À la suite des frappes militaires américaines et israéliennes contre l’Iran, les réseaux sociaux ont connu une hausse des messages alertant sur d’éventuelles perturbations majeures du minage de Bitcoin, parmi lesquelles :
Certains prédisent même qu’en cas d’effondrement du régime iranien, le marché pourrait subir un choc d’offre. Toutefois, de nombreux observateurs du secteur estiment que ces affirmations sont exagérées.
Wolfie Zhao, directeur de la recherche chez TheMinerMag, précise que, même en cas de perturbation du réseau électrique iranien due au conflit, cela ne constituerait pas une menace significative pour le réseau mondial. Il souligne que l’ampleur du minage en Iran reste bien inférieure à celle observée lors de la répression généralisée du minage en Chine en 2021, qui demeure la référence pour la volatilité du hashrate mondial.
Selon CoinWarz :

(Source : CoinWarz)
Dans l’ensemble, les fluctuations du hashrate restent proches des sommets historiques et l’effondrement spectaculaire évoqué sur le marché ne s’est pas produit.
Depuis 2019, l’Iran a légalisé le minage de cryptomonnaies, mais le secteur doit composer avec plusieurs contraintes :
Ethan Vera, COO de Luxor Technology, indique que même si les fermes de minage iraniennes devaient temporairement cesser leurs activités, les temps de génération de blocs et la sécurité du réseau resteraient pratiquement inchangés. Il estime la part de l’Iran dans le hashrate mondial à moins de 1 %, soit bien en deçà des chiffres circulant dans la communauté.

Après le déclenchement du conflit, le prix du Bitcoin a brièvement chuté avant de rebondir. Les analystes relèvent que la volatilité à court terme est principalement liée au sentiment de risque sur le marché, et non à des problématiques structurelles du côté du minage. Au moment de la rédaction, sur le marché de prédiction Myriad, la probabilité estimée d’un effondrement du régime iranien avant octobre était tombée à 39 %, ce qui traduit un net refroidissement du sentiment de marché.
La société d’analyse Blockchain Chainalysis rapportait plus tôt cette année que l’économie crypto de l’Iran pourrait atteindre 7,78 milliards de dollars d’ici 2025, certaines activités étant liées à des entités affiliées à l’État. Par ailleurs, la société d’analyse Elliptic a observé qu’au cours des minutes ayant suivi la première frappe militaire, les sorties de capitaux depuis les plateformes iraniennes ont bondi de 700 %, reflétant une réallocation rapide des actifs par les investisseurs.
Si la montée des risques géopolitiques a alimenté la spéculation sur le marché, la plupart des experts s’accordent à dire que l’activité minière iranienne reste limitée en volume et ne devrait pas constituer une menace majeure pour le fonctionnement du réseau Bitcoin. À court terme, la volatilité des prix s’explique davantage par le sentiment de marché et l’appétit pour le risque macroéconomique que par une chute systémique de l’offre de hashrate.





