
L’affaire Mt. Gox demeure le plus grand piratage de l’histoire du Bitcoin. En 2014, environ 850 000 bitcoins ont disparu de Mt. Gox, alors leader mondial des plateformes d’échange Bitcoin. En juin 2024, les créanciers ont été informés de l’ouverture des remboursements, un événement qui continue de façonner le marché. Cet article propose une synthèse claire et accessible sur le contexte de l’incident et le processus de remboursement qui l’a suivi.
En 2014, des pirates ont infiltré Mt. Gox, entraînant la perte d’environ 850 000 BTC appartenant à la fois aux utilisateurs et à la société. Suite à cela, Mt. Gox a déposé le bilan, causant d’importantes pertes à de très nombreux investisseurs. À l’époque, la valeur des bitcoins volés était estimée à 47 milliards ¥, ce qui a porté un coup dur au marché du Bitcoin.
Cet événement a marqué un tournant pour l’ensemble du secteur crypto, révélant l’importance cruciale de la sécurité des plateformes d’échange. Il a suscité un renforcement de la régulation et l’élaboration de standards professionnels. Les investisseurs ont compris la nécessité d’évaluer la sécurité des exchanges avant de négocier.
Mt. Gox a été fondé en 2009 par Jed McCaleb. Initialement, il s’agissait d’une plateforme d’échange de cartes « Magic: The Gathering », avant de se consacrer au Bitcoin en 2010. McCaleb a perçu le potentiel de la cryptomonnaie et a adapté son modèle d’affaires.
Mark Karpelès, programmeur français, a repris l’entreprise en mars 2011, renforçant la base technique de Mt. Gox et augmentant les volumes d’échange. Sous sa direction, la plateforme a connu un essor fulgurant : en 2013, Mt. Gox traitait 70 % des transactions mondiales sur Bitcoin et s’imposait comme une force dominante du marché.
Cette croissance rapide, soutenue par la flambée du Bitcoin, a propulsé Mt. Gox au centre de l’industrie crypto. Cependant, la sécurité n’a pas suivi cette expansion, ouvrant la voie à un piratage majeur.
Le 19 juin 2011, Mt. Gox a subi des pertes de plus de 8,75 millions $ lors d’un piratage. Les agresseurs ont utilisé l’ordinateur compromis d’un auditeur pour accéder aux identifiants, s’emparant illicitement d’une grande quantité de bitcoins. Durant l’attaque, le prix du Bitcoin a été artificiellement abaissé à un centime.
Ce premier piratage préfigurait la brèche bien plus grave à venir et a exposé des failles de sécurité majeures. En prenant le contrôle des systèmes et en manipulant les cours, les pirates ont acheté du Bitcoin à des tarifs dérisoires. Malgré les déclarations de Mt. Gox sur le renforcement de la sécurité, les vulnérabilités sont restées présentes.
Si cet incident sonnait l’alerte sur la sécurité des exchanges, les normes du secteur étaient encore embryonnaires à l’époque.
En février 2013, le Department of Homeland Security américain a imposé des exigences anti-blanchiment, ce qui a entraîné la suspension temporaire de Mt. Gox. En mai, CoinLab a intenté un procès de 75 millions $, gelant l’accès de l’exchange au système bancaire américain. Ce coup dur a aggravé la crise de liquidités et fragilisé la situation financière de Mt. Gox.
Le 15 mai 2013, les autorités américaines ont saisi les fonds de la filiale américaine de Mt. Gox, empêchant les transferts et rendant impossible le traitement des retraits utilisateurs. Ce gel a porté un coup sévère à la réputation de la plateforme.
Les difficultés juridiques avec les agences américaines ont mis au jour des faiblesses internes et accentué les doutes sur la solidité de Mt. Gox.
Du 11 au 12 avril 2013, Mt. Gox a interrompu les échanges pour apaiser une surchauffe du marché. Le prix du Bitcoin a baissé durant la suspension, puis s’est redressé à la reprise. Le 20 juin, les retraits en dollars américains ont été stoppés, avec une reprise bien plus tardive.
Le 7 février 2014, Mt. Gox a suspendu les retraits de Bitcoin, invoquant un problème de « malléabilité des transactions » — une faille technique permettant d’altérer les identifiants de transaction Bitcoin et de générer des fraudes.
Cette faiblesse, inhérente au protocole Bitcoin, permettait aux pirates de modifier les identifiants et de retirer plusieurs fois les mêmes bitcoins. Le gel des retraits annonçait la fermeture prochaine de la plateforme.
