
DYOR est l’abréviation de « do your own research » (« faites vos propres recherches »). Cette expression, couramment utilisée dans l’univers des cryptomonnaies, s’adresse tout particulièrement aux analystes, investisseurs et chercheurs. On la retrouve fréquemment à la suite d’une thèse d’investissement, d’une analyse de marché ou d’un exposé sur un sujet précis, afin de souligner la responsabilité individuelle dans toute prise de décision.
Dans la sphère crypto, DYOR est à la fois un rappel et une norme culturelle. Lorsqu’une personne partage des informations, analyses ou avis sur un projet, un token ou une opportunité d’investissement, il est courant d’ajouter DYOR à son message. Cette pratique, aujourd’hui largement répandue, s’affiche presque automatiquement dans les publications sur les réseaux sociaux, rapports de recherche et discussions communautaires.
DYOR s’emploie souvent en parallèle du terme issu de la finance traditionnelle (TradFi) NFA, un avertissement légal signifiant « not financial advice » (« ceci n’est pas un conseil financier »). Ensemble, ces acronymes forment un cadre informel mais essentiel qui précise la nature des informations partagées. Ils rappellent que vous êtes toujours responsable de toute décision financière que vous prenez ou de toute information sur laquelle vous agissez. Même si un argument paraît convaincant ou qu’une source semble fiable, la décision finale ainsi que ses conséquences vous appartiennent.
L’adoption massive de DYOR reflète l’esprit décentralisé de la sphère crypto, où chacun est encouragé à penser de façon indépendante, à vérifier les informations et à assumer pleinement ses choix financiers plutôt que de suivre aveuglément des conseils extérieurs.
Une expression comme DYOR prend tout son sens dans l’écosystème crypto, car elle encourage non seulement les investisseurs à prendre des décisions réfléchies et informées au lieu de s’en remettre à des conseils génériques, mais elle peut aussi offrir une protection légale précieuse aussi bien pour les créateurs de contenu que pour leur audience.
Dans de nombreux pays développés, des lois existent afin de protéger les consommateurs et de limiter la responsabilité civile découlant des communications relatives à l’investissement. Ces réglementations créent un cadre dans lequel le conseil financier et la diffusion d’informations doivent s’inscrire.
Si une personne prodigue un conseil d’investissement qui conduit à une perte financière, la partie lésée peut saisir la justice pour négligence ou fausse déclaration. Ce risque juridique est d’autant plus marqué à l’ère numérique, où l’information circule instantanément sur les réseaux sociaux, forums et applications de messagerie.
Même un conseil formulé de façon informelle (par exemple sur Twitter, Reddit ou Telegram) peut, s’il est présenté de manière autoritaire, engager la responsabilité de son auteur aux yeux d’un tribunal. L’informalité des échanges ne protège donc pas nécessairement contre les poursuites judiciaires.
Sans avertissement clair de non-responsabilité, le public peut raisonnablement percevoir l’auteur comme un expert délivrant un conseil financier. Si cela conduit à un préjudice financier — par exemple une perte liée à un investissement infructueux ou à un projet frauduleux — l’émetteur peut être poursuivi pour avoir agi comme conseiller financier non agréé.
En intégrant des avertissements comme DYOR ou NFA, les communicateurs peuvent faire valoir, dans une démarche de défense juridique :
Au-delà de l’aspect juridique, DYOR joue un rôle central dans la promotion de la culture financière et d’un comportement d’investissement responsable. Dans un secteur aussi volatil et imprévisible que la cryptomonnaie, où de nouveaux projets apparaissent chaque jour et où les conditions de marché peuvent évoluer radicalement en quelques heures, la capacité à mener ses propres recherches n’est pas seulement un atout, mais une nécessité.
DYOR incite les investisseurs à :
Cette responsabilisation individuelle contribue à bâtir un écosystème d’investissement plus mature et durable, fondé sur l’analyse et la compréhension, et non sur la spéculation, la peur de manquer une opportunité (FOMO) ou la confiance aveugle envers les influenceurs.
La démarche DYOR peut varier du simple au complexe, selon la thématique, la profondeur d’analyse requise et vos objectifs d’investissement. Pour une recherche efficace, il convient d’adopter une approche méthodique qui comprend :
Avant de commencer, il est essentiel d’établir une thèse ou un objectif précis. Cela vous permet de déterminer clairement quand débuter et clôturer votre recherche, et d’éviter de vous perdre dans une collecte d’informations sans fin. Un objectif défini facilite la concentration et l’efficacité du processus d’analyse.
