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Le Brésil adopte une nouvelle loi pour convertir les cryptomonnaies saisies en fonds publics
Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a signé la loi n° 15 358, qui donne aux juges le pouvoir de geler, saisir et confisquer les crypto-monnaies et autres actifs liés à des organisations criminelles.
Cette loi, également connue sous le nom de Cadre juridique pour la lutte contre la criminalité organisée ou Loi Raul Jungmann, permet aux tribunaux de prendre ces mesures lors d’enquêtes, même sans condamnation pénale, et prévoit de transformer les actifs saisis en fonds publics tout en empêchant les suspects de conserver le contrôle de ceux-ci.
Ce qui distingue cette loi des lois classiques contre la criminalité organisée
Ce qui différencie cette loi des autres législations sur la criminalité organisée dans la région, c’est son accent sur la finance numérique.
L’article 9 donne aux juges le pouvoir de bloquer immédiatement les actifs numériques, les transferts instantanés Pix, et les transactions sur les plateformes de crypto-monnaies, sans en informer l’accusé, à la demande des procureurs ou de la police.
Pix, lancé par la Banque centrale du Brésil, permet aux particuliers et aux entreprises d’envoyer ou de recevoir de l’argent 24/7, instantanément, en utilisant simplement un email, un numéro de téléphone ou un code unique appelé clé Pix.
Si les actifs sont clairement liés à une activité illégale, ils peuvent être vendus avant une condamnation définitive via un processus de « confiscation extraordinaire ». Les recettes sont dirigées vers les fonds de sécurité fédéraux et étatiques, transformant ainsi le Bitcoin saisi, les stablecoins et autres jetons en ressources pour les forces de l’ordre.
L’ampleur du secteur crypto au Brésil
La cryptomonnaie connaît une croissance plus rapide que les investissements traditionnels au Brésil, avec environ 6,5 millions de personnes investissant activement dans des actifs numériques en février 2026, selon Crystal Intelligence.
Les stablecoins tels que USDT et USDC dominent l’activité, représentant environ 90 % du volume total des transactions, un schéma que les autorités considèrent depuis longtemps comme un indicateur de fuite des capitaux et de blanchiment d’argent.
La crypto au Brésil alimente à la fois la criminalité numérique et celle du monde réel. Réseaux criminels organisés, escroqueries, ransomwares et kidnappings menacent collectivement la sécurité nationale et les investisseurs individuels.
De 2,4 milliards de dollars blanchis par le PCC à 54 milliards de dollars perdus dans les escroqueries de 2024, l’écosystème est constamment sous menace.
Le cadre juridique de 2026 impose la transparence, les normes KYC/AML, la déclaration transfrontalière, et permet l’utilisation provisoire des actifs saisis. La surveillance basée sur le renseignement est essentielle pour atténuer ces risques complexes de criminalité financière.
Des sanctions plus sévères contre la criminalité organisée
La nouvelle législation établit un cadre juridique complet pour lutter contre les organisations criminelles ultra-violentes, les groupes paramilitaires et les milices privées. Elle crée deux nouveaux crimes, notamment la domination sociale structurée et l’aide à la domination sociale structurée, avec des peines de prison allant de 12 à 40 ans.
En plus d’étendre les pouvoirs de saisie et de confiscation des actifs, la loi impose des délais procéduraux plus stricts, permettant une intervention judiciaire dans les entreprises liées à des groupes criminels, et prévoit une détention fédérale en prison de haute sécurité pour les dirigeants.
La loi modifie également le Code pénal, le Code de procédure pénale et plusieurs autres lois pour augmenter les sanctions pour les infractions connexes.
Divulgation : Cet article a été édité par Vivian Nguyen. Pour plus d’informations sur la façon dont nous créons et révisons le contenu, consultez notre Politique éditoriale.