
Satoshi Nakamoto est le pseudonyme utilisé par l’individu ou le groupe non identifié à l’origine de la création du Bitcoin (BTC). Cette figure mystérieuse reste la plus grande énigme de l’univers des cryptomonnaies et continue de susciter l’intérêt mondial.
En octobre 2008, Satoshi Nakamoto publie le livre blanc révolutionnaire « Bitcoin : A Peer-to-Peer Electronic Cash System », posant les bases d’une monnaie numérique sans autorité centrale. Le 3 janvier 2009, Satoshi concrétise cette vision en créant le tout premier bloc de la blockchain, le « Genesis Block », qui contient le message « The Times 03/Jan/2009 Chancellor on brink of second bailout for banks », acte manifeste d’une critique du système financier traditionnel.
De la naissance du Bitcoin jusqu’à fin 2010, Satoshi s’est montré très actif en ligne, dirigeant les discussions techniques et pilotant l’évolution du protocole sur les forums de développeurs et les listes de diffusion. Vers 2011, Satoshi disparaît soudainement d’internet. Dans son dernier message, il indique : « I have moved on to other things », et tout contact cesse définitivement.
Sur son profil en ligne, Satoshi affirmait être né en 1975 et vivre au Japon, mais cette déclaration est largement mise en doute. Les analyses linguistiques et l’étude des schémas d’activité tendent à indiquer que ces informations sont probablement falsifiées.
Un indice majeur réside dans l’usage systématique de l’anglais britannique par Satoshi, avec des orthographes telles que « colour » ou « optimise », ainsi que des expressions typiquement britanniques comme « bloody hard ».
L’analyse des horaires de publication révèle que Satoshi était inactif la nuit au Japon mais très actif pendant les heures européennes et américaines, suggérant qu’il était probablement un anglophone natif, peut-être originaire du Royaume-Uni ou d’une région sous influence britannique.
Certains avancent que Satoshi pourrait être une équipe de développeurs. Le cryptographe Dan Kaminsky, après avoir examiné le code originel de Bitcoin, s’est dit sceptique qu’un seul individu ait pu concevoir un système d’une telle complexité. La qualité du code, l’attention portée à la sécurité et la résolution de multiples défis techniques laissent penser à une expertise collective.
À l’opposé, Laszlo Hanyecz, développeur ayant réalisé la première transaction Bitcoin, estime que si Satoshi est une seule personne, il s’agit alors d’un génie, soulignant la cohérence et la vision technique du projet.
Des arguments solides s’opposent toutefois à la thèse collective : garder le secret aussi longtemps serait quasi impossible pour un groupe, le risque de fuite augmentant avec le nombre. Pourtant, plus de dix ans après, aucun témoignage interne crédible n’a émergé.
Malgré les spéculations, l’identité de Satoshi Nakamoto demeure un mystère, entretenant le mythe fondateur du Bitcoin et fascinant la planète crypto.
De janvier 2009 pendant près de deux ans, Satoshi Nakamoto a occupé un rôle clé dans le développement et l’opération du réseau Bitcoin. Dans cette période pionnière, il (ou le groupe) a miné une quantité massive de bitcoins, toujours au cœur de l’attention sur les marchés d’aujourd’hui.
À ses débuts, le réseau Bitcoin comptait très peu d’utilisateurs et une difficulté de minage très faible, rendant possible le minage à l’aide d’un simple ordinateur personnel. Satoshi aurait exploité la majorité du réseau et produit la plupart des premiers blocs.
Ce constat s’appuie sur une découverte essentielle : des chercheurs blockchain ont identifié un schéma de minage unique attribué à un mineur, présumé être Satoshi. Le cryptographe argentin Sergio Demian Lerner l’a baptisé le « Patoshi pattern ».