Pour résoudre un problème ou évaluer une opportunité d’investissement, suivez ces étapes générales :
Définir le problème : Clarifiez la question à traiter, par exemple : « Ce token a-t-il un potentiel d’appréciation sur six mois ? » ou « Ce projet dispose-t-il d’une tokenomics durable ? »
Élaborer une hypothèse : Formulez une première théorie à partir d’observations préliminaires. Cela oriente votre recherche et précise les informations à collecter.
Collecter des données : Rassemblez des informations pertinentes auprès de sources variées, en intégrant aussi bien les éléments favorables que contradictoires à votre hypothèse.
Analyser les données : Étudiez les informations de façon objective, en cherchant des tendances, des incohérences ou des signaux pertinents.
Tirer une conclusion : Sur la base de l’analyse, décidez si votre hypothèse est validée et quelles actions, le cas échéant, en découlent.
Si votre objectif est de vérifier la véracité d’une information — par exemple pour détecter une fraude, une escroquerie ou valider des affirmations d’équipe projet — procédez de la manière suivante :
Rassembler les preuves : Recueillez toutes les informations disponibles, y compris documents officiels, publications sur réseaux sociaux et discussions communautaires.
Valider les sources : Contrôlez la fiabilité et l’authenticité des sources. Vérifiez l’officialité des sites, la réalité des membres d’équipe et la légitimité des partenariats.
Évaluer les motivations : Analysez les raisons qui poussent des personnes ou entités à formuler certaines affirmations. Ont-ils un intérêt économique à promouvoir le projet ? Existe-t-il des conflits d’intérêts ?
Recouper les faits : Vérifiez chaque affirmation auprès de sources indépendantes. Soyez prudent si une information ne provient que d’une seule source, jusqu’à confirmation ailleurs.
Suivre les flux financiers : Analysez la distribution de tokens, les adresses de wallets, les schémas de transactions et les mouvements de fonds pour comprendre les incitations économiques et les risques.
Tirer une conclusion : Décidez, à la lumière des éléments collectés, si le projet ou le sujet analysé est légitime ou potentiellement frauduleux.
Il existe différentes méthodes de collecte de données, à choisir selon vos objectifs de recherche. Pour les entreprises, organisations ou projets, les méthodes traditionnelles peuvent s’avérer pertinentes. Pour les thématiques liées au web3, à la crypto et à la blockchain, il convient d’utiliser des outils et ressources spécifiques à la blockchain. Certains sujets nécessitent d’ailleurs une approche hybride, mêlant finance traditionnelle et outils blockchain, pour une analyse fondamentale complète.
L’un des principaux avantages de la recherche sur des projets crypto via des canaux traditionnels est que la réglementation TradFi impose en règle générale des exigences strictes en matière de publication d’informations. On dispose ainsi de données publiques souvent fiables, détaillées et validées par les autorités de contrôle. Ces informations incluent :
Pour accéder à ce type d’informations, des services comme OpenCorporates, plus grande base de données ouverte sur les sociétés au monde, sont très utiles. Ils donnent accès gratuitement à des données sur plus de 220 millions d’entités juridiques dans plus de 140 pays, ce qui s’avère précieux pour enquêter sur les structures derrière les projets crypto, souvent opérés via des sociétés enregistrées soumises à la réglementation locale.
La cryptomonnaie et la blockchain reposent sur la transparence et la vérifiabilité. Ainsi, l’information est très accessible à toute personne disposant d’une connexion internet et de connaissances de base.
En particulier, les explorateurs de blocs sont incontournables pour la recherche on-chain. Des outils comme Etherscan (pour Ethereum), tout explorateur spécifique à une blockchain, Tenderly ou Phalcon by BlockSec, offrent des données on-chain extrêmement spécialisées et détaillées, inaccessibles via la finance traditionnelle.
Ces outils peuvent révéler :
Par exemple, pour vérifier la réalité de l’adoption d’un projet, il suffit de compter, via un explorateur de blocs, les adresses uniques interagissant avec ses smart contracts. Si un projet annonce des millions d’utilisateurs mais que seules quelques milliers d’adresses sont actives, ce décalage est un signal d’alerte.
Collectez uniquement les données utiles à vos objectifs de recherche et à votre thèse d’investissement. L’essentiel est de rechercher les signaux pertinents, en évitant le bruit et les informations accessoires. Toutes les données ne se valent pas : leur interprétation et leur utilisation sont aussi importantes que leur collecte.
