
Satoshi Nakamoto est le pseudonyme mystérieux attribué à l’inventeur — ou l’équipe à l’origine — du Bitcoin (BTC). Bien qu’il soit reconnu comme le personnage central de l’histoire des crypto-actifs, sa véritable identité reste à ce jour un mystère total.
En octobre 2008, Satoshi Nakamoto publie le livre blanc fondateur « Bitcoin : un système de paiement électronique pair-à-pair ». Ce document atteste de la viabilité d’une devise numérique indépendante de toute autorité centrale, annonçant une transformation potentielle du paysage financier mondial. Le 3 janvier 2009, Nakamoto extrait le tout premier bloc du Bitcoin — le Genesis Block — marquant l’avènement de l’ère des crypto-actifs.
Jusqu’à la fin 2010, Nakamoto dirigeait activement les échanges techniques autour de Bitcoin sur Internet. En collaborant avec la communauté de développeurs, il a contribué à l’évolution du protocole et à la résolution de défis techniques. Vers 2011, Nakamoto publie un ultime message — « Je suis passé à autre chose » — puis disparaît totalement du web. Depuis lors, son identité demeure le plus grand secret non élucidé du secteur crypto.
Le profil en ligne de Nakamoto mentionnait une naissance en 1975 et une résidence au Japon, mais ces données sont largement mises en doute par les chercheurs.
Trois principales raisons nourrissent ce scepticisme :
Traits linguistiques : L’anglais de Nakamoto suit l’orthographe britannique (« colour », « optimise »), et non américaine. Cette constance suggère un lien avec le Royaume-Uni ou un autre pays anglophone.
Expressions idiomatiques : Nakamoto utilise des tournures typiquement britanniques (« bloody hard »), renforçant l’hypothèse d’un ancrage culturel britannique.
Rythme de publication : L’analyse des heures de publication montre un cycle d’activité incompatible avec le Japon et davantage aligné sur les fuseaux occidentaux.
En conséquence, beaucoup pensent que Nakamoto est un anglophone natif non japonais.
Certains avancent aussi que Nakamoto n’était pas une personne isolée, mais une équipe de développeurs. Dan Kaminsky, cryptographe, a souligné la qualité et la sophistication du code initial du Bitcoin, estimant improbable qu’il s’agisse d’une œuvre individuelle. À l’inverse, Laszlo Hanyecz, développeur, note que si Nakamoto était seul, ses compétences techniques et sa vision étaient hors normes.
Cependant, la piste de l’équipe se heurte à la difficulté de maintenir un tel secret à plusieurs sur une aussi longue période — une question qui reste entière.
À partir de janvier 2009, Satoshi Nakamoto a piloté le développement de Bitcoin et l’exploitation du réseau pendant environ deux ans. Durant ces débuts, lui (ou son équipe) a miné une quantité exceptionnelle de Bitcoins, des avoirs qui continuent de concentrer l’attention.
À cette époque, Bitcoin était confidentiel et accessible via un simple ordinateur personnel. Le réseau comptait peu de participants, et Nakamoto en assurait vraisemblablement le soutien principal. La valeur du Bitcoin était quasi nulle — le coût en électricité excédait sa valeur — mais Nakamoto poursuivait le minage avec ténacité.
Des chercheurs blockchain ont ensuite identifié un schéma de minage particulier, attribué à Nakamoto et baptisé « Patoshi pattern ». Cette découverte a marqué une étape importante dans l’analyse des crypto-actifs.
Selon les analyses, Nakamoto aurait miné environ 22 000 des 54 316 premiers blocs, accumulant potentiellement jusqu’à 1,1 million de BTC. Cela représente plus de 5 % de l’offre actuelle en circulation et, à la valeur du marché, plusieurs milliers de milliards de yens — expliquant pourquoi les actions de Nakamoto pourraient influencer profondément le marché.
