
DID (Decentralized Identity) est un système d'identité numérique fondé sur la technologie blockchain, qui permet à chaque individu de gérer ses informations d'identification de façon autonome. Contrairement aux systèmes traditionnels, DID fonctionne sans autorité centrale et offre à l'utilisateur la pleine propriété et le contrôle de ses données personnelles. Cette nouvelle approche vise à redonner la propriété de l'identité aux personnes et aux organisations, et modifie en profondeur la gestion et la vérification des identités numériques.
Grâce à la blockchain, DID permet une gestion et un partage des identités numériques sans centralisation. Ce modèle décentralisé renforce la protection des données personnelles et sécurise les droits d'identité. DID devrait trouver des applications dans la gestion des informations personnelles, la vérification d'identité et les processus d'authentification sécurisés. Au fil de la standardisation et des progrès en matière d'ergonomie, DID pourrait être largement adopté dans de nombreux secteurs au cours des prochaines années.
DID donne à l'utilisateur la capacité de gérer directement ses informations d'identité. Contrairement aux systèmes classiques où entreprises ou institutions publiques contrôlent les données, DID garantit la propriété totale et le droit de gestion des informations à l'individu. Cette autonomie permet de choisir quelles données partager, avec qui et pour quelle durée, offrant un contrôle inédit sur sa vie privée. Le système élimine les intermédiaires, ce qui réduit les risques de fuite de données ou d'accès non autorisé, fréquents dans les bases de données centralisées.
DID recourt à la blockchain pour chiffrer les données, rendant toute altération ou modification sans autorisation pratiquement impossible. Ce dispositif cryptographique assure une protection supérieure aux systèmes d'identité traditionnels fondés sur des mots de passe et des bases de données centralisées. Chaque opération et vérification d'identité est consignée sur la blockchain, créant une piste d'audit immuable vérifiable par les parties autorisées. La structure distribuée de la blockchain élimine tout point de défaillance unique, renforçant la résistance du système face aux cyberattaques et aux incidents de sécurité.
L'un des atouts majeurs de DID est sa capacité à fonctionner sur différents services et plateformes sans friction. Une fois le DID émis, l'utilisateur peut s'en servir pour se connecter et vérifier son identité sur plusieurs services, sans créer de comptes distincts. Cette interopérabilité évite la multiplication des mots de passe et réduit les obstacles habituels lors des authentifications en ligne. L'utilisateur dispose d'une identité unique et portable, utilisable dans divers écosystèmes, ce qui améliore nettement l'expérience tout en préservant sécurité et confidentialité.
DID présente des bénéfices majeurs pour surmonter les défis actuels de la gestion des identités numériques :
Les systèmes d'identité classiques reposent sur des méthodes vulnérables comme les mots de passe, susceptibles d'être volés et entraînant des prises de contrôle ou des usurpations d'identité. Les entreprises collectent aussi des données à des fins publicitaires, ce qui soulève des questions de confidentialité. Les bases de données centralisées sont la cible de nombreuses attaques, provoquant des fuites massives de données personnelles.
À l'inverse, DID chiffre les données personnelles via la blockchain et les stocke sur des registres distribués. Ce modèle réduit fortement le risque d'accès non autorisé par des tiers. La protection cryptographique garantit que, même si un nœud est compromis, le système global reste sécurisé. L'utilisateur peut ne divulguer que les informations nécessaires à chaque transaction, préservant sa vie privée tout en prouvant son identité. Cette divulgation sélective, couplée aux propriétés de sécurité native de la blockchain, constitue un cadre solide pour la protection de la sécurité et de la confidentialité dans les interactions numériques.
Les systèmes d'identité conventionnels sont pilotés par des entités privées ou publiques, limitant le contrôle des utilisateurs sur leurs données. L'accès, la modification ou la suppression de données est difficile, tout comme la transparence sur leur usage ou leur partage avec des tiers. Ce manque de contrôle alimente les inquiétudes sur la propriété et la confidentialité des données à l'ère numérique.
DID bouleverse cette logique en donnant aux utilisateurs le contrôle total de leurs informations d'identification. L'identité numérique peut être gérée sans recourir à un émetteur centralisé. Ce modèle décentralisé s'inscrit dans l'esprit du Web3 et inaugure un nouveau paradigme pour les services d'identité sur Internet. L'utilisateur choisit quelles données partager, peut révoquer l'accès à tout moment et garde une transparence sur son empreinte numérique. Ce niveau de contrôle améliore la confidentialité et favorise une participation plus sereine dans les écosystèmes digitaux.
Les systèmes d'identité classiques imposent la création et la gestion de multiples identifiants pour chaque service, ce qui entraîne fatigue, risques liés à la réutilisation des identifiants et une expérience utilisateur complexe. Il faut retenir plusieurs mots de passe et répéter les processus d'inscription pour chaque service.