Le 24 février 2014, Mt. Gox a arrêté tous les échanges et fermé son site. Des documents internes ont révélé la perte d’environ 850 000 bitcoins lors d’un piratage : 750 000 BTC provenaient des utilisateurs et 100 000 BTC de la société.
Cette révélation a secoué l’industrie crypto, provoquant une chute brutale du Bitcoin. De nombreux utilisateurs ont perdu l’accès à leurs avoirs et paniqué. Le site de Mt. Gox est devenu inaccessible, empêchant tout suivi des fonds.
Ce drame a mis en lumière les risques des exchanges centralisés, accélérant l’essor des plateformes décentralisées et l’importance pour les utilisateurs de gérer eux-mêmes leurs clés privées.
Le 28 février 2014, Mt. Gox a sollicité une réhabilitation civile, lançant la procédure de faillite. Le tribunal de district de Tokyo a ouvert la faillite le 24 avril 2014. Les pertes ont été considérables pour les investisseurs et ont eu un impact sur l’ensemble du marché Bitcoin.
La procédure a posé un cadre légal pour le remboursement des créanciers, mais elle s’est révélée complexe et longue, de nombreux créanciers attendant toujours d’être dédommagés.
Un administrateur judiciaire a été mandaté pour recenser les avoirs restants et organiser une distribution équitable. Certains bitcoins ont pu être récupérés, entraînant de nouveaux développements.
Le 1er août 2015, Mark Karpelès, ancien CEO, a été arrêté pour détournement de fonds. Il était accusé de manipulation de système et de falsification de données électroniques. En mars 2019, il a été condamné mais acquitté du détournement de fonds professionnel.
L’arrestation et le procès de Karpelès ont permis de révéler les détails de l’affaire. L’accusation l’a soupçonné d’avoir manipulé les systèmes de Mt. Gox et détourné les fonds clients. Cependant, le tribunal a estimé les preuves insuffisantes pour le détournement professionnel et l’a acquitté sur ce point.
Il a été reconnu coupable de manipulation de système et condamné à deux ans et demi de prison avec un sursis de quatre ans. Ce verdict a précisé les responsabilités des opérateurs d’exchanges et les obligations légales en matière de gestion d’actifs.
En mars 2018, l’administrateur judiciaire a vendu des bitcoins et du Bitcoin Cash, obtenant environ 46 milliards ¥ pour les remboursements. Le processus a rencontré de nombreux obstacles, et les remboursements en Bitcoin et Bitcoin Cash doivent débuter en juillet 2024.
La procédure reste longue et complexe, de nombreux créanciers attendant encore leur indemnisation complète. L’administrateur a dû vérifier rigoureusement les créances et élaborer des méthodes de distribution équitables.
Avec l’envolée du Bitcoin après l’incident, le mode de remboursement (liquidités ou crypto) a fait débat. En définitive, les créanciers pouvaient choisir un remboursement en espèces, en Bitcoin ou en Bitcoin Cash.
En décembre 2023, les créanciers ont commencé à percevoir des paiements en yens. Le processus est toujours en cours, et la compensation intégrale de tous les demandeurs prendra encore du temps. Le 5 juillet 2024, la distribution de Bitcoin et de Bitcoin Cash a démarré.
Le remboursement soulève d’importants défis juridiques et techniques, comme la vérification d’identité et la sécurisation des transferts crypto. Ces obstacles sont progressivement surmontés à mesure que le processus avance.
La durée du remboursement a poussé certains créanciers à céder leurs créances à des tiers, ce qui complique encore la situation. L’administrateur poursuit ses efforts pour garantir un remboursement équitable et efficace dans ce contexte complexe.
24 juin 2024 : L’administrateur Mt. Gox annonce le début des remboursements en Bitcoin et Bitcoin Cash pour juillet 2024 — une étape clé après de longues procédures juridiques et techniques.
5 juillet 2024 : L’administrateur commence la distribution de Bitcoin et Bitcoin Cash, permettant à de nombreuses victimes de récupérer une partie de leurs fonds.
16 juillet 2024 : Les principales plateformes vont recevoir les fonds de l’administrateur et commencer les remboursements, un progrès concret pour les victimes.
18 juillet 2024 : Plusieurs tentatives de connexion non autorisées sont détectées sur le site de remboursement Mt. Gox, soulignant l’importance de la sécurité.