L’analyse révèle que Satoshi aurait miné environ 22 000 blocs entre le bloc 0 et le bloc 54 316, soit jusqu’à 1,1 million de BTC, soit plus de 5 % de l’offre totale limitée à 21 millions de bitcoins, représentant des milliers de milliards de yens aux cours actuels. L’ampleur de ces avoirs souligne l’influence potentielle de Satoshi sur l’ensemble du marché crypto.
L’examen des données blockchain a mis en évidence des traces distinctives : des lignes verticales bleues sur les graphiques illustrent la continuité du minage de Patoshi, tandis que des lignes diagonales remises à zéro laissent supposer qu’un même mineur redémarrait périodiquement son matériel. Ces blocs, clairement distincts des autres, constituent une preuve technique importante de l’activité de Satoshi.
Lerner a publié ses travaux sur le Patoshi pattern dès 2013. Si la théorie a d’abord suscité la controverse, les vérifications indépendantes de plusieurs équipes de recherche ont fini par l’imposer comme référence.
Autre fait marquant : aucun bitcoin n’a jamais été déplacé à partir des portefeuilles attribués à Satoshi. En avril 2011, Satoshi a posté un dernier message – « I have moved on to other things » – puis a disparu. Depuis, les bitcoins supposés lui appartenir sont restés immobiles.
Ce « silence éternel » alimente les spéculations. Certains pensent que Satoshi est décédé, car il serait improbable de laisser une telle fortune intacte s’il était encore en vie.
D’autres avancent que Satoshi aurait délibérément détruit ou perdu ses clés privées pour préserver la philosophie décentralisée du Bitcoin ou éviter d’influencer le marché. Satoshi lui-même affirmait : « Bitcoin should work without its creator », validant cette interprétation.
Quoi qu’il en soit, le fait que les avoirs de Satoshi soient restés intacts plus d’une décennie demeure un épisode marquant de l’histoire du Bitcoin. Ce « trésor immobile » accentue encore son mystère et atteste de l’indépendance du réseau.
Malgré l’anonymat persistant de Satoshi Nakamoto, l’intérêt pour sa véritable identité ne faiblit pas. Quatre raisons principales, d’ordre technique, économique et social, expliquent cette fascination :
Satoshi Nakamoto détiendrait environ 1 million de BTC. Si ces fonds étaient déplacés, l’impact sur le marché des crypto-actifs serait considérable.
Un million de bitcoins correspond à près de 5 % de l’offre totale. Une vente massive pourrait bouleverser l’équilibre offre/demande et faire chuter les prix. Les grandes plateformes crypto signalent ce risque dans leurs rapports officiels, incitant à la vigilance.
Si l’identité de Satoshi était révélée, l’individu ou le groupe concerné deviendrait l’un des plus grands détenteurs de cryptomonnaies au monde. La valeur de ces actifs fluctue selon les marchés, mais aux niveaux actuels, la fortune se chiffre en milliers de milliards de yens, s’accompagnant d’un fort examen social et économique.
Bitcoin a révolutionné la technologie blockchain et créé le marché des crypto-actifs. Connaître son créateur est essentiel pour saisir l’évolution de l’informatique et de la finance contemporaines.
Techniquement, Bitcoin fut la première blockchain distribuée fonctionnelle, ouvrant la voie à toute une génération d’innovations : smart contracts, Finance décentralisée (DeFi), NFTs…
Sur le plan financier, Bitcoin a instauré une monnaie indépendante des banques centrales et des gouvernements, offrant une alternative à la finance traditionnelle et ouvrant la voie à la démocratisation financière.
L’œuvre et l’anonymat de Satoshi sont célébrés, notamment par un monument sans visage à Budapest, symbole de son anonymat.
Par le biais de forums et de listes de diffusion, Satoshi Nakamoto a exprimé sa défiance envers les banques centrales et le système financier existant. Le message du Genesis Block critique explicitement le sauvetage des banques.