Principaux résultats de l’analyse blockchain :
Le chercheur argentin Sergio Demian Lerner a mis en évidence ce schéma en 2013. Si la découverte a d’abord fait débat, la validation ultérieure en a fait aujourd’hui un exemple emblématique de la transparence blockchain.
Jusqu’à présent, aucune preuve n’indique que des Bitcoins aient quitté les portefeuilles attribués à Nakamoto. En avril 2011, Nakamoto a déclaré « Je suis passé à autre chose » avant de s’effacer définitivement.
Ce « silence » alimente de nombreuses hypothèses :
Le fait que ces fonds restent intacts figure parmi les récits les plus marquants du Bitcoin. Ces « coins immobiles » sont devenus le symbole de la philosophie et de la détermination de Nakamoto, suscitant un profond respect dans la communauté.
La quête de l’identité de Satoshi Nakamoto demeure intense. Quatre grandes raisons expliquent cet intérêt :
Nakamoto contrôlerait près de 1 million de BTC. Si ces actifs étaient déplacés, le marché des crypto-actifs pourrait être bouleversé. Avec une offre limitée à 21 millions, cela équivaut à environ 5 % du total.
Un tel afflux pourrait provoquer une chute des prix et ébranler la confiance des investisseurs. À l’inverse, la preuve que ces coins resteront figés pourrait renforcer la stabilité du marché.
Dévoiler l’identité de Nakamoto ferait de lui ou de son équipe l’une des plus grandes fortunes en crypto, attirant une attention économique et sociale majeure — jusqu’à figurer parmi les milliardaires de Forbes et exercer une influence considérable.
L’émergence de la blockchain avec Bitcoin et la naissance du marché des crypto-actifs sont des jalons historiques. Il ne s’agit pas seulement d’innovation technique, mais d’une remise en cause fondamentale du système financier traditionnel.
Connaître le fondateur de Bitcoin est essentiel pour l’histoire de l’informatique et de la finance. Comme les créateurs d’Internet, Satoshi Nakamoto mérite une place dans l’histoire.
En Europe, une statue de bronze à Budapest (Hongrie) rend hommage à Nakamoto et à son engagement pour l’anonymat. La silhouette sans visage illustre son héritage et sa volonté de discrétion.
Sur les forums, Nakamoto exprimait sa défiance envers les banques centrales et sa méfiance à l’égard du système financier établi. À la suite de la crise financière de 2008, Bitcoin a été conçu comme un système sans « tierce partie de confiance ».
Révéler l’identité de Nakamoto pourrait répondre à des questions fondamentales : pourquoi créer Bitcoin ? Pourquoi disparaître ? Comprendre ces motivations apporterait un nouvel éclairage sur la nature du Bitcoin.
Le retrait de Nakamoto est aussi jugé déterminant. Ayant vu le projet réussir, il aurait pu se retirer pour préserver la décentralisation.
Des prétendus « Satoshi » continuent d’apparaître, multipliant les arnaques et les déclarations trompeuses. Plusieurs « faux Satoshi » ont semé la confusion chez les investisseurs ces dernières années.
La révélation de la véritable identité de Nakamoto rendrait plus facile l’exclusion des imposteurs, réduisant la confusion et protégeant la communauté — en particulier les débutants — contre les escroqueries.
L’identité de Nakamoto reste ainsi au cœur des débats économiques, techniques, philosophiques et de sécurité. Certains estiment malgré tout que l’anonymat reste préférable.
Préserver l’anonymat de Nakamoto entretient le mystère du Bitcoin et garantit que le fondateur ne puisse exercer d’influence excessive, respectant le principe de décentralisation. Le débat se poursuit dans la communauté.