21 juillet 2024 : Les avoirs Bitcoin de Mt. Gox passent à 89,8K BTC — soit une baisse de 51,9K BTC depuis le 4 juillet —, ce qui indique la fin des transferts vers les principales plateformes et des distributions imminentes aux détenteurs. L’analyse d’On-Chain College tend à montrer que les craintes de ventes massives sont exagérées et que l’impact sur le marché sera probablement limité.
Ces événements traduisent des avancées concrètes dans le processus de remboursement, bien que les inquiétudes sur l’impact de marché subsistent. Selon les experts, l’effet réel devrait être moindre qu’anticipé.
L’incident Mt. Gox a provoqué une onde de choc sur le marché Bitcoin. La confiance a disparu, les prix se sont effondrés avant de se redresser. En réponse, le Japon a appliqué la Loi révisée sur les services de paiement le 1er avril 2017, rendant l’enregistrement et la régulation des exchanges obligatoires.
Désormais, les plateformes doivent s’enregistrer auprès de la Financial Services Agency, séparer les fonds des clients et renforcer la sécurité. Des audits réguliers et des obligations de reporting ont été instaurés, ce qui accroît la transparence et la confiance.
Cet épisode a marqué un tournant pour l’écosystème crypto, stimulant la prise de conscience de la sécurité et l’évolution réglementaire. Ses enseignements pèsent encore sur les standards actuels des exchanges.
L’incident a mis en évidence la nécessité d’une sécurité renforcée dans l’univers crypto. Les plateformes doivent renforcer leurs protections, et les utilisateurs doivent sécuriser leurs actifs. L’authentification à deux facteurs et le stockage à froid sont des améliorations clés.
Ces pratiques augmentent la sécurité des transactions et restaurent la confiance des utilisateurs. Une sécurité insuffisante expose les fonds à des risques. Les opérateurs doivent adopter les technologies de pointe et effectuer des audits réguliers pour minimiser les menaces.
Principales mesures de sécurité :
Une démarche globale basée sur ces mesures permettrait d’éviter des piratages majeurs comme celui de Mt. Gox.
L’affaire Mt. Gox reste une leçon majeure de l’histoire crypto. Elle a permis de mieux cerner les besoins en matière de sécurité et de régulation, contribuant à la maturité du marché. Une vigilance constante et des standards élevés sont essentiels pour un trading sécurisé.
Les utilisateurs doivent renforcer leur vigilance et privilégier des environnements d’échange sécurisés. Lors du choix d’une plateforme, il est crucial de vérifier sa sécurité, sa conformité et de choisir des acteurs reconnus.
L’auto-conservation des actifs demeure cruciale. Au-delà du dépôt sur une plateforme, il est important de gérer soi-même son portefeuille et de protéger ses clés privées pour limiter les risques. Les leçons de Mt. Gox contribuent à bâtir un écosystème crypto plus sûr et plus fiable.
L’incident Mt. Gox désigne une perte massive de bitcoins en 2014. La principale plateforme d’échange mondiale a perdu environ 850 000 bitcoins et s’est effondrée. Cet événement a sensibilisé largement aux risques de conservation crypto et à la nécessité de sécuriser les plateformes.
L’incident a débuté le 19 juin 2011, lorsque des hackers ont volé environ 8,75 millions $ en bitcoins. L’exchange a finalement fait faillite en 2014, et la procédure de remboursement se poursuit.
Environ 750 000 BTC des clients ont été perdus. En 2014, cela représentait près de 11,4 milliards ¥.
L’incident est dû à un piratage causé par des failles de sécurité. Près de 850 000 bitcoins ont été dérobés, aboutissant à la faillite. Les vulnérabilités de sécurité ont joué un rôle central.
En 2026, les remboursements s’effectuent par étapes. Depuis 2023, la réhabilitation menée par le tribunal de Tokyo a permis plusieurs vagues de paiements, mais l’indemnisation totale n’est pas encore achevée.
L’incident souligne la nécessité de sécuriser les fonds clients et les plateformes. Si la confiance dans Bitcoin a été temporairement ébranlée, les avancées sectorielles en matière de sécurité ont favorisé la maturité du marché à long terme.
La date limite finale de remboursement est le 31 octobre 2026. Les remboursements s’échelonnent par phases, l’échéance initiale du 31 octobre 2025 ayant été repoussée.











