

Les preuves à divulgation nulle de connaissance ont connu un regain d’intérêt avec la diffusion de la technologie blockchain et l’essor du Web3. Le Web3 désigne un internet décentralisé sans autorité centrale, où les preuves à divulgation nulle de connaissance sont considérées comme une technologie structurante. Si la confidentialité et la scalabilité demeurent des enjeux majeurs, ces preuves sont appelées à stimuler l’innovation pour les surmonter.
Cet article présente une synthèse approfondie des « preuves à divulgation nulle de connaissance », une technologie blockchain qui retient toute l’attention du secteur Web3.
La blockchain vise à assurer la transparence des transactions, mais se heurte à des défis liés à la confidentialité. Les preuves à divulgation nulle de connaissance s’imposent comme un outil essentiel pour préserver la vie privée des utilisateurs.
Concrètement, elles permettent à un prouveur de démontrer à un vérificateur qu’une déclaration est vraie, sans dévoiler d’information sensible. L’authentification classique exigeait le partage de secrets comme des mots de passe ou des données biométriques. Grâce aux preuves à divulgation nulle de connaissance, le risque de fuite de données sensibles est fortement réduit.
Initialement développées dans le domaine de la cryptographie, elles sont devenues beaucoup plus opérationnelles grâce à leur intégration dans la blockchain. Elles offrent un équilibre efficace entre protection de la vie privée et sécurité dans des environnements décentralisés.
Les principaux usages blockchain des preuves à divulgation nulle de connaissance sont :
Transactions privées : elles permettent de valider la conformité d’une transaction tout en gardant les détails confidentiels, protégeant ainsi les informations sensibles et garantissant la transparence des opérations financières personnelles ou professionnelles.
Scalabilité de la blockchain avec zkEVM : zkEVM intègre les preuves à divulgation nulle de connaissance dans l’Ethereum Virtual Machine (EVM), permettant de traiter les transactions hors chaîne, ce qui allège considérablement la charge sur la chaîne principale, accélère le traitement et réduit les coûts.
Gestion décentralisée des identifiants et des données : les utilisateurs gèrent leurs identifiants et données en toute sécurité sans dépendre d’autorités centralisées, ce qui est crucial pour la confidentialité et offre un contrôle total sur les informations personnelles.
Les preuves à divulgation nulle de connaissance ont le potentiel de transformer l’avenir de la blockchain et devraient s’étendre à la finance, la santé, la logistique, et d’autres secteurs.
Cette section présente les deux principales familles de preuves à divulgation nulle de connaissance : ZK-SNARKs et ZK-STARKs. Chacune possède des propriétés uniques et s’utilise selon les besoins spécifiques de chaque application.
ZK-SNARKs (Zero-Knowledge Succinct Non-Interactive Argument of Knowledge), introduits par Groth et Sahai en 2012, produisent des preuves extrêmement compactes, comme le suggère le terme « Succinct ».
Les principaux atouts sont :
Taille réduite des preuves : elles se situent entre quelques centaines d’octets et plusieurs kilooctets, ce qui optimise le coût de stockage sur la blockchain.
Vérification instantanée : les preuves sont vérifiées en quelques millisecondes, ce qui permet une validation en temps réel des transactions et améliore l’expérience utilisateur.
Polyvalence élevée : elles peuvent être générées pour tout type de calcul, ce qui les rend adaptées à de nombreux usages.
ZK-SNARKs nécessitent une « configuration de confiance initiale ». Si les paramètres secrets issus de cette étape ne sont pas correctement éliminés, des risques pour la sécurité peuvent survenir.
Ces preuves sont particulièrement adaptées aux applications axées sur la confidentialité : transactions anonymes, échanges réglementés de données, gestion des dossiers médicaux — notamment lorsque compacité et rapidité de vérification sont cruciales.
ZK-STARKs (Zero-Knowledge Scalable Transparent Argument of Knowledge), introduits par Ben-Sasson et ses collaborateurs en 2018, suppriment la nécessité d’une configuration de confiance, d’où leur désignation « Transparent ».
Les principaux avantages sont :
Génération rapide des preuves : elles sont produites plus vite que les ZK-SNARKs, en quelques dizaines à centaines de millisecondes, ce qui les rend idéales pour des environnements à fort volume de transactions.
Transparence accrue : n’importe qui peut vérifier les preuves, sans configuration de confiance, ce qui réduit les risques et améliore la fiabilité.
Résistance quantique : elles sont conçues pour résister aux attaques d’ordinateurs quantiques, assurant leur pérennité à mesure que la technologie évolue.
Les ZK-STARKs génèrent des preuves plus volumineuses que les ZK-SNARKs, ce qui peut augmenter les coûts de stockage.
