Solana est à un point d’inflexion. La dernière proposition de gouvernance du réseau SIMD-0411 vise à accélérer le chemin vers un taux d’inflation terminal de 1,5 % — l’objectif à long terme de la politique monétaire de SOL — mais cette démarche comporte des implications importantes pour l’économie des validateurs et la décentralisation du réseau qui méritent une analyse approfondie.
La proposition principale : Qu’est-ce qui change ?
La proposition, soutenue par les développeurs de Helius, est deceptivement simple : augmenter le taux de désinflation annuel de -15 % à -30 %. Ce seul ajustement de paramètre permettrait de réduire le calendrier de six ans à trois, atteignant le taux terminal de 1,5 % d’ici 2029 au lieu de 2032.
Les chiffres sont frappants. Sur les six prochaines années, cette accélération réduirait la production totale de SOL d’environ 22,3 millions de jetons — équivalent à une réduction de l’offre de 2,9 milliards de dollars selon les valorisations actuelles. L’impact sur la trajectoire d’offre de SOL est tangible : l’inflation passerait de 4,18 % à 1,56 % en trois ans. Cette compression dramatique est précisément ce qui attire l’intérêt institutionnel.
Pourquoi les institutions soutiennent-elles cette démarche ?
La Solana Digital Asset Treasury DeFi Development Corp. (DFDV) est devenue la première grande trésorerie à approuver publiquement SIMD-0411. Gérant environ 2,2 millions de SOL d’une valeur de $300 millions, le soutien de DFDV porte un poids institutionnel.
Leur raisonnement est simple : le calendrier d’inflation initial de Solana a été conçu il y a plusieurs années, lorsque les métriques du réseau étaient très différentes. Aujourd’hui, avec une activité DeFi accrue, une adoption croissante par les utilisateurs et des revenus on-chain en hausse, l’économie ne s’aligne plus. Une transition accélérée vers une inflation plus faible pourrait renforcer la narrative de rareté pour SOL, attirant potentiellement de grands capitaux institutionnels actuellement prudents face à la dilution continue de l’offre.
Le timing s’aligne avec les évolutions du marché. Les ETF spot sur Solana — notamment le fonds 21Shares TSOL négocié sur CBOE — représentent une nouvelle voie d’exposition institutionnelle. Ralentir le rythme d’émission de nouveaux jetons renforce la thèse d’investissement autour de la rareté, particulièrement en période de volatilité du marché.
Le problème des validateurs : la décentralisation en danger
C’est ici que SIMD-0411 devient controversé. Les récompenses des validateurs seraient comprimées parallèlement à la réduction de l’inflation. Les rendements actuels d’environ 6,41 % diminueraient à 2,42 % en trois ans — une baisse de 62 % des revenus des validateurs.
Cette distinction est importante pour la décentralisation du réseau. Les grands validateurs disposant de sources de revenus diversifiées — extraction MEV, frais de transaction, services clients — pourraient absorber cette réduction. En revanche, les opérateurs plus petits, exploitant des nœuds avec peu de revenus additionnels, seraient soumis à une pression sur leur marge. À 2,42 %, beaucoup de petits validateurs pourraient quitter le réseau, créant un risque de centralisation.
La crédibilité de Solana dépend en partie du maintien d’une base de validateurs saine, répartie entre opérateurs indépendants. Une concentration excessive du pouvoir de validation compromet la prétention de “décentralisation” qui attire de nombreux participants. La conception de la proposition ne prend pas en compte cet effet de stratification.
Contexte du marché : pourquoi cette proposition maintenant ?
SOL a récemment connu des vents contraires, se négociant à 142,05 $ avec une hausse de 7,14 % sur 30 jours (au 12 janvier 2026). Le contexte plus large inclut l’introduction de produits ETF spot, qui représentent à la fois une opportunité et une pression.
Les flux vers les ETF dépendent en partie du récit autour de la rareté et de l’économie de SOL. Un modèle d’inflation atteignant plus rapidement ses cibles renforce cette narration. À l’inverse, les acteurs du marché voient dans la réduction de la pression de vente due à une émission moindre un signal haussier.
Ce qui manque dans la discussion
Si DFDV a publiquement soutenu SIMD-0411, d’autres trésoreries SOL importantes — notamment Forward Industries — n’ont pas divulgué leurs positions. Le sentiment général des validateurs reste fragmenté. La simplicité de la proposition est séduisante, mais cette même simplicité pourrait masquer des effets de second ordre sur la décentralisation du réseau et le taux de participation des validateurs.