Mais les motivations profondes et la vision globale de Satoshi restent obscures. Une identité révélée permettrait de répondre à des questions fondamentales : « Pourquoi a-t-il créé Bitcoin ? », « Pourquoi a-t-il disparu ? », « Quelle était sa vision du futur ? »
Comprendre la pensée de Satoshi est crucial pour anticiper la trajectoire de Bitcoin. Ses intentions pourraient orienter la communauté sur des enjeux comme l’évolutivité, l’écologie ou la régulation.
De nombreux individus se sont présentés comme Satoshi Nakamoto, générant escroqueries et fausses déclarations. Certains ont sollicité des fonds ou lancé des projets sous couvert d’un « aval » de Satoshi.
Les pires cas voient des imposteurs lancer des projets crypto et lever des fonds sur la base de faux soutiens du créateur de Bitcoin. Les investisseurs peu technophiles sont alors les plus exposés, avec des pertes parfois lourdes.
La révélation de la véritable identité de Satoshi permettrait d’écarter rapidement les imposteurs, réduisant la confusion au sein de la communauté et renforçant la confiance dans l’industrie crypto.
L’identité de Satoshi Nakamoto est donc un enjeu à la fois financier, technique, idéologique et sécuritaire. Certains estiment néanmoins qu’« il vaut mieux que le mystère demeure éternel ».
L’anonymat préserverait le mythe du Bitcoin et empêcherait toute prise d’influence individuelle, protégeant la décentralisation. Beaucoup arborent le slogan « Nous sommes tous Satoshi », soulignant la primauté d’un développement communautaire.
Le débat sur l’identité de Satoshi divise jusque dans la communauté crypto et devrait se prolonger encore longtemps.
Le tableau ci-dessous récapitule les principales personnalités suspectées d’avoir créé le Bitcoin et les arguments en faveur de chacune, des débuts à aujourd’hui.
| Candidat (Origine) | Parcours/Titres principaux | Éléments en faveur de la théorie Satoshi (soutiens) | Position/Statut du candidat |
|---|---|---|---|
| James A. Donald (Australie→États-Unis) | Cypherpunk, ex-employé Apple, etc. | Premier à répondre au livre blanc. Style et idées similaires. Popularité récente comme candidat. | Silencieux en interview. Ni confirmation ni infirmation. |
| Nick Szabo (États-Unis) | Informaticien, créateur de Bit Gold | Pionnier des cryptomonnaies. Style et vocabulaire proches. Utilisation d’expressions britanniques. | Négation catégorique. Reste silencieux. |
| Hal Finney (États-Unis) | Pionnier de la cryptographie, premier à recevoir du BTC | Premier à recevoir une transaction de Satoshi. Style et localisation concordants. | A nié. Considéré comme co-développeur. Décédé en 2014. |
| Adam Back (Royaume-Uni) | Cryptographe, développeur de Hashcash | Cité dans le livre blanc. Mêmes préoccupations d’anonymat. Soupçons récents. | Continue de nier. Pas de preuve concluante. |
| Dorian Nakamoto (États-Unis) | Ingénieur dans l’industrie de la défense, nippo-américain | Nom correspondant. Méfiance envers le gouvernement. Couverture médiatique. | Négation totale. Démenti également sous le nom de Satoshi. |
| Craig S. Wright (Australie) | Informaticien, auto-proclamé Satoshi | Prétend être Satoshi. Divers médias ont présenté des « preuves ». | Preuves insuffisantes. Conflits juridiques. Crédibilité faible. |
| Elon Musk (Afrique du Sud→États-Unis) | Entrepreneur (Tesla/SpaceX) | Ancien stagiaire soupçonné. Style d’écriture similaire relevé. | A nié immédiatement et soutenu la thèse Szabo. |
| Peter Todd (Canada) | Développeur crypto, contributeur Bitcoin Core | Cité comme suspect dans une émission HBO. Compétences techniques et historique de publication. | Négation ferme. A critiqué l’émission. |
| Isamu Kaneko (Japon) | Développeur P2P (Winny) | Philosophie décentralisée similaire. Nom japonais mis en avant. | Décédé (2013). Aucune preuve concrète. |
| Len Sassaman (États-Unis) | Cypherpunk, spécialiste de l’anonymat | Développeur Mixmaster. Départ de Bitcoin et décès concomitants. | Décédé (2011). Preuves insuffisantes, mais soutien persistant. |
La colonne « Éléments » expose les principaux arguments en faveur de chaque candidat. La colonne « Position » synthétise leurs démentis, confirmations ou leur statut.