Le tableau suivant récapitule les principaux candidats à l’identité de Satoshi Nakamoto, leur parcours, les raisons des soupçons et leurs propres déclarations.
| Candidat (Origine) | Parcours/Titres principaux | Motifs de la théorie Satoshi (vue des soutiens) | Déclaration personnelle/Statut |
|---|---|---|---|
| James A. Donald (Australie → États-Unis) | Activiste cypherpunk, ex-Apple, etc. | Premier à réagir au livre blanc ; style et vues convergents ; principal suspect en 2023 | Silence en interview ; ne confirme ni n’infirme |
| Nick Szabo (États-Unis) | Informaticien, promoteur de Bit Gold | Pionnier de la cryptomonnaie ; style et vocabulaire similaires ; expressions britanniques | Négation catégorique ; reste silencieux |
| Hal Finney (États-Unis) | Pionnier de la cryptographie, premier destinataire BTC | Premier à transacter avec Nakamoto ; style et localisation concordants | A nié ; considéré comme co-développeur ; décédé en 2014 |
| Adam Back (Royaume-Uni) | Cryptographe, créateur de Hashcash | Cité dans le livre blanc ; préférence pour l’anonymat ; suspicion en 2020 | Négation constante ; aucune preuve décisive |
| Dorian Nakamoto (États-Unis) | Ancien ingénieur de la défense, origine japonaise | Nom identique ; méfiance envers l’État ; spéculation médiatique | Négation complète ; a nié sous « Satoshi » |
| Craig S. Wright (Australie) | Informaticien, s’auto-proclame Satoshi | Affirme être Nakamoto ; multiples « preuves » médiatiques | Échec à prouver ; litiges en cours ; faible crédibilité |
| Elon Musk (Afrique du Sud → États-Unis) | Entrepreneur (Tesla / SpaceX) | Supposition d’un stagiaire ; style d’écriture évoqué | Déni rapide ; soutient la piste Szabo |
| Peter Todd (Canada) | Développeur crypto, contributeur Bitcoin Core | Mis en cause dans un documentaire HBO ; compétences techniques et historique | Déni catégorique ; critique le documentaire |
| Isamu Kaneko (Japon) | Développeur P2P (Winny) | Philosophie décentralisée et nom japonais | Décédé (2013) ; aucune preuve |
| Len Sassaman (États-Unis) | Cypherpunk, expert anonymat | Développeur Mixmaster ; chronologie croisée avec disparition de Nakamoto | Décédé (2011) ; peu de preuves mais soutien marqué |
Les « preuves » synthétisent les principaux éléments ayant généré des soupçons. Les « déclarations personnelles » résument leurs démentis, confirmations ou faits marquants.
À noter : Craig Wright demeure le seul à s’être publiquement proclamé Satoshi Nakamoto ; tous les autres ont clairement nié être Satoshi.
Si quiconque se réclamait de Nakamoto à l’avenir, une preuve cryptographique via les clés privées Bitcoin originelles ou un transfert de coins attribués à Satoshi serait indispensable. C’est le consensus des experts : aucun témoignage ni indice ne saurait constituer une preuve sans validation technique.
La signature numérique repose sur les propriétés fondamentales de la cryptographie, rendant la falsification quasi impossible. Si quelqu’un est le véritable Satoshi, il peut donc le démontrer aisément.
Parmi les nombreuses hypothèses, la théorie Nick Szabo = Satoshi Nakamoto domine. Szabo, cryptographe pionnier, est aussi le créateur de « Bit Gold », source d’inspiration directe pour Bitcoin.
Dès les années 1990, Szabo s’intéresse aux monnaies numériques et publie « Bit Gold » en 1998, un projet dont les principes techniques sont très proches du Bitcoin.
Les partisans de cette théorie notent que le livre blanc de Bitcoin ne cite jamais « Bit Gold », ce qui semblerait étrange et pourrait masquer une autocitation.
En 2011, Szabo déclarait : « Seuls Wei Dai, Hal Finney et moi poursuivions sérieusement ce domaine », une formulation que certains perçoivent comme celle du créateur. Cela place Szabo au centre de l’histoire de la cryptomonnaie.