DID corrige ce problème en assurant une compatibilité avec différents modes d'identification, permettant une intégration efficace dans les systèmes existants. L'utilisateur peut utiliser le même DID sur plusieurs services et plateformes, améliorant considérablement l'interopérabilité en ligne. Cette identité universelle simplifie l'expérience, réduit les tâches administratives pour les prestataires et crée un écosystème numérique plus connecté. Pouvoir utiliser une seule identité sur différents services, tout en conservant sécurité et confidentialité, marque une avancée majeure dans la gestion des identités numériques et favorise des interactions en ligne plus fluides.
Malgré ses avantages, DID doit relever plusieurs défis :
DID repose sur la blockchain, qui fonctionne très différemment des systèmes d'identité traditionnels. Ce changement technologique implique une courbe d'apprentissage importante pour la plupart des utilisateurs. Pour émettre, gérer et utiliser un DID, il faut maîtriser des concepts comme les clés publiques, les clés privées et les documents DID, peu familiers à ceux sans expérience en cryptographie ou blockchain.
Cette complexité peut freiner l'adoption, le système pouvant sembler complexe ou intimidant. La gestion des clés privées est cruciale : leur perte signifie une perte d'accès à l'identité, sans recours possible auprès d'une autorité centrale. Pour favoriser l'adoption du Web3, il convient d'améliorer l'interface et l'expérience utilisateur (UI/UX). Les développeurs doivent créer des interfaces intuitives qui masquent la complexité technique tout en conservant les avantages de sécurité. Simplifier l'expérience sans sacrifier la sécurité sera déterminant pour une adoption large de DID.
DID demeure une technologie émergente et il n'existe pas encore de standard unifié pour son déploiement sur différentes plateformes et services. Ce manque de standardisation freine l'interopérabilité entre systèmes DID distincts. Les prestataires peuvent implémenter DID selon des protocoles variés, créant une fragmentation du secteur.
En conséquence, les utilisateurs risquent de devoir créer plusieurs DID pour différents services, ce qui va à l'encontre de l'objectif principal de la technologie. Les prestataires doivent investir dans des développements spécifiques pour intégrer DID, ce qui ralentit l'adoption. Si la technologie devrait gagner en maturité et en standardisation dans les années à venir, l'état actuel pose des défis de convivialité pour les utilisateurs et les prestataires. Une collaboration sectorielle sur les standards et protocoles sera essentielle pour surmonter ces obstacles et déployer tout le potentiel de DID.
De nombreuses organisations dans le monde développent activement des solutions DID, illustrant les applications concrètes de cette technologie :
Huit grandes entreprises japonaises — Mitsubishi UFJ Trust and Banking Corporation, NTT Data, ITOCHU Techno-Solutions Corporation, TOPPAN Digital, Hakuhodo Key3, Hitachi, Fujitsu et Anderson Mori & Tomotsune Law Firm — ont fondé le « DID/VC Co-Creation Consortium » (DVCC). Ce consortium vise à promouvoir la collaboration autour de DID et des Verifiable Credentials (VC), afin de permettre l'accès à plusieurs services en ligne avec une seule identité.
Les Verifiable Credentials associés à DID offrent une méthode sûre et pratique pour la vérification d'identité et la certification des informations. Le DVCC vise à exploiter la technologie VC pour relever divers enjeux sociétaux au Japon et au-delà. Les actions principales du consortium portent sur quatre axes : co-création commerciale, élaboration de règles, mutualisation des ressources et collaboration externe avec les ministères et agences publiques. Cette initiative constitue une étape majeure vers la standardisation de DID au Japon et démontre le potentiel de la technologie pour résoudre des défis concrets de gestion d'identité dans les secteurs privé et public.
TicketMe, première plateforme japonaise d'émission de tickets NFT pour l'achat et la revente de billets, a noué un partenariat avec Digital Platformer Inc. pour contrer le marché noir grâce à la technologie DID. La plateforme intègre le service d'émission de DID « SHIKI », basé sur les cartes My Number (système d'identification national japonais) pour assurer une vérification d'identité sécurisée.
Le marché noir des billets est un problème récurrent dans le divertissement, les solutions classiques nécessitant la collecte de nombreux renseignements personnels pour l'authentification, ce qui soulève des questions de confidentialité. Avec DID, TicketMe peut assurer une authentification simple tout en préservant un haut niveau de confidentialité. L'utilisateur vérifie son identité sans divulguer de données excessives et le système empêche les transferts non autorisés de billets tout en protégeant la vie privée. Ce cas d'usage montre que DID peut répondre à des besoins sectoriels tout en respectant les droits de confidentialité, et ouvre la voie à d'autres industries confrontées à des défis similaires.