Fait notable : seul Craig Wright a publiquement revendiqué être Satoshi, sans fournir de preuve technique et rejeté par la communauté. Tous les autres candidats nient officiellement être Satoshi.
Pour prouver l’identité de Satoshi, seuls deux procédés font consensus parmi les experts :
Signature numérique à l’aide des clés privées d’origine : Signer un message avec les clés des portefeuilles de Satoshi, ce qui est cryptographiquement infalsifiable.
Transfert de bitcoins depuis les portefeuilles de Satoshi : Déplacer des coins issus du Patoshi pattern, attestant la possession des clés privées correspondantes.
C’est la position des spécialistes : aucune analyse de style, d’activité ou de parcours technique ne saurait constituer une preuve définitive, tout cela restant spéculatif.
Le débat devrait se poursuivre. De nouvelles méthodes d’analyse ou des révélations internes pourraient apporter des indices, mais sans preuve irréfutable, le mystère persistera.
Parmi les hypothèses, la thèse « Nick Szabo = Satoshi Nakamoto » est la plus crédible aux yeux de nombreux observateurs. Szabo, pionnier de la cryptomonnaie et créateur de « Bit Gold », a inspiré directement Bitcoin. Sa philosophie, son profil technique et son style d’écriture sont très proches de ceux de Satoshi.
Dans les années 1990, Nick Szabo s’intéresse à la monnaie numérique et propose Bit Gold, une monnaie décentralisée, en 1998, concept précurseur du Bitcoin, partageant preuve de travail et registre distribué.
Les partisans de la thèse Szabo soulignent que le livre blanc du Bitcoin ne mentionne jamais Bit Gold, malgré la parenté technique. Ce silence aurait pu viser à éviter toute accusation d’auto-promotion.
Certaines déclarations de Szabo interpellent : en 2011, il déclare que seuls lui-même, Wei Dai et Hal Finney s’intéressaient réellement à la monnaie numérique décentralisée, ce qui pourrait traduire une perspective d’auteur. S’il n’était qu’un chercheur, pourquoi s’exprimer ainsi ?
L’analyse textuelle révèle également des similitudes frappantes entre Szabo et Satoshi : style clair, logique, usage de l’ironie. Certains linguistes concluent même à une forte probabilité d’auteur commun.
La théorie « Nick Szabo = Satoshi » souffre cependant d’un défaut majeur : aucune preuve formelle. La proximité de styles ou de parcours ne constitue pas une preuve légale ou technique.
Rien n’atteste que Szabo détient du Bitcoin, ni de lien avec les clés PGP de Satoshi, ses emails ou le développement initial. Les transactions blockchain n’indiquent aucune connexion claire entre Szabo et Satoshi.
Par ailleurs, Szabo a toujours nié être Satoshi. Même s’il cherchait à préserver son anonymat, une telle affirmation ne pourrait être réfutée que par des preuves irréfutables.
Sauf émergence d’une preuve cryptographique – signature à partir d’une clé privée d’origine ou accès au compte email de Satoshi –, cette hypothèse demeure spéculative.
Une autre théorie largement répandue est celle du rôle de co-créateur de Hal Finney. Utilisateur de la première heure, premier à recevoir une transaction de Satoshi, Finney possédait le code source initial du client Bitcoin et entretenait un contact étroit avec Satoshi.
Cryptographe reconnu, Finney a contribué au projet PGP (Pretty Good Privacy) et possédait toutes les compétences pour implémenter Bitcoin.