Elles conviennent aux applications exigeant scalabilité et transparence, comme les solutions layer-2, les DAO ou les systèmes de vote, surtout lorsque de grands volumes de transactions sont en jeu.
Les preuves à divulgation nulle de connaissance se déclinent en versions non interactives ou interactives, selon la forme de communication entre prouveur et vérificateur, un point clé dans la conception des systèmes.
Les preuves non interactives permettent au prouveur de générer une preuve seul, réutilisable pour plusieurs vérificateurs. Les principaux bénéfices sont :
Efficacité élevée : aucun échange en temps réel n’est requis, ce qui permet un traitement performant, notamment dans les systèmes décentralisés.
Scalabilité importante : plusieurs vérificateurs peuvent valider indépendamment une même preuve, ce qui accroît le débit du système et permet de desservir de nombreux utilisateurs simultanément.
Les preuves interactives impliquent plusieurs échanges, avec des défis aléatoires posés par le vérificateur et des réponses du prouveur. Leur intérêt :
Compacité accrue : elles sont parfois plus compactes que les preuves non interactives, ce qui est précieux dans les environnements à bande passante limitée.
Faible sollicitation des ressources : elles peuvent être générées rapidement, ce qui autorise leur usage sur des appareils disposant de capacités limitées.
Les preuves non interactives sont préférées dans la blockchain, car elles s’adaptent mieux aux architectures asynchrones.
Les preuves à divulgation nulle de connaissance apportent trois avantages majeurs, permettant de surmonter les principaux défis de la blockchain et d’envisager des systèmes plus opérationnels.
Les blockchains classiques rendent toutes les transactions publiques, ce qui complique la confidentialité. Les preuves à divulgation nulle de connaissance valident la légitimité d’une transaction tout en gardant les détails secrets.
C’est crucial dans des secteurs comme la finance ou la santé, où la confidentialité est primordiale. Par exemple, un établissement médical peut gérer les dossiers patients en toute sécurité et ne divulguer que les informations nécessaires. Une entreprise peut prouver la validité d’une transaction sans en révéler le détail à ses concurrents.
Ces preuves contribuent aussi à la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme en vérifiant la légitimité et en repérant les schémas suspects, soutenant la conformité réglementaire et la protection des données.
La scalabilité est un défi historique pour la blockchain. Les preuves à divulgation nulle de connaissance permettent de traiter les transactions hors chaîne, apportant une réponse efficace.
zkEVM, version à divulgation nulle de connaissance de l’Ethereum Virtual Machine, autorise le traitement en lot des transactions hors chaîne, seul le justificatif de validité étant enregistré sur la chaîne principale, ce qui réduit drastiquement la charge sur cette dernière.
Ce procédé résout le problème de scalabilité d’Ethereum, accélère le traitement de plusieurs milliers de fois et réduit fortement les frais de transaction, indispensable pour les applications DeFi et NFT à haute fréquence.
L’intérêt pour la gestion et la propriété des données personnelles ne cesse de s’intensifier. Les preuves à divulgation nulle de connaissance permettent aux utilisateurs de contrôler leur identité et leurs données, indépendamment des autorités centrales.
Ce mécanisme réduit les risques de fuite et permet une véritable souveraineté sur les données. Les systèmes d’identités décentralisées (DID) bâtis sur ces preuves donnent aux utilisateurs un contrôle total sur leurs informations.
Par exemple, un utilisateur peut prouver qu’il est majeur sans révéler sa date de naissance, ne partageant que le strict minimum pour accéder à un service et maximisant la confidentialité.
Malgré leurs atouts, ces preuves présentent des défis d’implémentation et de gestion qui nécessitent une attention particulière.
Les preuves à divulgation nulle de connaissance reposent sur des calculs cryptographiques avancés à partir de données secrètes, ce qui génère des coûts computationnels supérieurs à ceux des transactions classiques.
De gros volumes de données peuvent aussi accroître la taille des preuves, ce qui implique des besoins accrus en stockage et en bande passante — un défi pour les appareils mobiles ou les objets connectés à ressources limitées.
Les ZK-STARKs produisent des preuves beaucoup plus rapidement que les ZK-SNARKs, mais leur taille peut être de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de fois supérieure, ce qui limite leur utilisation sur des dispositifs à capacité restreinte.
Des recherches sont en cours pour réduire la taille des preuves et améliorer l’efficacité, avec des progrès constants.
La plupart des preuves à divulgation nulle de connaissance actuelles reposent sur des techniques cryptographiques comme la cryptographie à courbe elliptique, que l’informatique quantique pourrait un jour compromettre.
Les ordinateurs quantiques excellent dans certains calculs et menacent de nombreux schémas cryptographiques classiques. Les ZK-SNARKs sont jugés particulièrement vulnérables aux attaques quantiques.
