
IOU signifie « I Owe You » (« Je vous dois »). Ce concept, bien connu en finance traditionnelle (TradFi), sert à reconnaître l’existence d’une dette. Un IOU est un document qui atteste et reconnaît de manière explicite une dette spécifique entre deux parties.
Ces documents jouent un rôle essentiel dans les accords financiers en précisant la relation débiteur-créancier. Un IOU ne doit pas nécessairement être matérialisé : il peut également s’agir d’un simple accord verbal spécifiant le montant dû, les modalités de remboursement et les conditions.
Les IOU servent de rappels semi-officiels de dettes en cours. Certains mentionnent le nom des deux parties, d’autres se contentent d’indiquer la dette sans désigner les individus.
En pratique, les IOU sont largement utilisés dans les transactions entre particuliers ou au sein des petites entreprises, car ils offrent une solution souple pour consigner emprunts et prêts sans mécanismes juridiques complexes. Il convient toutefois de souligner qu’en général, les IOU ne disposent pas de la force exécutoire d’un contrat formel.
À présent que la notion de IOU est claire, examinons son application dans l’univers crypto. Un IOU token est un actif numérique représentant une dette ou une promesse entre deux parties, émis sur un réseau blockchain. Il fait office de contrat reconnaissant une obligation spécifique.
Différents types d’actifs peuvent servir de garantie pour un IOU token. Ils sont souvent employés comme tokens de substitution pour des cryptomonnaies qui ne sont pas encore lancées. Cela est particulièrement pertinent lors d’ICO (Initial Coin Offering) ou pour des projets blockchain en phase de développement.
Une caractéristique majeure des IOU tokens est qu’ils ne sont associés à aucune devise en particulier. Cette souplesse en fait une solution flexible et économique face aux méthodes traditionnelles. Les IOU tokens peuvent également être négociés sur des exchanges décentralisés, offrant ainsi une liquidité immédiate à leurs détenteurs.
La technologie blockchain apporte transparence, immuabilité et automatisation du suivi via les smart contracts à la création et à l’utilisation des IOU tokens.
Exemple d’un accord traditionnel :
Ce contrat IOU prend effet à compter du [Date de l’IOU], entre [Nom du créancier] et [Nom complet du créancier].
1. Obligation de dette
Le débiteur confirme et accepte qu’il doit au créancier un montant dû à [Brève description de l’opération crypto ou motif de la dette].
2. Dates
La date du présent IOU est [Date], et la dette doit être intégralement remboursée au plus tard le [Date de remboursement].
3. Promesse de paiement
Le débiteur s’engage à verser au créancier le montant dû, conformément au présent accord, à la date d’échéance prévue ou avant.
4. Montant
Le débiteur règlera la somme totale de [Montant dû] auprès du créancier pour éteindre la dette. Le paiement s’effectuera ainsi : [Préciser le mode de paiement ; bitcoin].
5. Informations complémentaires
La dette portera intérêt à un taux spécifique en cryptomonnaie par an, à compter de [Date de l’IOU] jusqu’à son remboursement intégral.
Ce modèle d’IOU offre une structure de base pour les accords de dette en crypto. Dans la pratique, les modalités peuvent différer selon la nature de la transaction et la relation entre les parties.
Les IOU tokens sont des représentations on-chain de dette, créées comme des enregistrements immuables des obligations entre deux parties. Un IOU token standard pourrait être rédigé ainsi :
Moi, Bob, confirme et promets de prêter à Chelsea X bitcoin. En retour, Chelsea s’engage à rembourser à Bob les mêmes X bitcoin avant la date de remboursement.
Ce IOU token symbolise l’engagement des deux parties à respecter leurs obligations financières.
Bob crée un IOU token sur une plateforme blockchain comme Ethereum en déployant un smart contract. Ce contrat précise les termes de sujétion, tels que le montant, le calendrier de remboursement et le taux d’intérêt.
Après déploiement, le IOU token est généré et envoyé dans le portefeuille crypto de Chelsea, matérialisant l’accord de prêt.