L’argumentation s’appuie sur l’idéologie, le parcours technique et le style rédactionnel. Des analyses ont révélé de fortes similitudes linguistiques entre Szabo et Nakamoto.
Mais la théorie Szabo = Satoshi se heurte à un obstacle majeur : aucune preuve définitive. Les points communs de style et d’antécédents ne sont que des indices circonstanciels, insuffisants scientifiquement.
Rien n’indique que Szabo détienne des Bitcoins ou maîtrise des clés PGP ou comptes associés. En tant qu’expert cryptographe, il pourrait produire une signature numérique, mais ne l’a jamais fait.
Szabo a par ailleurs nié explicitement être Satoshi. Même s’il avait des raisons de rester anonyme, l’absence de preuve vérifiable confine cette théorie à la spéculation.
L’hypothèse d’un binôme Nakamoto-Finney séduit également. Finney fut l’un des premiers utilisateurs du Bitcoin et le premier à recevoir des BTC de Nakamoto.
Son ordinateur contenait le code source du client Bitcoin initial, et sa collaboration avec Nakamoto est quasiment certaine. Finney, spécialiste de cryptographie, a aussi contribué à PGP (Pretty Good Privacy).
Selon cette théorie, Szabo aurait fourni la vision et la philosophie, tandis que Finney aurait assuré la mise en œuvre et l’opérationnel — un partage permettant de préserver l’anonymat et d’avancer.
Finney est décédé de la SLA en 2014, sans jamais s’exprimer sur sa relation avec Nakamoto. Ce silence est perçu par certains comme un indice supplémentaire.
Certains avancent que Bitcoin serait l’œuvre d’un groupe. Le Financial Times a ainsi évoqué une collaboration entre Szabo, Finney et Adam Back.
La réunion d’expertises en cryptographie, économie et développement logiciel paraît plausible au regard de la complexité du projet.
Mais les courriels et messages de Nakamoto révèlent un style constant, sans trace de contributions multiples. Plus il y a de personnes dans la confidence, plus le risque de fuite augmente. L’idée qu’un groupe ait gardé le secret plus de dix ans laisse donc perplexe.
Isamu Kaneko, ingénieur japonais de haut niveau, a conçu le logiciel P2P décentralisé « Winny ». Au Japon, certains pensent qu’il aurait pu être Satoshi Nakamoto.
Cette hypothèse repose sur plusieurs points :
Expertise P2P : « Winny » exploitait un réseau P2P décentralisé, tout comme la blockchain Bitcoin.
Haut niveau technique : Kaneko, diplômé de l’université de Kyoto, maîtrisait cryptographie et systèmes distribués, comme le montre la conception de Winny.
Motivation potentielle : Certains avancent que son expérience judiciaire dans l’affaire Winny aurait pu l’inciter à créer un système sans contrôle centralisé. Sa défiance envers l’État aurait inspiré la décentralisation du Bitcoin.
Mais aucune preuve ne relie Kaneko au développement du Bitcoin. Décédé d’une crise cardiaque en juillet 2013, il n’a jamais évoqué Bitcoin publiquement.
Des parallèles techniques et philosophiques existent, mais rien ne relie factuellement Kaneko au lancement de Bitcoin. Après son acquittement en 2011, il s’est engagé dans d’autres projets — aucun lien avec Bitcoin n’a été établi.
Cette théorie circule principalement dans la sphère japonaise, avec quasiment aucune diffusion internationale. La barrière linguistique et la faible notoriété mondiale de Kaneko limitent cette piste à un contexte local.
Dans la communauté crypto mondiale, Kaneko est pratiquement inconnu, et il n’est pas discuté comme candidat sérieux. Cette hypothèse relève donc du contexte culturel japonais plutôt que de preuves objectives.
