Dans l’écosystème blockchain actuel, les limitations de performance représentent l’un des principaux obstacles à l’adoption à grande échelle. À mesure que la DeFi, le jeu sur la blockchain, la SocialFi et les applications de trading à haute fréquence se développent, la congestion des réseaux, la volatilité des frais de gas et les délais de transaction deviennent de plus en plus fréquents. Sans architecture sous-jacente capable de gérer une forte concurrence et une faible latence, les applications Web3 peinent à offrir une expérience comparable à celle du Web2. Ainsi, les blockchains publiques à haute performance ne sont pas de simples évolutions techniques, mais constituent une infrastructure essentielle pour l’adoption massive.
Cet article propose une analyse structurée de l’architecture technique de Monad. Il détaille comment le réseau atteint plus de 10 000 TPS grâce à l’exécution parallèle des transactions, au consensus MonadBFT, à un modèle d’exécution asynchrone et à l’optimisation de la base de données d’état. L’article compare également Monad à Ethereum et à d’autres blockchains Layer1 à haute performance, tout en explorant les axes d’évolution potentiels. L’objectif est d’apporter une compréhension claire de la logique technique derrière les gains de performance de Monad.
Dans l’univers blockchain, la performance se mesure généralement selon trois critères : TPS, temps de confirmation et coût de transaction. La majorité des blockchains compatibles EVM majeures, dont Ethereum, utilisent un modèle d’exécution sérielle où les transactions sont traitées strictement les unes après les autres. Si cela garantit déterminisme et cohérence, cela limite fortement le débit.
Avec l’expansion de la DeFi, des NFT et du gaming Web3, les interactions utilisateurs se sont multipliées. Résultat : congestion fréquente, hausse des frais de gas et délais de transaction accrus. Ces problèmes nuisent directement à l’expérience utilisateur et affaiblissent l’écosystème.
Les mécanismes de consensus classiques, qu’il s’agisse du Proof of Work ou de modèles BFT sériels, impliquent également des compromis entre sécurité et performance. Accroître le débit et réduire le temps de finalité sans sacrifier décentralisation et sécurité est donc devenu un axe majeur de recherche en ingénierie blockchain.

Conçue comme une blockchain Layer1 à haute performance et compatible EVM, l’architecture de Monad combine plusieurs couches clés :
La coordination de ces éléments permet à Monad d’atteindre plus de 10 000 TPS et de réduire le temps de finalité d’un bloc à environ 0,8 à 1 seconde, dépassant ainsi de nombreuses chaînes existantes.
Les blockchains EVM classiques exécutent les transactions de façon sérielle : chaque transaction attend la fin de la précédente, même sans interaction avec le même état. L’une des innovations majeures de Monad repose sur son modèle d’exécution parallèle.
Ce gain d’efficacité s’appuie sur plusieurs mécanismes :
Ce modèle transforme le traitement des transactions d’une voie unique en une autoroute à plusieurs voies, multipliant le débit. La capacité théorique peut dépasser 10 000 TPS.
Dans les systèmes distribués, le consensus garantit à tous les nœuds l’accord sur l’ordre des transactions. Monad utilise le protocole MonadBFT, un consensus Byzantine Fault Tolerant léger et efficace, inspiré de HotStuff et optimisé pour réduire les échanges et la latence de validation.
Les principales optimisations sont :
Ces avancées permettent à Monad d’augmenter la performance tout en maintenant les garanties de sécurité décentralisée.

L’architecture Monad va au-delà de l’optimisation de l’exécution en introduisant des mécanismes d’exécution asynchrone et différée.
Les principes fondamentaux sont :
Cette conception accélère le débit global, l’exécution ne constituant plus un goulot d’étranglement pour le consensus. Associée au traitement parallèle, elle permet d’atteindre des performances exceptionnelles.
La compatibilité EVM est indispensable à l’adoption, la majorité des smart contracts et outils de développement reposant sur ce standard. Monad la garantit par plusieurs approches :
Ce compromis entre compatibilité et performance réduit les coûts de migration tout en offrant des gains de vitesse importants.
Contrairement au modèle d’exécution sérielle et aux délais de confirmation d’Ethereum, l’exécution parallèle et le consensus rapide de Monad conviennent aux environnements à haut débit. Face à d’autres blockchains Layer1 à haute performance comme Solana, Monad conserve une pleine compatibilité EVM, répondant ainsi aux enjeux de migration et d’outillage rencontrés sur les chaînes non EVM.
À la différence des solutions Ethereum Layer2, Monad ne requiert ni bridges inter-chaînes ni validateurs externes. En tant que réseau Layer1 indépendant, il fournit un haut débit et une faible latence de manière native, tout en restant interopérable avec l’écosystème EVM.
À l’avenir, l’évolution technique de Monad pourrait cibler plusieurs axes :
Ces avancées pourraient encore accroître la performance, la sécurité et la diversité de l’écosystème.
La performance de Monad ne résulte pas d’une seule avancée, mais de la combinaison de l’exécution parallèle, du consensus optimisé, de l’architecture asynchrone et de la compatibilité EVM totale. En dépassant les limites de l’exécution sérielle, Monad atteint un débit supérieur à 10 000 TPS et une finalité sous la seconde. Pour les applications nécessitant hautes performances et faible latence sans sacrifier la compatibilité, Monad s’impose comme un modèle d’architecture pertinent et pourrait façonner la prochaine génération d’infrastructures blockchain.





