Le secrétaire économique du Trésor britannique, Lucy Rigby, a déclaré le 13 mai, lors du Financial Times Digital Assets Summit, que les actifs numériques ont le potentiel d’opérer une « transformation totale » (complete transformation) du marché britannique. D’après le rapport de Decrypt, la Financial Conduct Authority (FCA) et la Banque d’Angleterre (BoE) ouvriront au cours de la seconde moitié de cette année des canaux de demande de licences pour les « stablecoins systémiques », en cohérence avec les actuelles « réglementations sandbox » de la FCA, afin de mettre en place un cadre réglementaire britannique à double voie pour les cryptomonnaies et les stablecoins.
« Transformation totale » : cadrage politique axé sur l’efficacité et la réduction des frictions transfrontalières
Dans son discours, Rigby a mis l’accent sur deux axes. Le premier concerne l’efficacité : « Je veux voir une amélioration de l’efficacité globale, des processus plus rapides, pour que le capital puisse circuler et être réalloué plus rapidement. » Le second concerne la coordination internationale : le Royaume-Uni devrait « réduire les frictions entre les juridictions » avec les États-Unis, éventuellement via une reconnaissance mutuelle de la régulation ou des mécanismes d’alignement des standards.
Cette position fait écho à l’annonce contenue dans le discours du Roi (King’s Speech) sur « le renforcement de la loi sur les services financiers » (Enhancing Financial Services Bill). Le projet de loi couvre une série de mesures de modernisation financière, dont des règles liées aux cryptomonnaies constituent un élément important. Le Trésor prévoit également de lancer, en parallèle, une consultation publique sur le cadre des paiements (qui couvre les stablecoins, les dépôts tokenisés et les agents IA).
Régulation des stablecoins : répartition FCA/BoE, et quatre acteurs de stablecoins en livres passent par le sandbox
Le Royaume-Uni a mis en place un régime de régulation à double voie pour les stablecoins :
FCA (Financial Conduct Authority) : responsable de l’émission et de la supervision opérationnelle des stablecoins « standards »
BoE (Banque d’Angleterre) : responsable des « stablecoins systémiques », c’est-à-dire des stablecoins largement utilisés pour les paiements et susceptibles de générer des risques pour la stabilité financière
La FCA a lancé plus tôt qu’en 2026 son sandbox de régulation des stablecoins ; à ce jour, quatre entreprises y sont déjà entrées pour des tests, avec un focus sur l’émission de stablecoins adossés à la livre sterling (GBP). Le canal de demande de licence pour les stablecoins systémiques ouvrira « plus tard cette année ». Ce double dispositif permet au Royaume-Uni d’éviter qu’un seul régulateur porte une charge excessive tout en conservant des pouvoirs spécifiques de supervision des grands stablecoins.
Signal sur la position de la fintech britannique : s’aligner sur les États-Unis, se différencier de l’Europe
Rigby a évoqué la « minimisation des frictions réglementaires entre le Royaume-Uni et les États-Unis », suggérant que la position à long terme du Royaume-Uni est de rapprocher sa trajectoire réglementaire des lois GENIUS Act et CLARITY Act américaines, plutôt que de suivre l’approche de régulation globale de l’UE avec MiCA. Pour les acteurs de la fintech britannique, cela signifie que la conception de la conformité pourrait viser simultanément les deux marchés britanniques et américains, sans devoir opérer des ajustements massifs de différenciation pour l’Europe.
Pour l’industrie crypto, le signal britannique mérite d’être mis en parallèle avec l’évolution vers une régulation fortement renforcée de l’UE via MiCA. Après son entrée en vigueur en 2024, de nombreuses grandes plateformes d’échange crypto ont choisi de réduire leurs activités dans l’UE et de se tourner vers des marchés plus accueillants ; si le Royaume-Uni parvient à trouver un meilleur équilibre, plus flexible, entre la réglementation et les activités commerciales, il pourrait attirer davantage d’entreprises vers Londres en 2026-2027.
Observation « de la chaîne » : stratégie rare de messages synchronisés
Ce qui se dégage, c’est une politique de « messages synchronisés », très rare : le Trésor britannique et la banque centrale ont, le même jour, exprimé des positions globalement positives. Le Trésor privilégie l’efficacité industrielle, tandis que la banque centrale met en avant la définition de la monnaie. Ce type de « synchronisation du signal » constitue un engagement politique explicite du gouvernement britannique envers l’industrie crypto. Le point le plus concret à surveiller ensuite est l’ouverture du canal de demande de licences de stablecoins « plus tard cette année » : à cette étape, qui obtiendra en premier la licence de stablecoins systémiques définira directement la structure du marché des stablecoins en livres sterling.
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