Le 14 février, la Dubai Financial Services Authority (DFSA) des Émirats arabes unis a publié officiellement un document de questions fréquemment posées concernant la mise à jour de la réglementation des crypto-monnaies, clarifiant davantage le nouveau cadre réglementaire mis en œuvre dans le Dubai International Financial Centre (DIFC). Ce cadre a été annoncé pour la première fois en décembre 2025 et est entré en vigueur en janvier 2026. La principale modification consiste en ce que les entreprises régulées par la DFSA peuvent choisir elles-mêmes le type de crypto-monnaie avec lequel elles collaborent, sans avoir besoin de demander une approbation individuelle auprès des autorités de régulation.
La DFSA indique que cette démarche vise à renforcer l’intégrité du marché et la protection des investisseurs, tout en fournissant aux entreprises des directives de conformité plus opérationnelles. Elizabeth Wallace, directrice adjointe de la politique et du droit, a déclaré lors d’une interview que le transfert de la responsabilité de l’évaluation des tokens aux entreprises vise à aligner la réglementation sur les tendances internationales et à répondre aux demandes du marché. Elle prévoit qu’avec la mise en œuvre de ces nouvelles règles, le volume des transactions d’actifs cryptographiques dans le DIFC en 2026 connaîtra une croissance significative.
D’un point de vue juridique, Kokila Alagh, fondatrice de KARM Legal Consulting, estime que cette évolution symbolise la maturité de l’écosystème, permettant au DIFC de rester aligné avec les principales zones financières libres mondiales. Elle souligne que les entreprises devront assumer des obligations de conformité accrues, nécessitant la mise en place de mécanismes internes d’évaluation, de surveillance continue et de divulgation d’informations.
Andrew Forson, président de DeFi Technologies, a quant à lui indiqué que le marché des tokens évolue rapidement et que les entreprises sont souvent mieux informées que les régulateurs sur les actifs conformes à leur modèle commercial. La suppression du système de « liste d’approbation » contribuera à éviter que la sélection centralisée ne limite l’innovation et la compétitivité.
Ce FAQ, basé sur les retours de plus de 600 acteurs du secteur, précise que les crypto-monnaies désignent principalement des actifs utilisés comme moyen de paiement ou d’investissement, excluant les NFT, les tokens utilitaires ou les tokens de sécurité. Les stablecoins sont limités à leur usage par les sociétés de gestion d’actifs pour les paiements. La DFSA a également énuméré des critères d’évaluation de l’adéquation, notamment l’usage du token, la gouvernance, la liquidité mondiale, le statut réglementaire et les risques technologiques.
Avec la mise en place de ce cadre flexible mais strict, les Émirats arabes unis renforcent progressivement leur position stratégique dans le domaine de la finance cryptographique au Moyen-Orient.