Selon cette hypothèse, Szabo aurait conçu l’architecture, Finney assuré la programmation, l’exécution technique et la communication. Cette organisation aurait facilité le projet tout en préservant l’anonymat de Satoshi.
Décédé de la SLA en 2014, Finney n’a pu confirmer ou infirmer cette théorie. Sa famille et ses proches n’ont jamais reconnu qu’il était Satoshi, sans exclure qu’il ait pu y contribuer.
Certains chercheurs avancent que Bitcoin a été conçu par une équipe, réunissant des cryptographes tels que Nick Szabo, Hal Finney, Adam Back, Wei Dai…
L’argument principal tient à la technicité multidisciplinaire de Bitcoin, synthétisant cryptographie, systèmes distribués, économie et théorie des jeux. Difficile d’imaginer qu’un seul individu ait maîtrisé tous ces domaines. L’hypothèse d’une expertise collective est plausible.
Cependant, la constance du style d’écriture de Satoshi dans ses emails et messages milite contre la théorie collective, tout comme la difficulté à garder un tel secret à plusieurs. Aucune fuite interne n’a jamais eu lieu depuis plus de dix ans.
Ces éléments suggèrent que Satoshi était probablement seul, ou que, s’il s’agissait d’un groupe, il était extrêmement restreint et soudé.
Ingénieur japonais de renom, Isamu Kaneko a développé Winny, un logiciel P2P décentralisé. Au Japon, la rumeur l’identifie comme possible Satoshi Nakamoto.
Cette hypothèse s’appuie sur des similitudes techniques : Winny exploitait un réseau P2P décentralisé, proche du principe de la blockchain Bitcoin.
Diplômé de l’université de Kyoto, expert en cryptographie et systèmes distribués, Kaneko était parfaitement capable de concevoir Bitcoin.
Certains avancent un mobile : arrêté en 2002 pour violation du droit d’auteur avec Winny, il aurait été motivé à créer un système à l’abri de tout contrôle centralisé.
Malgré ces rapprochements, aucun indice direct ne relie Kaneko à Bitcoin. Analyse blockchain, emails, historique de développement : rien n’a été trouvé.
Victime d’une crise cardiaque en 2013 à 42 ans, Kaneko n’a jamais évoqué Bitcoin ni montré d’intérêt pour les cryptomonnaies, et aucun élément probant ne subsiste.
Son profil technique et idéologique correspond, mais aucune concordance d’agenda : lors de la publication du livre blanc Bitcoin, Kaneko était pris dans des procédures judiciaires, rendant improbable la gestion d’un tel projet.
Cette hypothèse ne circule quasiment qu’au Japon, Winny et la plupart des sources restant inconnus à l’international. Satoshi écrivait en anglais britannique, ce qui affaiblit davantage la piste japonaise. Même si Kaneko maîtrisait l’anglais oral, rien n’indique qu’il écrivait comme un natif britannique.
La théorie Kaneko = Satoshi Nakamoto demeure ainsi un débat propre au Japon.
L’anonymat de Satoshi Nakamoto intrigue, et grandes institutions comme autorités publiques s’inquiètent de son impact potentiel sur les marchés et la régulation. Parmi les épisodes notables :
Aux États-Unis, des demandes FOIA ont été adressées à la CIA pour savoir si elle détenait des informations sur Satoshi Nakamoto. En 2018, Daniel Oberhaus (Motherboard) a interrogé la CIA via FOIA.
La FOIA permet aux citoyens américains d’exiger l’accès aux données détenues par les agences fédérales.
La CIA a répondu par une « réponse Glomar » (« ni confirmer ni infirmer l’existence d’informations »), une formule standard pour préserver la sécurité nationale.
L’expression vient du projet secret « Azorian » des années 1970 : confrontée à une demande FOIA, la CIA avait répondu « Nous ne pouvons ni confirmer ni infirmer l’existence d’une telle opération », établissant ce précédent.
L’usage d’une réponse Glomar à propos de Satoshi a déchaîné les spéculations dans la communauté crypto.
