

DYOR est l’abréviation de « do your own research » (« faites vos propres recherches »), une expression devenue incontournable dans les communautés de cryptomonnaies et d’investissement. Ce terme est régulièrement employé par les analystes, investisseurs et chercheurs lorsqu’ils formulent une thèse d’investissement ou analysent un sujet spécifique, agissant à la fois comme rappel et clause de non-responsabilité.
Le principe DYOR insiste sur la responsabilité individuelle dans toute décision financière, en opposition à la tendance à suivre aveuglément les conseils d’influenceurs, d’analystes ou de personnalités médiatiques. Dans l’écosystème crypto, DYOR s’accompagne fréquemment du terme de la finance traditionnelle NFA (« not financial advice »). Ensemble, ces acronymes constituent une clause de non-responsabilité informelle, stipulant que chaque individu demeure seul responsable de ses décisions financières ou des informations qu’il choisit de suivre.
L’adoption généralisée de DYOR reflète l’essence décentralisée et auto-souveraine de l’investissement crypto. Contrairement à la finance traditionnelle où l’encadrement est assuré par des conseillers et institutions agréés, l’univers crypto impose à chacun de réaliser sa propre due diligence. Ce principe incite les investisseurs à vérifier les affirmations, à analyser les données par eux-mêmes et à prendre des décisions fondées sur leur propre analyse, plutôt que de s’appuyer sur des informations externes potentiellement biaisées ou incomplètes.
Comprendre DYOR est indispensable à toute personne active sur les marchés des cryptomonnaies, car cela traduit une évolution profonde dans la manière de prendre et de communiquer les décisions d’investissement au sein de l’écosystème des actifs numériques.
L’expression DYOR occupe une place centrale dans l’univers des cryptomonnaies pour plusieurs raisons majeures. Avant tout, elle incite les investisseurs à adopter une démarche réfléchie et informée, au lieu de se fier à des conseils génériques qui ne correspondent pas nécessairement à leur profil, à leur tolérance au risque ou à leurs objectifs financiers.
Au-delà de l’aspect pédagogique, DYOR offre une protection juridique essentielle aux créateurs de contenu et aux analystes. De nombreuses juridictions disposent de lois strictes visant à protéger les investisseurs et à limiter la responsabilité civile liée aux communications sur l’investissement. Si une personne fournit des recommandations qui causent une perte financière, la victime peut engager une action pour négligence ou fausse déclaration.
Même dans le cadre de conseils informels – sur les réseaux sociaux, YouTube ou des forums – un juge peut estimer que l’auteur avait un devoir de diligence envers son audience dès lors que le contenu est présenté comme expertise ou recommandation. En l’absence de clause de non-responsabilité, l’audience peut raisonnablement percevoir l’auteur comme un conseiller financier professionnel. Si cette perception entraîne un préjudice, l’auteur risque d’être poursuivi pour exercice illégal du conseil financier.
Le recours à des disclaimers tels que DYOR ou NFA permet de faire valoir plusieurs éléments de défense :
L’importance de DYOR dépasse le cadre juridique et touche à la responsabilité financière ainsi qu’à la gestion du risque. Le marché crypto se distingue par sa volatilité, sa complexité et l’existence de nombreuses escroqueries ou projets frauduleux. En menant une recherche approfondie, les investisseurs identifient plus facilement les opportunités légitimes, évitent les pièges classiques et prennent des décisions cohérentes avec leurs objectifs financiers.
De plus, DYOR encourage l’émergence d’une culture de littératie financière et d’esprit critique dans la communauté crypto. Il conduit chacun à s’intéresser à la technologie, à la tokenomics, aux compétences de l’équipe et à la dynamique de marché, plutôt qu’à se laisser guider par l’effet de mode, la peur de manquer une opportunité (FOMO) ou des affirmations non vérifiées.
Mener ses propres recherches peut s’avérer simple ou complexe, selon le sujet et vos objectifs. Pour appliquer DYOR efficacement, il convient d’adopter une démarche structurée : définir des objectifs clairs, sélectionner les bonnes méthodes de recherche, puis collecter et analyser les données pertinentes.
Avant de lancer vos recherches, il faut commencer par une thèse ou un objectif précis. Cela permet de savoir à quel moment débuter et conclure votre processus, évitant ainsi l’analyse interminable ou la conclusion prématurée.
Pour résoudre un problème ou évaluer une opportunité d’investissement, suivez ces étapes générales :
Pour déterminer la véracité d’une affirmation (fraude, arnaque, vérification), privilégiez les démarches suivantes :
De nombreuses méthodes existent pour collecter des données, et la plus pertinente dépend de votre sujet d’étude. Pour les entreprises ou aspects traditionnels des projets crypto, les méthodes issues de la finance traditionnelle (TradFi) sont pertinentes. Pour les sujets blockchain, les outils on-chain sont à privilégier. Souvent, une approche hybride est nécessaire.
