

Le slippage est un phénomène courant dans le trading de cryptomonnaies : il survient lorsqu’un ordre d’achat ou de vente est exécuté à un prix différent de celui prévu initialement. Cela se produit généralement lors de mouvements de marché rapides, car les conditions peuvent changer entre le moment où l’ordre est passé et celui de son exécution effective sur la plateforme.
Le slippage peut être positif ou négatif pour les traders. Un slippage positif permet d’obtenir un meilleur prix que prévu, tandis qu’un slippage négatif conduit à un prix moins avantageux. Par exemple, si un trader place un ordre d’achat de Bitcoin à 20 000 $, il peut finalement payer 20 050 $ ou seulement 19 950 $, selon la tendance du marché.
À noter : les ordres à cours limité garantissent l’absence de slippage, mais leur exécution peut être plus longue, voire partielle. Le slippage est plus fréquent avec les ordres au marché, en particulier lors de transactions volumineuses ou de périodes de forte volatilité.
Le slippage affecte toutes les classes d’actifs mais reste particulièrement marqué sur les marchés crypto, en raison d’une volatilité élevée et d’une liquidité souvent moins stable que sur les marchés financiers classiques. Deux causes principales sont à retenir :
Volatilité élevée des prix : Les marchés crypto sont réputés pour leurs variations extrêmes. Un trader peut saisir un ordre à un prix cible, mais dans un marché très réactif, les prix évoluent fortement en quelques secondes, entre la saisie et l’exécution de l’ordre. Des événements majeurs, l’intervention d’investisseurs importants ou des changements de sentiment de marché alimentent cette volatilité.
Faible liquidité : La liquidité mesure la facilité à acheter ou vendre un actif sans influencer son prix. Parfois, la liquidité fait défaut au prix souhaité pour exécuter l’ordre, qui sera alors rempli au prix disponible suivant, créant un écart avec le prix attendu. Les problèmes de liquidité touchent davantage les cryptos à faible capitalisation ou les paires peu échangées.
Exemple : après avoir vu Bitcoin coté à 20 000 $ sur un exchange, un trader décide d’acheter 1 BTC au prix du marché, espérant payer 20 000 $. Mais en raison d’un court délai de traitement, il règle finalement 20 050 $ — soit 50 $ de plus que prévu. Ce cas typique de slippage négatif illustre un prix d’exécution moins favorable qu’attendu.
Le slippage se mesure en montant absolu (dollars) ou en pourcentage. Son calcul est simple et permet d’en évaluer l’impact sur la transaction.
Dans l’exemple, si le trader pensait acheter 1 BTC à 20 000 $ mais paie 20 050 $, le slippage absolu est de -50 $ (le signe négatif reflète un slippage défavorable). Pour le pourcentage : (Prix effectif – Prix attendu) / Prix attendu × 100. Ici : (-50 $ / 20 000 $) × 100 = -0,25 %. Le trader subit donc un slippage négatif de 0,25 % par rapport à son attente.
La tolérance au slippage est une notion fondamentale pour tout trader crypto. La plupart des plateformes, qu’elles soient décentralisées (DEX) ou centralisées (CEX), permettent de définir le niveau de slippage accepté.
La tolérance au slippage correspond à l’écart de prix maximal accepté entre le prix attendu à la passation de l’ordre et le prix effectif lors de l’exécution. Elle s’exprime généralement en pourcentage de la valeur totale de la transaction. Par exemple, une tolérance de 1 % signifie accepter un prix jusqu’à 1 % au-dessus ou au-dessous du prix attendu. Bien paramétrer cette tolérance permet d’équilibrer exécution de l’ordre et gestion du risque de prix.
Les exchanges décentralisés (DEX) offrent un contrôle total des actifs, une grande transparence et l’absence d’intermédiaires. Cependant, le slippage y est généralement plus marqué que sur les CEX.
La cause réside dans le traitement des ordres via smart contracts : contrairement aux CEX, qui exécutent les transactions quasi instantanément, les DEX ne confirment pas les ordres immédiatement. Chaque transaction doit être validée sur la blockchain, ce qui engendre des délais dépendant de la vitesse du réseau, de la congestion et des frais de gas que l’utilisateur consent à payer.
Plus le délai entre la confirmation et l’exécution est long, plus les mouvements de prix et le slippage sont probables. Pendant l’attente, le prix des actifs fluctue — surtout en marché volatile —, générant un slippage souvent supérieur à celui observé sur CEX.
L’exécution d’une transaction sur la blockchain implique le paiement de gas fees aux validateurs. Ceux-ci priorisent les transactions sur le réseau. Lorsqu’une opération est soumise, elle entre dans une file d’attente en attente de traitement par les mineurs ou validateurs.
Pour limiter le slippage sur un DEX, il est possible de payer des gas fees plus élevés que la moyenne afin d’accélérer le traitement. Un ordre priorisé réduit le temps d’attente dans la file. Cette stratégie s’avère particulièrement appropriée lors de congestion réseau ou de volatilité marquée. Cependant, il convient d’évaluer le coût supplémentaire par rapport au bénéfice d’un slippage réduit.