Pourtant, les experts mettent en garde contre toute surinterprétation : cette formule est courante pour les dossiers sensibles et ne prouve en rien que la CIA détient des informations sur Satoshi.
Dans le secteur Bitcoin, l’impact potentiel de l’identité ou des actions de Satoshi Nakamoto est largement reconnu. En 2021, une grande plateforme américaine a mentionné dans son dossier d’introduction en bourse (SEC S-1) le « risque lié à l’identification de Satoshi Nakamoto ou au mouvement de ses bitcoins », signalant son importance pour les investisseurs.
Satoshi aurait miné près d’un million de BTC à l’époque, soit des dizaines ou centaines de milliards de dollars. Avec une offre totale de 21 millions, cela représente 5 % du total.
Le dossier mentionne trois scénarios à risque :
Identification de Satoshi : un impact psychologique majeur sur le marché, source de volatilité.
Mouvement de ses bitcoins : le déplacement soudain de ces fonds pourrait déclencher une panique vendeuse.
Enjeux juridiques ou réglementaires : si Satoshi était identifié et impliqué dans des affaires judiciaires, la réputation du Bitcoin pourrait en souffrir.
Cet avertissement témoigne de la prise de conscience du risque économique lié au fondateur, à mesure que le secteur crypto se normalise.
En 2019, des propos attribués à un responsable du DHS lors d’une conférence ont laissé entendre que les autorités auraient retrouvé Satoshi en Californie. Aucune preuve ni confirmation officielle n’a suivi, mais la rumeur a souligné l’intérêt gouvernemental pour l’identité de Satoshi.
En avril 2024, l’avocat James Murphy (MetaLawMan) a attaqué le DHS via FOIA, l’accusant de dissimuler des informations sur Satoshi. Selon les experts, la confidentialité peut être justifiée par la sécurité nationale ou l’enquête, mais l’affaire pourrait déterminer si des éléments secrets seront publiés.
L’intérêt pour Satoshi Nakamoto a ressurgi récemment avec l’apparition de nouveaux candidats, enquêtes et escroqueries.
En octobre 2024, HBO a diffusé « Money Electric : The Bitcoin Mystery », évoquant Peter Todd comme nouveau « candidat Satoshi ». Les éléments retenus : compétences en cryptographie, concordance des horaires d’activité et similitudes dans les discussions techniques. Todd a aussitôt nié, qualifiant le documentaire de « pure spéculation ». La communauté crypto a largement jugé ces preuves insuffisantes.
Le documentaire s’est conclu sans révélation, soulignant la difficulté extrême à prouver l’identité de Satoshi.
Le 31 octobre 2024, un événement londonien promettait une conférence de presse de Satoshi Nakamoto. L’orateur, Stephen Mollah, n’a fourni que des documents douteux et des affirmations personnelles, sans preuve cryptographique. Interrogé sur la possibilité de signer ou de transférer des bitcoins, il a échoué, provoquant la confusion, puis a été accusé d’escroquerie. Il sera jugé en novembre 2025.
L’incident rappelle que toute revendication d’être le créateur du Bitcoin doit être appuyée par une preuve cryptographique, et illustre les risques d’escroquerie pour les investisseurs non avertis.
En février 2024, Matthew Sigel (VanEck) a suggéré que Jack Dorsey, fondateur de Twitter, pourrait être Satoshi Nakamoto, au regard de son parcours, de la chronologie, de l’idéologie commune et de son engagement en faveur du Bitcoin. La plupart des experts jugent cette théorie improbable au vu des activités publiques et des propres démentis de Dorsey, qui affirme que seule la technologie importe.
L’apparition de nouvelles théories témoigne de la fascination continue pour l’identité de Satoshi, mais rappelle la nécessité de preuves solides.
L’anonymat de Satoshi Nakamoto incarne la philosophie du Bitcoin et symbolise les réseaux financiers décentralisés, continuant de rallier un soutien mondial.