L’identité du créateur du Bitcoin intrigue toujours, et les épisodes impliquant les autorités ou l’impact sur les marchés suscitent un fort intérêt. Gouvernements et institutions financières du monde entier se préoccupent de l’existence et de l’influence potentielle de Nakamoto.
Aux États-Unis, certains se sont interrogés sur la possible détention d’informations par les agences gouvernementales concernant Satoshi Nakamoto. Un opérateur de site web a ainsi adressé une requête FOIA à la CIA à ce sujet.
Contexte : En 2018, le journaliste Daniel Oberhaus (Motherboard) a soumis cette demande. La CIA a répondu par une « Glomar response », refusant de confirmer ou infirmer l’existence d’informations.
Définition : Il s’agit d’une formule administrative standard dans les affaires sensibles, évitant toute confirmation ou démenti, afin de ne pas révéler d’information indirecte. Le terme provient d’un litige sur le navire « Glomar Explorer » dans les années 1970.
Cette réponse ambigüe a renforcé les spéculations sur une possible connaissance de la CIA, alors qu’en réalité elle ne préjuge de rien : admettre ou infirmer l’existence de dossiers serait déjà informatif.
Les grands exchanges américains considèrent l’identité et les actions de Satoshi Nakamoto comme un risque majeur pour le marché du Bitcoin.
Déclarations : Dans leur dossier S-1 déposé auprès de la SEC en 2021, ils citent « l’identification de Satoshi Nakamoto ou le mouvement de ses avoirs en Bitcoin » parmi les risques de marché.
Avoirs : Nakamoto aurait miné près de 1 million de BTC à ses débuts, aujourd’hui valorisés à plusieurs dizaines de milliards de dollars.
Risque de marché : Si Nakamoto réapparaissait ou déplaçait ce stock massif, cela pourrait provoquer une volatilité extrême et déstabiliser le marché. Le risque que 5 % de l’offre totale soit vendue d’un coup est réel pour les investisseurs.
Signification : C’est la reconnaissance officielle, par un acteur majeur du secteur, du créateur du Bitcoin comme variable économique — bien au-delà d’une simple question historique.
En 2019, un haut responsable du Department of Homeland Security (DHS) aurait déclaré lors d’une conférence que les autorités avaient identifié Satoshi Nakamoto et l’avaient rencontré en Californie. Une révélation qui, si elle était avérée, serait majeure.
Statut : Ce rapport demeure non vérifié et n’a jamais été reconnu officiellement. Il n’existe ni documentation publique, ni preuve, maintenant le doute.
Conséquence : Cette rumeur a relancé les spéculations sur l’identité de Nakamoto et la possibilité d’une enquête gouvernementale discrète.
En avril 2024, l’avocat James Murphy (« MetaLawMan ») a déposé une plainte FOIA contre le DHS pour déterminer si le gouvernement détient des informations sur Satoshi Nakamoto.
L’intérêt pour l’identité de Satoshi Nakamoto s’est ravivé de 2024 à 2025, alimenté par de nouveaux documentaires et des événements qui relancent le débat.
En octobre 2024, HBO diffuse « Money Electric : The Bitcoin Mystery », un documentaire qui explore l’identité de Satoshi et suscite de vives réactions.
Au lieu de Len Sassaman, le programme désigne Peter Todd comme nouveau « candidat Satoshi », analysant son parcours technique et ses anciens messages.
Todd a vigoureusement nié, et les éléments avancés étaient jugés faibles. Experts et public ont critiqué la crédibilité de l’émission, Todd dénonçant publiquement la méthodologie des producteurs.
Le documentaire ne conclut pas, mais ravive l’intérêt pour le mystère Nakamoto.
Le 31 octobre 2024, un événement londonien présenté comme « conférence de presse de Satoshi Nakamoto » a secoué la communauté crypto.
L’homme d’affaires Stephen Mora s’est présenté sans fournir la moindre preuve, ruinant sa crédibilité. L’événement s’est limité à des captures d’écran de réseaux sociaux, sans preuve technique.
