Le 5 mars, il a été annoncé que la Cour de commerce international des États-Unis a récemment publié une nouvelle ordonnance judiciaire offrant une voie légale pour le remboursement des droits de douane perçus pendant l’administration Trump en vertu de la Loi sur le pouvoir économique d’urgence international (IEEPA). Auparavant, la Cour suprême des États-Unis avait déjà statué que ces mesures tarifaires n’étaient pas conformes à l’autorisation légale.
Le juge Richard K. Eaton de la Cour de commerce international a indiqué dans sa décision que les importateurs américains affectés par les droits de douane de l’IEEPA ont le droit de bénéficier de la force juridique de la décision de la Cour suprême. Il a également ordonné à la Customs and Border Protection (CBP) de reprendre le traitement des procédures de dédouanement des marchandises importées concernées, en excluant les droits de douane de l’IEEPA lors du calcul des montants finaux à payer.
Ce que l’on appelle « dédouanement » est la procédure par laquelle la douane confirme définitivement les droits et frais applicables à une marchandise importée. Selon l’ordonnance d’Eaton, toutes les factures d’importation déjà calculées mais pas encore finalisées doivent être recalculées comme si les droits de douane liés à l’IEEPA n’avaient jamais été appliqués. En général, les importateurs peuvent encore faire appel dans les 180 jours suivant le dédouanement, avant que le montant final ne devienne définitif.
Cette décision est considérée comme une restriction judiciaire importante sur la politique commerciale de l’administration Trump. En avril 2025, Trump avait décrété par décret ce qu’il appelait les « droits de douane du Jour de la Libération », imposant des taxes à deux chiffres sur des importations en provenance de plusieurs pays, affirmant que cette mesure visait à augmenter les recettes gouvernementales et à remodeler le paysage commercial américain.
Cependant, le 20 février 2026, la Cour suprême, par une majorité de 6 voix contre 3, a jugé que la Loi sur le pouvoir économique d’urgence international ne conférait pas au président le pouvoir unilatéral d’imposer des droits de douane, rendant ainsi ces mesures dépourvues de base légale. Bien que cette décision ait confirmé que les droits de douane étaient illégaux, elle n’a pas directement précisé le mécanisme d’exécution du remboursement à l’époque.
Dans sa dernière ordonnance, Eaton a indiqué qu’il agirait en tant que seul juge chargé de traiter les affaires relatives aux remboursements des droits de douane de l’IEEPA, afin d’unifier les standards de traitement et d’accélérer la procédure.
Le montant précis du remboursement n’a pas encore été finalisé. Selon un modèle budgétaire de la Wharton School de l’Université de Pennsylvanie, si tous les droits de douane étaient annulés et remboursés, le total pourrait atteindre 175 milliards de dollars.
Jusqu’à présent, la Maison Blanche et la CBP n’ont pas encore répondu publiquement à cette ordonnance judiciaire. Les analystes du marché estiment que cette décision pourrait avoir des impacts durables sur la politique commerciale américaine, la structure des coûts des entreprises importatrices, ainsi que sur les limites du pouvoir administratif futur.