Le Blockchain-based Service Network (BSN), affilié au gouvernement chinois, a lancé un nouveau système de vérification d'identité basé sur la blockchain, « RealDID ». Ce système permet aux utilisateurs de gérer leurs identités numériques et leurs données personnelles de façon autonome, autorisant l'inscription et la connexion anonyme sur des sites via leur DID.
RealDID s'inscrit dans le projet national « Digital China », promu par le gouvernement pour développer l'infrastructure et les services numériques. Ce dispositif représente l'une des plus vastes mises en œuvre gouvernementales de la technologie DID à ce jour. Il devrait servir dans divers secteurs : services publics, finance, santé, e-commerce. Cette application à grande échelle démontre la capacité de DID à être déployé pour des centaines de millions d'utilisateurs, et offre une analyse précieuse des défis et opportunités liés à des déploiements massifs. Les résultats de RealDID pourraient influencer la stratégie d'autres gouvernements en matière d'identité numérique.
Worldcoin, projet crypto mené par Sam Altman (PDG d'OpenAI) et son équipe, a lancé « World ID 2.0 », renforçant fortement les capacités de son système d'identité. Cette mise à jour permet d'utiliser le Worldcoin ID sur de multiples réseaux sociaux et plateformes, dont Reddit, Telegram, Minecraft et Shopify, étendant les usages concrets du système DID.
La mise à jour propose aussi des outils pour intégrer facilement la fonctionnalité « Sign in with World ID » sur les plateformes, facilitant l'adoption par les fournisseurs de services. World ID 2.0 se présente comme un « passeport humain pour Internet », visant à garantir que les utilisateurs sont bien des personnes réelles, et non des bots ou des comptes fictifs — enjeu crucial à l'ère de l'intelligence artificielle. Le système recourt à la vérification biométrique pour assurer l'unicité, tout en préservant la confidentialité grâce aux zero-knowledge proofs. Cette approche répond au défi des bots et fausses identités en ligne, tout en protégeant la vie privée. L'intégration sur des plateformes majeures montre le potentiel de DID comme standard d'authentification sur Internet, et son évolution pourrait servir de modèle pour les futurs systèmes d'identité.
DID désigne une identité créée et gérée via la blockchain ou des réseaux décentralisés, indépendante des fournisseurs centralisés. Contrairement aux systèmes traditionnels fondés sur une autorité centrale, DID accorde à l'utilisateur davantage de confidentialité, de contrôle et de propriété sur ses données d'identité, tout en permettant une vérification directe.
DID s'applique principalement au crédit financier, à la vérification d'identité, à la gestion des dossiers médicaux et aux diplômes. Il apporte une valeur essentielle dans la finance, la santé et l'éducation, en permettant une vérification d'identité sécurisée et autonome, tout en facilitant l'analyse de crédit et le partage de données.
DID utilise les zero-knowledge proofs et des algorithmes de chiffrement asymétrique pour protéger les données d'identité. Il vérifie l'authenticité sans exposer de données sensibles, permettant à l'utilisateur de choisir quelles informations partager sans divulguer de détails inutiles.
DID repose sur des identifiants décentralisés liés à des paires de clés cryptographiques pour la vérification d'identité. Sur la blockchain, les DID sont gérés via un registre distribué, donnant à chaque utilisateur le contrôle de son identité sans intermédiaire centralisé. Chaque DID est enregistré et vérifié sur la chaîne.
Les principaux projets DID incluent Ethereum Name Service (ENS) et Worldcoin. ENS est la solution dominante sur Ethereum, tandis que différents protocoles DID sont déployés sur les grandes blockchains publiques de l'écosystème Web3.
Pour créer et gérer une identité DID, il faut utiliser un contrat DID pour établir une identité numérique unique liée à ses informations personnelles. L'identité est vérifiée par des méthodes comme les verifiable credentials. Il est essentiel de gérer son DID de façon sécurisée pour garder le contrôle sur sa présence numérique.
DID permet la vérification d'identité en finance, la gestion des données patients en santé, et l'authentification des citoyens dans les services publics. On le retrouve aussi dans la chaîne d'approvisionnement, la validation des diplômes et les contrôles de parcours professionnel dans divers secteurs.
DID doit surmonter des obstacles majeurs, notamment l'interopérabilité entre systèmes, l'absence de standards unifiés, les limites de passage à l'échelle, les freins à l'adoption, et l'incertitude réglementaire. La protection de la vie privée et la complexité de la vérification des credentials sont aussi des freins importants à une adoption généralisée.