Les journalistes ont exigé une signature de clé privée ou un transfert de BTC, mais Mora a éludé, l’événement se concluant par la confusion et les sarcasmes. La plupart des présents ont vite compris qu’il s’agissait d’une escroquerie.
Mora et ses associés ont aussi revendiqué à tort la détention de 165 000 BTC et ont été inculpés pour fraude à l’investissement. Mora est actuellement en liberté sous caution, son procès étant prévu en novembre 2025.
Cet épisode rappelle un principe fondamental : seule une signature cryptographique ou un transfert de BTC peut valider une prétendue identité de créateur. Sans preuve technique, aucune crédibilité n’existe, ce qui reste essentiel contre la fraude.
Depuis 2023, plusieurs théories atypiques émergent. En février 2024, Matthew Sigel (VanEck) suggère : « Jack Dorsey, fondateur de Twitter, serait Satoshi Nakamoto ».
Basée sur l’analyse de Shawn Murray, cette théorie invoque la formation technique de Dorsey et la chronologie de ses travaux. Dorsey est reconnu pour ses compétences cryptographiques et son engagement pour Bitcoin.
Mais la profession juge cette hypothèse peu plausible. Dorsey l’a lui-même démentie en interview, affirmant qu’il n’est pas Satoshi.
La multiplication de nouvelles théories témoigne toutefois de l’intérêt toujours vif pour l’énigme Nakamoto.
L’anonymat de Satoshi Nakamoto ne relève pas seulement du mystère : il est intrinsèquement lié à la philosophie de Bitcoin.
Ce choix est devenu un symbole mondial de la finance décentralisée et rassemble un large soutien international.
Beaucoup considèrent le retrait de Nakamoto comme le « véritable point de départ de la décentralisation ». Sans leader central, le réseau évolue librement sous l’impulsion des développeurs et de la communauté mondiale.
Depuis le départ de Nakamoto fin 2010, la communauté dirige le développement : Bitcoin reste open source et progresse grâce à des développeurs du monde entier, illustrant parfaitement l’innovation décentralisée.
Le slogan « Nous sommes tous Satoshi » incarne cette philosophie : il exprime que le Bitcoin appartient à tous, et à personne en particulier.
L’Europe a célébré ce principe par une statue à Budapest : la figure sans visage honore l’anonymat de Nakamoto, symbole fort des valeurs du projet.
Ce modèle s’inscrit dans la logique open source, l’anonymat étant fonctionnel dans la conception de Bitcoin : le réseau doit rester à l’abri de tout contrôle individuel.
L’anonymat offre des avantages pratiques autant que philosophiques.
Éviter les poursuites : Si l’identité de Nakamoto était connue, il aurait pu être poursuivi, comme les fondateurs d’e-gold ou Liberty Reserve.
Éviter l’intervention des pouvoirs publics : L’anonymat a rendu toute action directe contre Bitcoin bien plus complexe. Sans cible précise, fermer le réseau s’avère impossible.
Sécurité personnelle : Détenant une fortune colossale, Nakamoto se protège ainsi des risques de piratage, enlèvement ou litiges.
L’exemple de Craig Wright — qui s’est proclamé Satoshi — illustre les risques juridiques et personnels liés à une identification publique.
L’anonymat n’est pas sans défauts.
Le problème des imposteurs : Les fausses revendications de figures comme Craig Wright ou Stephen Mora ont généré confusion et fraudes.
Réserves institutionnelles : Certaines banques et États sont réticents face à un projet sans fondateur connu. Lors de l’examen d’ETF Bitcoin, la question d’un fondateur criminel a été posée.
Controverse Paul Le Roux : En 2023, la rumeur selon laquelle Paul Le Roux — ancien baron du crime — serait Nakamoto a terni la réputation du Bitcoin.
