

Avant l’apparition des automated market makers, le trading d’actifs crypto reposait sur des systèmes traditionnels de carnet d’ordres. Les market makers classiques assuraient la liquidité nécessaire, mais cette méthode exigeait des capitaux importants et manquait d’efficacité pour les plateformes décentralisées.
En 2016, Alan Lu, membre de l’équipe Gnosis, a introduit un concept novateur d’automated market maker fondé sur les smart contracts, avec le soutien de Vitalik Buterin, fondateur d’Ethereum. Ce modèle AMM a ouvert de nouvelles perspectives pour le trading décentralisé en supprimant le besoin d’intermédiaires centralisés.
Bancor a été le premier protocole de Finance décentralisée (DeFi) à mettre en œuvre concrètement la technologie AMM. Toutefois, la véritable popularité est intervenue avec le lancement de la plateforme Uniswap en 2018. Le succès d’Uniswap a motivé les développeurs à concevoir des solutions similaires, donnant naissance à des plateformes comme PancakeSwap et SushiSwap, qui ont adapté le modèle AMM à divers écosystèmes blockchain.
Les AMM rappellent les carnets d’ordres des plateformes centralisées, mais reposent sur une approche radicalement différente de la tarification. Au lieu d’apparier des ordres d’achat et de vente, les prix sont calculés via des algorithmes mathématiques.
L’élément central d’un AMM est le pool de liquidité : un coffre-fort basé sur un smart contract, généralement constitué de deux cryptomonnaies différentes. Les apporteurs de liquidité y déposent leurs actifs et perçoivent des récompenses pour leur contribution. Un pool peut par exemple comporter des paires telles que ETH/USDT, BTC/DAI ou d’autres combinaisons de tokens.
Lorsqu’un utilisateur achète ou vend un actif sur une plateforme décentralisée, ses fonds sont automatiquement dirigés vers le pool de liquidité concerné. L’algorithme AMM recalcule alors le prix selon le nouveau ratio des actifs. Le modèle le plus courant est la formule du produit constant : x * y = k, où x et y sont les quantités des actifs A et B dans le pool, et k une constante invariante.
Le principe est le suivant : si un trader achète le token A, il ajoute le token B dans le pool et en retire le token A. Cela modifie le ratio des actifs, et l’algorithme ajuste le prix pour que x * y reste constant. Plus la transaction est importante par rapport à la taille du pool, plus le prix varie. Ce phénomène est appelé slippage.
Virtual AMM fonctionne sans détenir d’actifs réels dans les pools de liquidité, utilisant uniquement des modèles mathématiques pour la tarification. Cette approche permet de créer des marchés synthétiques sans recourir à de grandes quantités de capital immobilisé.
Probabilistic AMM détermine les prix des actifs grâce à des formules probabilistes et des modèles statistiques. Ce type d’AMM tient compte de multiples facteurs de marché et s’adapte plus facilement aux variations que les modèles traditionnels.
Constant Product AMM applique la formule x * y = k et constitue le modèle le plus répandu, utilisé par des plateformes comme Uniswap. Ce système est simple à déployer et propose une tarification prévisible, bien qu’il puisse générer un slippage marqué lors de transactions importantes.
Hybrid AMM combine plusieurs modèles de tarification et s’adapte aux conditions du marché. Ces systèmes peuvent changer d’algorithme selon la volatilité, le volume d’échanges ou d’autres paramètres.
Weighted Average Price AMM calcule la valeur des actifs en fonction de la somme totale déposée dans le pool, tenant compte de la pondération de chaque actif. Les protocoles comme Balancer utilisent ce modèle, qui permet d’intégrer plus de deux tokens dans des proportions variables.
Lending AMM optimise les processus de prêt et d’emprunt dans la DeFi. Aave et Compound en sont des exemples, avec des taux d’intérêt ajustés automatiquement selon l’offre et la demande.
Insurance AMM met en place des pools d’actifs pour offrir une couverture d’assurance aux fonds des utilisateurs. Ce modèle permet une mutualisation du risque entre les participants.
Options AMM rend possible le trading décentralisé d’options sur cryptomonnaies, en calculant automatiquement primes et prix d’exercice selon les conditions du marché.
Synthetic AMM permet aux utilisateurs d’échanger des actifs synthétiques répliquant la valeur d’actifs réels — actions, matières premières ou devises fiat — sans détenir l’actif sous-jacent.
Décentralisation — Les automated market makers fonctionnent de façon autonome, sans nécessité de tiers ou d’intermédiaires centralisés. Le système est ainsi résistant à la censure et exclut les risques humains liés à la gestion de la liquidité.
Accès non dépositaire — Les utilisateurs tradent directement depuis leur portefeuille crypto, gardant le contrôle intégral de leurs fonds. Les plateformes décentralisées n’ont jamais accès aux actifs des utilisateurs, ce qui réduit les risques de pertes liés aux piratages ou à une mauvaise gestion des plateformes d’échange.