À la date convenue, Chelsea transfère les X bitcoin empruntés de son portefeuille vers celui de Bob, intérêts compris. Le smart contract met alors automatiquement à jour le solde restant et suit les remboursements.
Une fois la dette, intérêts inclus, intégralement remboursée, le IOU token est marqué comme soldé dans le smart contract, clôturant l’accord de prêt.
Ce processus illustre le potentiel de la blockchain pour automatiser et rendre transparentes les opérations de prêt. Les smart contracts éliminent les intermédiaires et assurent l’exécution automatique et rigoureuse des termes de l’accord.
Un billet à ordre poursuit un objectif similaire à celui d’un IOU : il constate et consigne une dette à une date précise, mais il est bien plus détaillé. Certaines entreprises traditionnelles considèrent les billets à ordre comme des instruments financiers cessibles. Les deux parties doivent co-signer le billet à ordre.
Il mentionne également le nom du payeur, le montant du principal dû et la date de début de l’accumulation des intérêts.
La différence majeure : un billet à ordre constitue un contrat juridiquement exécutoire. Il possède donc une valeur légale en cas de recours devant les tribunaux.
À titre comparatif, voici un exemple simple d’IOU :
Je reconnais envers le créancier X lui devoir 1 000 $.
Exemple simple de billet à ordre :
Moi, [Nom complet du débiteur], m’engage à payer au créancier X 1 000 $. Le remboursement aura lieu en quatre versements de 250 $ avec 5 % d’intérêts, à verser durant les cinq premiers jours de chaque mois jusqu’au paiement complet.
Cette distinction est essentielle pour apprécier la protection juridique apportée par chaque document. Les IOU reposent principalement sur la confiance, tandis que les billets à ordre offrent un cadre légal robuste pour le recouvrement.
Dans certains contextes, les IOU tokens servent de « carte de sortie de prison » pour des plateformes crypto ayant sur-emprunté et endettées envers leurs utilisateurs.
Après un piratage de 72 millions de dollars ayant vidé les comptes utilisateurs d’une grande plateforme bitcoin, celle-ci a émis des BFX tokens à destination des victimes pour compenser les pertes. De même, un pool de minage bitcoin a distribué ses propres IOU tokens à ses clients après avoir gelé les actifs pour préserver la liquidité.
Via PoolinWallet, la plateforme a lancé six IOU tokens : IOUBTC, IOUETH, IOUUSDT, IOULTC, IOUZEC et IOUDoge, correspondant chacun aux avoirs initiaux de BTC, ETH, USDT, LTC, ZEC et Doge des utilisateurs, à parité 1:1.
Un ancien directeur commercial d’une plateforme centralisée a récemment sollicité des retours sur Twitter, notamment sur le potentiel du modèle IOU token pour aider les clients à récupérer des fonds perdus.
L’ex-dirigeant de plateforme de trading Tackett a commenté :
À défaut d’autre chose, un token offre une liquidité immédiate sur vos actifs restants [...] Un token présente aussi un potentiel de revalorisation. Par exemple, le BFX a été converti en actions qui ont rapporté plus de 2 $ de dividendes, en plus de la valeur des actions, pour chaque dollar perdu.
Je n’ai aucune certitude quant au modèle de token adapté à ce type de situation, car il ne s’agit pas seulement de représenter une dette – il faut également tenir compte de la part d’actifs illiquides existants.
De même, une plateforme de prêt crypto en cours de restructuration à la suite d’une faillite a proposé de rembourser ses clients en émettant un nouveau type d’IOU token, « Asset Share Tokens », pour les créanciers. Ces tokens pourraient être vendus – représentant la valeur des actifs bloqués – ou conservés (HODL) pour percevoir des dividendes.
Ces exemples illustrent comment les IOU tokens servent à résoudre les crises de liquidité dans le secteur crypto. S’ils ne constituent pas une solution parfaite, ils contribuent à préserver la confiance des utilisateurs et offrent un chemin de sortie aux plateformes en difficulté.