Analyser un projet crypto via des canaux traditionnels présente l’avantage que la réglementation impose des obligations strictes de transparence. Les informations publiques s’avèrent ainsi fiables, détaillées et vérifiées par des tiers. Parmi les données clés :
Un service comme OpenCorporates, la plus grande base de données d’entreprises au monde, offre un accès libre à plus de 220 millions d’entités légales dans 140 juridictions, ce qui en fait une ressource précieuse pour vérifier les informations et structures d’entreprise.
Parmi les autres sources traditionnelles : sites web d’entreprise, communiqués de presse, articles de médias reconnus, bases de données réglementaires ou rapports d’analyse de grandes institutions financières.
La cryptomonnaie et la blockchain reposent sur les principes de transparence et de vérifiabilité, rendant l’information généralement accessible à quiconque souhaite examiner les données on-chain.
Les explorateurs de blocs sont des outils centraux pour la recherche sur la blockchain. Des solutions telles qu’Etherscan (Ethereum), les explorateurs dédiés à d’autres réseaux ou des plateformes avancées comme Tenderly et Phalcon de BlockSec donnent accès à des données détaillées, impossibles à dissimuler ou manipuler.
Ces outils permettent notamment de :
D’autres outils Web3 incluent : des plateformes d’analytics DeFi comme DeFiLlama, Dune Analytics pour les requêtes personnalisées, Token Terminal pour les indicateurs financiers, ainsi que des dashboards spécifiques offrant une vision en temps réel de l’activité réseau.
Le recueil doit porter uniquement sur les données directement utiles à vos objectifs. L’enjeu est de distinguer les signaux pertinents du bruit. Toutes les données ne sont pas utiles : leur interprétation et leur application sont tout aussi déterminantes que leur collecte brute.
Principaux indicateurs à surveiller :
Gardez à l’esprit que la pertinence de chaque indicateur dépend du contexte. Un indicateur très utile dans un cas peut n’avoir qu’une valeur d’affichage (« vanity metric ») dans un autre. Par exemple, la capitalisation boursière est informative pour une thèse d’investissement basée sur l’offre et le prix d’un token, mais la valorisation pleinement diluée – intégrant toutes les émissions futures – peut révéler un potentiel plus réaliste.
De même, un nombre élevé de transactions peut refléter une adoption réelle, mais aussi signaler une activité de bots ou du wash trading. Toujours contextualiser les métriques et les vérifier à l’aide de plusieurs sources et méthodes.
Une fois vos données collectées et analysées, la dernière étape consiste à synthétiser vos résultats en conclusions actionnables. Cela exige un esprit critique ainsi qu’une évaluation objective des preuves, même lorsqu’elles contredisent vos hypothèses initiales.
En appliquant systématiquement DYOR, vous assumez pleinement vos décisions financières et réduisez la dépendance vis-à-vis d’avis d’influenceurs ou de médias biaisés. Cette démarche constitue une protection juridique et financière, tout en développant vos compétences analytiques et votre compréhension de l’écosystème crypto.
Rappelez-vous que la recherche est un processus continu. Les marchés évoluent, les projets changent, de nouvelles informations apparaissent en permanence. Les investisseurs performants maintiennent une veille régulière, actualisant leur analyse et ajustant leur stratégie au gré des nouveaux éléments et du contexte.
DYOR signifie « Do Your Own Research » (« Faites vos propres recherches ») et encourage les investisseurs à conduire leurs propres investigations avant de prendre une décision. C’est une pratique fondamentale pour se prémunir sur les marchés des cryptomonnaies.
DYOR est essentiel car il permet d’éviter les fraudes et le FOMO, garantissant la sécurité de vos placements. Une recherche approfondie vous protège des arnaques et vous permet de décider de façon éclairée, plutôt que de suivre des mouvements de prix dictés par l’euphorie du marché.
Passez en revue le site officiel et les réseaux sociaux du projet pour les actualités. Vérifiez le whitepaper et les aspects techniques pour évaluer la faisabilité. Surveillez les retours de la communauté et les tendances du marché. Recoupez systématiquement les informations issues de différentes sources avant de décider.
DYOR consiste à mener des recherches indépendantes. FOMO (« fear of missing out ») désigne la peur de rater une opportunité. FUD (« fear, uncertainty, doubt ») correspond à la peur, l’incertitude et le doute provoqués par un sentiment négatif du marché. DYOR privilégie l’analyse personnelle, tandis que FOMO et FUD sont des réactions émotionnelles pouvant conduire à de mauvaises décisions.
Examinez la légitimité du projet, les audits des smart contracts, les antécédents de l’équipe et l’engagement de la communauté. Analysez la tokenomics, le volume des transactions et l’activité de développement. Recoupez les données issues de multiples sources pour éviter les arnaques et la désinformation.