La plupart des DEX reposent sur des blockchains Layer 1 telles qu’Ethereum, qui, malgré leur sécurité et leur décentralisation, sont limitées en scalabilité. Lorsque le réseau Ethereum est saturé, les transactions ralentissent et le risque de slippage augmente.
Les solutions Layer 2 permettent désormais de contourner ces problèmes. Elles traitent les transactions hors chaîne et en publient le résultat sur la chaîne principale, ce qui accélère considérablement l’exécution et évite la congestion du Layer 1.
Opter pour un DEX construit sur Layer 2 permet de bénéficier de transactions plus rapides, d’un risque de slippage réduit grâce à des délais de traitement courts, et de frais de gas nettement inférieurs. Arbitrum, Optimism et Polygon comptent parmi les principales plateformes Layer 2 qui optimisent l’expérience de trading.
Gardez à l’esprit qu’une tolérance au slippage faible peut rendre l’exécution des ordres plus difficile, notamment en période de volatilité. Mais elle permet aussi d’éviter des pertes importantes et inattendues, offrant un meilleur contrôle du risque.
Le trading sur les plateformes centralisées (CEX) propose plusieurs outils pour limiter l’impact du slippage, notamment les ordres à cours limité.
Ceux-ci permettent de définir précisément le prix d’achat ou de vente, et ne s’exécutent que si le marché atteint ce niveau. Leur principal atout est d’éliminer le slippage : le trader connaît le prix exact obtenu si l’ordre est exécuté, ce qui assure un contrôle rigoureux des coûts. En revanche, l’ordre peut rester non exécuté si le marché n’atteint pas le prix fixé.
Le moment de la transaction est déterminant pour limiter le slippage. Les investisseurs expérimentés privilégient les périodes de faible volatilité, évitant notamment les ouvertures et clôtures, où la liquidité est incertaine.
Il est également recommandé d’éviter de trader lors d’événements majeurs — annonces économiques, décisions de banques centrales, actualités majeures du secteur crypto — susceptibles de provoquer des mouvements brusques et d’augmenter le risque de slippage. Choisir des moments opportuns permet de limiter le risque et d’obtenir des prix plus conformes aux attentes.
Pour de gros volumes, il est judicieux de diviser les ordres en plusieurs transactions plus petites. Une exécution unique peut influencer le marché, surtout en cas d’actifs peu liquides.
En fractionnant l’ordre et en espaçant les exécutions, le trader réduit son impact sur le marché, limite la volatilité causée par ses propres opérations et minimise les pertes liées au slippage. Cette méthode peut cependant entraîner davantage de frais et rallonger la durée totale de la transaction.
L’importance du slippage dépend du profil d’investisseur et du montant des transactions. Pour un investisseur long terme effectuant peu d’opérations, un slippage de -0,5 % contre -0,25 % reste négligeable, car la variation de prix à long terme prime sur ces écarts minimes.
À l’inverse, les investisseurs engagés sur de gros montants peuvent voir des pertes de -0,25 % à -0,5 % s’accumuler rapidement. Par exemple, sur 100 000 $, 0,25 % représente 250 $, et 0,5 % équivaut à 500 $. Pour les institutionnels ou traders actifs, l’impact devient significatif.
Les day traders et scalpers, qui multiplient les transactions, doivent accorder une attention particulière à la réduction du slippage. Une perte répétée de -0,25 % peut éroder les gains quotidiens. Dans ces cas, optimiser la stratégie pour minimiser le slippage devient essentiel.
Le slippage désigne l’écart entre le prix attendu et le prix effectif lors de l’exécution d’un ordre. Il survient lors de variations rapides du marché, notamment pour les transactions à forte valeur ou faible liquidité, et impacte directement la rentabilité du trading.
Le slippage découle d’une forte volatilité, de volumes élevés et d’une liquidité insuffisante, qui génèrent des écarts entre prix attendu et prix exécuté.
Analysez l’historique des prix pour estimer la volatilité, et utilisez la formule : slippage = (prix effectif – prix attendu) / prix attendu × 100 %. Ajustez votre tolérance de prix selon la volatilité et le volume sur le marché.
Utilisez des ordres à cours limité pour fixer des prix précis et éviter le slippage inattendu. Privilégiez les périodes à forte liquidité pour limiter les écarts. Surveillez le marché en continu et adaptez votre stratégie pour optimiser vos entrées et sorties.
Le slippage positif correspond à un prix d’exécution meilleur que prévu, avantageant le trader. Le slippage négatif correspond à un prix moins favorable, entraînant une perte.
Les plateformes à faibles frais, comme Bybit (frais spot 0,1 %, futures 0,055 %) et Binance (frais spot 0,1 %, futures 0,05 %), sont de bonnes options. Sélectionnez une plateforme selon les frais, la liquidité, l’ergonomie et la fiabilité.