Les IOU tokens présentent divers avantages pour les détenteurs :
Un atout majeur est la sécurité et la garantie offertes aux détenteurs. Un IOU token, une fois créé, ne peut être ni modifié ni supprimé. Il instaure ainsi une relation de dette pérenne et inscrite au registre.
L’immuabilité de la blockchain garantit l’enregistrement permanent de chaque opération sur un registre distribué. Aucun acteur ne peut modifier unilatéralement les termes de l’accord une fois inscrits sur la blockchain. Cette transparence favorise un climat de confiance entre toutes les parties concernées.
Les IOU tokens ne sont rattachés à aucune devise précise. Leurs modalités relèvent entièrement de l’accord entre les parties.
Cette souplesse permet d’adapter les accords : choix de la cryptomonnaie, calendrier de remboursement ou conditions particulières. Cela s’avère particulièrement utile dans les opérations transfrontalières, où plusieurs devises peuvent être utilisées sans conversion complexe.
Les IOU tokens ne sont pas des titres légaux. Néanmoins, lorsqu’ils sont émis par des plateformes débitrices envers leurs utilisateurs, ils permettent un suivi efficace et un recouvrement des dettes.
Les smart contracts autorisent l’exécution automatique des conditions du IOU. Par exemple, à l’échéance, un smart contract peut déclencher un transfert ou un rappel automatique, réduisant les interventions manuelles et assurant le respect des engagements dans les délais.
La transparence de la blockchain permet à toutes les parties – voire à des tiers – de vérifier à tout moment la situation de la dette. Cela renforce la responsabilité et limite le risque de litige.
Les IOU sur blockchain permettent aux acteurs de créer des tokens représentant des relations de dette. Ces IOU tokens crypto remplissent la même fonction que leurs équivalents traditionnels, tout en bénéficiant de l’immuabilité de la blockchain. Ils jouent aussi un rôle clé dans la restitution de fonds bloqués ou gelés lors de crises de liquidité. Les IOU tokens illustrent de façon exemplaire la transformation des pratiques de la finance traditionnelle via les outils DeFi.
L’intégration de la blockchain aux IOU traditionnels ouvre de nouvelles perspectives : sécurité accrue, transparence et, surtout, liquidité instantanée via la négociation sur des exchanges décentralisés.
À l’avenir, les IOU tokens pourraient devenir la norme dans des domaines comme le prêt entre particuliers ou le financement de la chaîne logistique. Avec la montée en puissance de la blockchain, ces tokens pourraient s’imposer comme un outil financier standard, reliant la finance traditionnelle au monde décentralisé de la crypto.
Un IOU est un certificat numérique matérialisant une dette ou un engagement de paiement futur. Il sert de registre entre parties, permettant le suivi des dettes sur la blockchain avec une transparence et une auditabilité totales.
Un IOU représente une dette d’entreprise garantie par ses actifs, alors qu’un stablecoin est adossé à une valeur stable telle que la monnaie fiduciaire ou d’autres actifs. Les IOU ne sont pas nécessairement indexés sur une valeur stable.
Les risques majeurs sont : les IOU ne représentent pas de fonds réels sur la blockchain, sont hautement spéculatifs, n’offrent aucune garantie émetteur, n’ont pas de valeur intrinsèque réelle et présentent un risque de perte si l’émetteur ne rembourse pas.
Les IOU sont largement utilisés sur des exchanges comme Hotcoin. L’exemple le plus connu est Pi Network [IOU], négocié sous la paire PI/USDT avec un volume significatif. Les IOU représentent en général des actifs émis sur des plateformes blockchain ou des exchanges centralisés.
Pour vérifier la fiabilité d’un IOU, il faut évaluer la précision de la boîte de délimitation prédictive (bounding box) à l’aide de l’indice IoU. Un IoU élevé (0,5–1) indique une forte fiabilité et une valeur réelle. L’évaluation dépend aussi de l’adéquation entre la prédiction et l’objet réel.