Résistance à la manipulation des prix — Les formules mathématiques des smart contracts déterminent la tarification de façon transparente. Cela empêche toute manipulation artificielle des prix, contrairement aux bourses traditionnelles où de grands acteurs peuvent influencer les cotations.
Accès ouvert — N’importe quel utilisateur peut devenir apporteur de liquidité et percevoir des récompenses pour la mise à disposition d’actifs dans les pools. Cela démocratise le market making, longtemps réservé aux grandes institutions financières.
Liquidité 24/7 — Les AMM garantissent une liquidité continue, permettant aux utilisateurs d’échanger à tout moment, là où les carnets d’ordres classiques peuvent manquer de contrepartie.
Risque de slippage — Si le pool manque de liquidité, les gros ordres risquent d’être exécutés à des prix beaucoup moins avantageux. Plus le pool est réduit par rapport à la taille de l’ordre, plus le slippage est important, en particulier pour les opérations de grande taille.
Vulnérabilités des smart contracts — Les AMM dépendent entièrement de la sécurité du code des smart contracts. Des bugs ou failles inconnues peuvent entraîner des hacks, des attaques et la perte de fonds utilisateur. La DeFi a connu de nombreux cas d’exploitation de protocoles AMM.
Impermanent loss — Les apporteurs de liquidité s’exposent au risque d’impermanent loss si l’évolution du prix des actifs du pool réduit la valeur de leur part par rapport à une détention simple des tokens.
Interfaces complexes pour les débutants — Utiliser une plateforme décentralisée exige de comprendre les concepts de blockchain, de gérer des clés privées et des portefeuilles crypto, ce qui peut constituer un frein pour les utilisateurs novices.
Fonctionnalité d’ordre limitée — Les AMM ne prennent en charge que les ordres au marché et n’offrent pas d’outils avancés de gestion du risque comme les ordres stop-loss ou stop-limit, ce qui restreint les stratégies d’échange complexes.
Frais réseau élevés — En cas de congestion du réseau, les frais de transaction peuvent s’envoler, rendant les petits trades peu rentables.
Les automated market makers ont transformé la Finance décentralisée en révolutionnant la façon dont la liquidité est fournie et dont les actifs crypto sont échangés. Les AMM ont permis d’apporter une liquidité clé à la DeFi et ont simplifié l’achat ainsi que la vente de cryptomonnaies — le tout sans inscription sur une plateforme centralisée.
La technologie AMM poursuit son évolution, avec de nouveaux modèles de tarification, des mécanismes de protection contre l’impermanent loss et des solutions pour une meilleure efficience du capital. Le potentiel des automated market makers reste à exploiter pleinement, et l’on peut s’attendre à de nouveaux algorithmes plus avancés dans les prochaines années, capables de corriger les limites actuelles et de rendre le trading décentralisé toujours plus accessible et performant pour tous types d’utilisateurs.
Un Automated Market Maker (AMM) est un protocole de trading décentralisé qui utilise des pools de liquidité pour fixer les prix dynamiquement, supprimant le recours au carnet d’ordres. Contrairement aux bourses traditionnelles, les AMM permettent à chacun de fournir de la liquidité et de percevoir des frais, à l’aide de formules algorithmiques telles que x*y=k pour ajuster les prix automatiquement, alors que les market makers classiques reposent sur des carnets d’ordres et des stratégies spécialisées.
Un AMM utilise des formules mathématiques pour automatiser la tarification via des pools de liquidité, supprimant le besoin de market makers traditionnels. Les pools de liquidité assurent un volume d’échange constant et offrent à tout apporteur de liquidité la possibilité de percevoir des commissions.
Les apporteurs de liquidité déposent des paires de tokens dans les smart contracts de l’AMM et perçoivent des frais de trading proportionnels à leur part. Ils peuvent aussi recevoir des récompenses en tokens ; cependant, l’impermanent loss reste un risque en cas de fluctuation des prix.
Le slippage correspond à la différence entre le prix anticipé et le prix effectif à l’exécution. Sur les AMM, il intervient car chaque transaction modifie le ratio des actifs présents dans le pool de liquidité, ce qui affecte le prix final.
Les modèles principaux d’AMM sont : Constant Product, Constant Sum et Constant Mean. La formule x*y=k indique que le produit des quantités des deux actifs dans le pool demeure inchangé lors des transactions, assurant une tarification automatique en fonction de l’offre et de la demande.
Le risque principal des AMM est l’impermanent loss, dû à l’évolution du ratio de prix des actifs dans le pool. Pour le limiter, il faut privilégier des pools d’actifs corrélés, rééquilibrer régulièrement ses positions et sortir lorsque les prix se stabilisent. Les revenus de frais compensent souvent ces pertes.
Uniswap, Curve, Balancer et SushiSwap reposent sur des AMM. Uniswap prend en charge tous les tokens, Curve est spécialisé sur les stablecoins à faibles frais, Balancer propose des pools de liquidité flexibles et SushiSwap offre des récompenses de mining de liquidité.