Pour beaucoup, le retrait de Satoshi a permis la décentralisation réelle du Bitcoin. Sans chef, le réseau évolue grâce à une gouvernance communautaire open source où les décisions sont prises par consensus.
La devise « Nous sommes tous Satoshi » illustre cette culture, symbolisée par un buste sans visage à Budapest. Comme Linux ou Internet, Bitcoin prospère sans contrôle centralisé, l’anonymat étant une caractéristique structurelle.
L’anonymat protège contre les risques juridiques. Des projets de monnaie numérique à fondateur identifié, comme e-gold ou Liberty Reserve, ont été fermés par les autorités. Grâce à l’anonymat de Satoshi, Bitcoin a pu se développer librement.
Le détenteur d’une telle fortune courrait aussi des risques personnels (piratage, enlèvement, procès). L’affaire Craig Wright démontre les dangers d’une identification publique.
L’anonymat a aussi des inconvénients : multiplication des faux Satoshi, confusion, fraudes, et défiance des institutions et régulateurs – notamment si Satoshi avait un passé trouble (théorie Paul Le Roux). En l’absence de fondateur, certaines problématiques techniques restent sans réponse directe.
Le droit japonais protège la vie privée et sanctionne les accusations infondées. L’affaire Dorian Nakamoto, victime de fausses allégations, a montré les risques de spéculation. Tant que Satoshi choisit l’anonymat, ce choix doit être respecté.
L’identité de Satoshi Nakamoto reste inconnue, malgré l’examen de candidats comme Nick Szabo, Hal Finney ou Adam Back. Cet anonymat reflète la volonté du fondateur.
Le Bitcoin a acquis une valeur mondiale sans leader, légal dans certains pays et investi par de grandes institutions. Son code est open source, son réseau géré par une communauté mondiale. La décentralisation assure qu’aucun individu ou entité ne détient le contrôle.
L’anonymat du créateur nourrit la mythologie du Bitcoin, devenu un symbole de la révolution numérique.
Ironiquement, « Nakamoto » signifie « centre » en japonais. En disparaissant, la figure centrale a permis un système véritablement décentralisé.
Quoi qu’il en soit, les idées et technologies léguées par Satoshi ont changé le monde, consacrant une monnaie indépendante des États et ouvrant de nouvelles perspectives via la blockchain.
Que le mystère demeure ou que l’identité soit révélée, Bitcoin poursuivra son œuvre, triomphe à la fois du génie individuel et de l’intelligence collective open source.
On peut continuer à chercher qui est Satoshi ou se concentrer sur la technologie : les deux voies sont valables. L’essentiel est que l’innovation Bitcoin continuera de façonner la finance de demain.
L’histoire de Satoshi Nakamoto n’est pas achevée. Le mystère s’épaissit, et cette part d’ombre est indissociable de l’attrait du Bitcoin.
Satoshi Nakamoto est le fondateur anonyme du Bitcoin, à l’origine du livre blanc (2008), du Genesis Block (2009) puis disparu en 2011. Son identité n’a jamais été confirmée ; divers candidats, dont Nick Szabo et Craig Wright, ont été évoqués, sans preuve. Bitcoin fonctionne aujourd’hui indépendamment de son inventeur.
L’objectif de Satoshi Nakamoto était d’élaborer un système de paiement décentralisé, alternatif à la finance centralisée. L’anonymat a été choisi pour préserver sa vie privée et éviter toute pression ou récupération.
Nick Szabo et Shinichi Mochizuki figurent parmi les candidats notoires. Szabo est un expert en cryptographie, pionnier avant Bitcoin ; Mochizuki est reconnu pour son talent mathématique. Les arguments avancés sont leurs profils techniques, la ressemblance structurelle avec Bitcoin et l’analyse de leur style d’écriture.
On ignore le statut de Satoshi Nakamoto. Ses bitcoins sont dispersés sur des milliers de portefeuilles, sans localisation précise. Leur valeur est estimée à plus de 107 milliards de dollars.











