obligatoire : Les contribuables doivent régler leurs obligations fiscales sur les cryptomonnaies individuellement. Il est impossible de procéder à une déclaration conjointe avec son conjoint pour ce type de revenus, même si d’autres revenus sont déclarés en commun. Chacun doit donc tenir une comptabilité distincte de ses transactions crypto.
Ne retenez que les coûts justifiés : Seuls les frais documentés et directement liés à l’achat ou la vente de cryptomonnaies sont pris en compte dans le calcul de l’impôt. Cela comprend les frais de transaction, frais de change, etc. Les coûts indirects (accès Internet, matériel informatique, formation…) ne sont pas admis en déduction. Une documentation soignée est indispensable pour maximiser les déductions admissibles.
Prélèvement de solidarité : Les revenus issus des cryptomonnaies sont intégrés dans l’assiette du prélèvement de solidarité, applicable aux hauts revenus. Si le revenu annuel total dépasse 1 million de PLN, une taxe additionnelle de 4 % s’applique sur la part excédentaire. Ce prélèvement concerne tous les revenus, cryptomonnaies incluses. Les investisseurs concernés doivent anticiper cette obligation et provisionner les montants nécessaires.
La fiscalité des cryptomonnaies en Pologne, bien qu’elle puisse sembler complexe, devient bien plus abordable avec une bonne préparation et une compréhension nette des obligations. La clé d’une conformité efficace repose sur le remplissage rigoureux du formulaire PIT-38, en veillant à saisir correctement toutes les informations selon votre situation.
L’aspect fondamental reste la conservation exhaustive des justificatifs de chaque opération tout au long de l’année : achats, ventes, taux de change au moment des transactions, frais afférents. En mettant en place un suivi méthodique dès le départ, vous évitez le stress et les erreurs lors du bilan fiscal.
Gardez à l’esprit que la réglementation fiscale applicable aux cryptomonnaies évolue constamment. Il est donc essentiel de se tenir informé des évolutions pour rester en conformité. En cas de transactions complexes ou de portefeuilles importants, n’hésitez pas à consulter un spécialiste de la fiscalité crypto. Avec méthode et rigueur, vous pourrez remplir vos obligations en toute confiance tout en optimisant votre position fiscale dans le respect du cadre légal.
Le formulaire PIT-38 permet de déclarer les transactions et gains liés aux cryptomonnaies dans la déclaration de revenus personnels. Il est obligatoire pour respecter la législation, déclarer les montants et profits réalisés, et éviter toute sanction. La date limite de dépôt est fixée au 28 février 2025.
Les gains sur cryptomonnaies sont considérés comme plus-values dans le PIT-38. Il convient de déclarer toutes les transactions, en détaillant les coûts d’achat, les recettes de vente et les gains nets. Le règlement annuel impose une documentation précise de chaque opération crypto et de ses implications fiscales.
Le montant imposable s’obtient en soustrayant le coût d’acquisition du prix de vente. Les avoirs détenus moins d’un an sont imposés comme un revenu ordinaire jusqu’à 37 %, tandis que ceux détenus plus d’un an bénéficient de taux préférentiels de 0 %, 15 % ou 20 %. Les pertes peuvent compenser d’autres gains ou jusqu’à 3 000 USD de revenus ordinaires par an.
Le minage, les airdrops et les staking rewards sont fiscalisés comme des revenus ordinaires, avec un taux compris entre 10 % et 37 % selon la tranche. En cas de vente ultérieure, les plus-values éventuelles sont imposées. Les gains à court terme (moins d’un an) sont assimilés à des revenus ordinaires, tandis que les gains à long terme (plus d’un an) bénéficient de taux réduits de 0 %, 15 % ou 20 %.
Déclarez chaque conversion crypto-vers-fiat dans le PIT-38 en détaillant le montant, la date de conversion et le gain ou la perte réalisée. Chaque opération doit préciser le coût d’acquisition et le prix de vente pour calculer le revenu imposable. Une déclaration exacte garantit le respect des obligations fiscales.
Une déclaration incorrecte du PIT-38 expose à des sanctions, amendes et contrôles fiscaux. Le non-respect de la législation peut entraîner une responsabilité légale, des intérêts de retard et détériorer la situation financière du contribuable.
Les pertes sur le trading de cryptomonnaies ne peuvent compenser que les gains issus d’autres opérations sur cryptomonnaies, et non les salaires ou revenus professionnels. Les règles diffèrent selon les juridictions : consultez un fiscaliste pour un conseil adapté.
Conservez des registres détaillés de chaque achat et vente (dates, montants, prix). Utilisez des logiciels spécialisés ou des portefeuilles matériels pour suivre les transactions. Sauvegardez régulièrement vos données pour éviter toute perte et garantir une documentation complète lors d’un contrôle fiscal.
La fiscalité des cryptomonnaies varie selon les pays. Aux États-Unis, les cryptoactifs sont traités comme des biens (imposition sur les plus-values de 0 à 37 %), au Japon les taux sont élevés (15–55 %). Le Royaume-Uni applique 10 %, l’Australie offre une réduction de 50 % pour la détention longue. Certains pays (Émirats arabes unis, Malte, îles Caïmans) exonèrent totalement les cryptomonnaies d’impôt.
Les relevés détaillés des portefeuilles et plateformes d’échange servent à calculer les plus-values. Il convient de consigner toutes les dates d’achat/vente, montants et prix pour assurer une déclaration PIT-38 exacte et conforme.