Les ZK-STARKs, conçus pour résister aux attaques quantiques, attirent l’attention pour la sécurité à long terme. Le développement et l’adoption de technologies résistantes à l’informatique quantique deviennent un enjeu prioritaire.
Ces preuves sont déjà utilisées dans de nombreux projets. Deux exemples majeurs sont présentés :
Aztec Connect propose une solution basée sur ZK-SNARKs pour les transactions anonymes sur Ethereum. Elle offre aux utilisateurs soucieux de la confidentialité un moyen sécurisé et intuitif d’effectuer des opérations anonymes.
Le portefeuille Aztec Connect permet d’envoyer et de recevoir des tokens ERC-20 en toute discrétion : expéditeur, destinataire et montant demeurent secrets, seul le justificatif de validité étant enregistré sur la blockchain.
Aztec Connect allie sécurité et simplicité d’utilisation, permettant à tous d’effectuer des transactions confidentielles. Son intégration avec les protocoles DeFi facilite l’accès privé aux services financiers décentralisés.
Cette solution s’adresse à toute personne ou entreprise plaçant la confidentialité au cœur de ses priorités.
Polygon zkEVM est une solution layer-2 exploitant ZK-SNARKs pour la scalabilité du réseau Polygon, offrant une réponse majeure aux défis de scalabilité d’Ethereum.
zkEVM est pleinement compatible avec l’Ethereum Virtual Machine, ce qui permet aux développeurs de migrer facilement leurs smart contracts existants et de rendre les DApps évolutives avec un minimum d’adaptations.
zkEVM atteint des vitesses de transaction des milliers de fois supérieures à la chaîne principale Ethereum. Le traitement en lot et la validation par preuve à divulgation nulle de connaissance réduisent considérablement la charge sur la chaîne principale.
Les frais de transaction sont nettement plus faibles, parfois une fraction infime de ceux de la chaîne principale, générant des avantages économiques substantiels pour les utilisateurs.
Polygon zkEVM est adopté dans la DeFi, les NFT, le gaming, et bien d’autres secteurs, accélérant la croissance de l’écosystème Ethereum.
Cet article a abordé les principes, les mécanismes, les avantages, les limites et les applications concrètes des preuves à divulgation nulle de connaissance, une technologie blockchain qui gagne en importance dans le Web3. Ces preuves rendent possible la démonstration de la véracité d’une information sans révéler le secret associé.
Elles offrent des solutions pour la confidentialité, la scalabilité et la souveraineté sur les données, des objectifs longtemps difficiles à atteindre sur la blockchain. Malgré la persistance de certains défis — coûts computationnels élevés et vulnérabilités quantiques potentielles — l’innovation technique continue d’apporter des améliorations.
Les preuves à divulgation nulle de connaissance sont déjà utilisées pour les transactions anonymes et les solutions layer-2, et leur adoption progresse dans la finance, la santé, la supply chain, l’identité numérique et d’autres secteurs où la confidentialité est essentielle.
En tant que technologie de référence pour l’ère Web3, elles sont prêtes pour une adoption généralisée. En conciliant confidentialité et transparence, elles ouvrent la voie à une société numérique plus sûre et plus performante. Leur évolution restera un axe majeur dans l’avancement de la blockchain.
Une preuve à divulgation nulle de connaissance est un procédé cryptographique permettant de démontrer la véracité d’une affirmation sans dévoiler le secret sous-jacent. Le prouveur convainc le vérificateur de la validité de données confidentielles sans les révéler. Sur la blockchain, ces preuves renforcent la confidentialité et la sécurité.
Les preuves à divulgation nulle de connaissance permettent de prouver la possession d’une information sans la dévoiler. Le prouveur montre au vérificateur qu’il détient les données requises, validant l’authenticité tout en préservant la confidentialité.
Ces preuves valident la légitimité des transactions tout en protégeant la vie privée. Elles permettent une authentification sans divulgation des données personnelles et sont largement adoptées pour les transactions financières et le partage de données. Elles favorisent aussi la scalabilité, ce qui les place au cœur du Web3.
Elles valident une déclaration sans révéler de secrets, là où la cryptographie traditionnelle protège les données par chiffrement. Les preuves à divulgation nulle de connaissance vérifient l’authenticité tout en préservant totalement la confidentialité.
Points forts : vérification sans exposition des données, confidentialité et sécurité accrues. Limites : coûts computationnels élevés et complexité d’implémentation.
Elles permettent de prouver la véracité des données sans exposer d’informations personnelles. Elles valident l’exactitude tout en protégeant la vie privée, contribuant à prévenir les fuites sensibles dans la finance, la santé et d’autres secteurs sensibles.
Parmi les projets majeurs : Zcash, Starknet, zkSync et Polygon Hermez. Ces solutions renforcent confidentialité et scalabilité et se développent rapidement dans l’écosystème blockchain.