Le Japon applique des lois strictes sur la protection des données. Si Nakamoto résidait au Japon, le dévoiler sans preuve constituerait un risque d’atteinte aux droits humains.
Affaire Dorian Nakamoto : En 2014, un magazine américain a faussement identifié Dorian Nakamoto, lui causant un tort majeur avant que l’erreur ne soit reconnue.
Risque de diffamation : Les accusations non étayées sur les réseaux sociaux peuvent relever de la diffamation, et une identification injustifiée expose à des poursuites.
Tant que Nakamoto choisit l’anonymat, nous avons l’obligation éthique de respecter ce choix.
L’identité de Satoshi Nakamoto demeure inconnue. Malgré de nombreux candidats, aucune preuve irréfutable n’a émergé — ce qui confirme, en creux, l’efficacité de son anonymat.
Sans fondateur connu, le Bitcoin a connu une expansion spectaculaire, certains pays l’ayant adopté comme monnaie légale et des investisseurs institutionnels s’étant lancés sur le marché. Le Salvador et la République centrafricaine en ont fait une monnaie officielle, et de grands groupes financiers proposent des produits Bitcoin.
L’essentiel est que, même si l’identité de Nakamoto était révélée, la valeur du Bitcoin — fondée sur un fonctionnement open source — ne changerait pas. L’essence du Bitcoin réside dans sa nature décentralisée, indépendante de toute personne ou entité.
L’anonymat du fondateur a même contribué à forger la légende du Bitcoin. En se retirant, Nakamoto a ouvert la voie à une décentralisation réelle.
Qui que soit Nakamoto, sa vision a déjà bouleversé le monde. Création d’un système financier indépendant des banques centrales, transferts de valeur internationaux, souveraineté individuelle : telles sont les révolutions portées par le Bitcoin.
Que l’identité de Nakamoto soit révélée un jour ou non, l’impact du Bitcoin restera à jamais associé au nom de Satoshi Nakamoto.
Satoshi Nakamoto est le créateur anonyme du Bitcoin, lancé en 2008. Son identité réelle demeure inconnue, bien que plusieurs candidats aient été évoqués — Dorian Nakamoto, Nick Szabo ou Craig Wright. Aucune preuve décisive n’a été apportée.
Satoshi Nakamoto a préservé son anonymat afin d’éviter toute influence individuelle sur la trajectoire du Bitcoin. Ce choix a permis une vraie décentralisation, une gouvernance démocratique et une évolution centrée sur la technologie.
L’identité de Satoshi Nakamoto reste inconnue. Nick Szabo et Shinichi Mochizuki sont parmi les principaux candidats, mais rien ne permet de trancher. Dorian Nakamoto et Satoshi lui-même ont nié être le créateur. Depuis 2010, Nakamoto a disparu et son identité demeure un mystère.
Satoshi Nakamoto détiendrait environ 1,1 million de BTC, qui sont restés inactifs depuis 2010. Si ces coins étaient soudainement mis sur le marché, une volatilité significative pourrait en résulter.
Dès 2010, Satoshi Nakamoto s’est progressivement retiré de la communauté Bitcoin et, en avril 2011, a disparu complètement. L’explication la plus partagée est qu’il a préféré préserver sa vie privée et sa sécurité, choisissant de s’effacer une fois le projet dépassant sa vision initiale.
Le livre blanc de Nakamoto pose les bases de la monnaie numérique décentralisée, de la technologie blockchain et du consensus par preuve de travail. Il met l’accent sur la transparence, la sécurité et la réduction des frais, sans intermédiaire central. Son code open source garantit la fiabilité et l’innovation de Bitcoin.
La révélation de l’identité de Satoshi Nakamoto pourrait provoquer une forte volatilité. Le déplacement d’environ 1 million de BTC, un durcissement réglementaire ou au contraire un regain de confiance sont envisageables. L’effet sur le principe de décentralisation serait également significatif.