Parmi les indicateurs à surveiller :
L’efficacité de DYOR dépend du sujet et de la question étudiée. Un indicateur pertinent dans un cas peut n’être qu’un chiffre de façade dans un autre. Par exemple, si votre thèse d’investissement se fonde sur l’offre et le prix d’un token, la capitalisation boursière est un bon point de départ, mais la valorisation totalement diluée (FDV) donne une vision plus globale en tenant compte de l’ensemble des tokens à émettre.
De même, un nombre élevé d’abonnés sur Twitter peut sembler impressionnant, mais si l’activité on-chain ou le nombre d’adresses actives est faible, ces chiffres reflètent peut-être des bots ou des comptes inactifs, sans réel engagement communautaire.
DYOR exprime de façon concise « faites vos propres recherches » ; pourtant, ce simple acronyme véhicule à la fois un avertissement légal clé et un rappel puissant de la responsabilité financière et de l’indépendance intellectuelle.
Faire ses propres recherches suppose une démarche rigoureuse et structurée, mais de nombreux outils existent aujourd’hui pour vous accompagner. Des bases de données d’entreprises aux explorateurs de blockchain, des outils d’analyse de sentiment sur les réseaux sociaux aux plateformes d’analytique on-chain, il n’a jamais été aussi facile de mener des recherches approfondies.
En fondant vos décisions sur vos propres recherches, vous gardez la maîtrise de vos choix financiers et vous vous protégez des opinions d’influenceurs potentiellement trompeuses, des médias biaisés ou des campagnes promotionnelles coordonnées. Cette indépendance est capitale dans la crypto, où :
En pratiquant DYOR, vous développez à la fois votre connaissance des projets et les compétences d’analyse critique nécessaires pour naviguer dans l’environnement complexe et parfois opaque de la cryptomonnaie. Vous apprenez à questionner les affirmations, à vérifier les faits, à évaluer les risques et à prendre des décisions fondées sur des éléments concrets plutôt que sur l’émotion ou la spéculation.
Même la recherche la plus approfondie ne permet pas d’éliminer tous les risques : les marchés crypto sont intrinsèquement volatils et imprévisibles. Cependant, appliquer systématiquement les principes DYOR améliore nettement votre capacité à saisir les opportunités, éviter les arnaques et investir en cohérence avec votre profil de risque et vos objectifs financiers.
En définitive, personne ne se préoccupe de votre argent autant que vous-même. Ni influenceur, ni analyste, ni membre de la communauté ne subira les conséquences de vos choix d’investissement. Cette responsabilité vous revient entièrement, c’est pourquoi DYOR n’est pas qu’un slogan, mais un principe fondamental pour tout acteur de l’écosystème crypto.
DYOR signifie « Do Your Own Research » (« faites vos propres recherches ») : cela invite chaque investisseur à analyser et examiner de manière autonome les projets de cryptomonnaies avant toute décision d’investissement. DYOR met l’accent sur la diligence personnelle dans l’univers crypto.
La communauté crypto promeut DYOR car cela permet aux investisseurs d’identifier les projets crédibles, de vérifier la fiabilité des équipes, d’évaluer la qualité technologique et d’éviter les escroqueries. L’auto-analyse favorise des décisions éclairées dans un marché volatil et exposé à la désinformation.
Lisez les whitepapers, analysez les fondamentaux des projets, suivez les discussions communautaires, surveillez les tendances de marché et les volumes d’échange, étudiez la tokenomics et vérifiez toute information auprès de plusieurs sources fiables avant d’investir.
DYOR consiste à mener des recherches personnelles approfondies pour identifier et gérer les risques liés à l’investissement crypto. Si une analyse poussée réduit l’exposition au risque, elle ne supprime pas pour autant les risques inhérents au marché. La prise de décision éclairée grâce à DYOR est le fondement d’une gestion prudente des risques.
Analysez le whitepaper du projet, ses fondamentaux technologiques et la crédibilité de l’équipe. Évaluez la volatilité du marché, vérifiez les volumes d’échange et la valeur des transactions, assurez-vous du stockage sécurisé de vos cryptos et définissez vos objectifs d’investissement ainsi que les conséquences fiscales.
Négliger DYOR expose à des escroqueries, des schémas frauduleux et à de mauvaises décisions pouvant entraîner de lourdes pertes. Sans analyse préalable, vous risquez d’investir dans des projets non viables, de subir une volatilité extrême ou de devenir la cible d’arnaques de type « exit scam » ou Ponzi sans véritable base.