L’avenir exige de trouver un équilibre entre trois intérêts concurrents : la crédibilité monétaire de SOL, l’attrait institutionnel via la narration de rareté, et la décentralisation du réseau par une économie robuste des validateurs. SIMD-0411 optimise les deux premiers, mais pourrait compromettre le troisième — un compromis que la communauté Solana devra finalement résoudre.
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Défi du validateur de Solana : équilibrer la réforme de l'inflation avec la décentralisation du réseau
Solana est à un point d’inflexion. La dernière proposition de gouvernance du réseau SIMD-0411 vise à accélérer le chemin vers un taux d’inflation terminal de 1,5 % — l’objectif à long terme de la politique monétaire de SOL — mais cette démarche comporte des implications importantes pour l’économie des validateurs et la décentralisation du réseau qui méritent une analyse approfondie.
La proposition principale : Qu’est-ce qui change ?
La proposition, soutenue par les développeurs de Helius, est deceptivement simple : augmenter le taux de désinflation annuel de -15 % à -30 %. Ce seul ajustement de paramètre permettrait de réduire le calendrier de six ans à trois, atteignant le taux terminal de 1,5 % d’ici 2029 au lieu de 2032.
Les chiffres sont frappants. Sur les six prochaines années, cette accélération réduirait la production totale de SOL d’environ 22,3 millions de jetons — équivalent à une réduction de l’offre de 2,9 milliards de dollars selon les valorisations actuelles. L’impact sur la trajectoire d’offre de SOL est tangible : l’inflation passerait de 4,18 % à 1,56 % en trois ans. Cette compression dramatique est précisément ce qui attire l’intérêt institutionnel.
Pourquoi les institutions soutiennent-elles cette démarche ?
La Solana Digital Asset Treasury DeFi Development Corp. (DFDV) est devenue la première grande trésorerie à approuver publiquement SIMD-0411. Gérant environ 2,2 millions de SOL d’une valeur de $300 millions, le soutien de DFDV porte un poids institutionnel.
Leur raisonnement est simple : le calendrier d’inflation initial de Solana a été conçu il y a plusieurs années, lorsque les métriques du réseau étaient très différentes. Aujourd’hui, avec une activité DeFi accrue, une adoption croissante par les utilisateurs et des revenus on-chain en hausse, l’économie ne s’aligne plus. Une transition accélérée vers une inflation plus faible pourrait renforcer la narrative de rareté pour SOL, attirant potentiellement de grands capitaux institutionnels actuellement prudents face à la dilution continue de l’offre.
Le timing s’aligne avec les évolutions du marché. Les ETF spot sur Solana — notamment le fonds 21Shares TSOL négocié sur CBOE — représentent une nouvelle voie d’exposition institutionnelle. Ralentir le rythme d’émission de nouveaux jetons renforce la thèse d’investissement autour de la rareté, particulièrement en période de volatilité du marché.
Le problème des validateurs : la décentralisation en danger
C’est ici que SIMD-0411 devient controversé. Les récompenses des validateurs seraient comprimées parallèlement à la réduction de l’inflation. Les rendements actuels d’environ 6,41 % diminueraient à 2,42 % en trois ans — une baisse de 62 % des revenus des validateurs.
Cette distinction est importante pour la décentralisation du réseau. Les grands validateurs disposant de sources de revenus diversifiées — extraction MEV, frais de transaction, services clients — pourraient absorber cette réduction. En revanche, les opérateurs plus petits, exploitant des nœuds avec peu de revenus additionnels, seraient soumis à une pression sur leur marge. À 2,42 %, beaucoup de petits validateurs pourraient quitter le réseau, créant un risque de centralisation.
La crédibilité de Solana dépend en partie du maintien d’une base de validateurs saine, répartie entre opérateurs indépendants. Une concentration excessive du pouvoir de validation compromet la prétention de “décentralisation” qui attire de nombreux participants. La conception de la proposition ne prend pas en compte cet effet de stratification.
Contexte du marché : pourquoi cette proposition maintenant ?
SOL a récemment connu des vents contraires, se négociant à 142,05 $ avec une hausse de 7,14 % sur 30 jours (au 12 janvier 2026). Le contexte plus large inclut l’introduction de produits ETF spot, qui représentent à la fois une opportunité et une pression.
Les flux vers les ETF dépendent en partie du récit autour de la rareté et de l’économie de SOL. Un modèle d’inflation atteignant plus rapidement ses cibles renforce cette narration. À l’inverse, les acteurs du marché voient dans la réduction de la pression de vente due à une émission moindre un signal haussier.
Ce qui manque dans la discussion
Si DFDV a publiquement soutenu SIMD-0411, d’autres trésoreries SOL importantes — notamment Forward Industries — n’ont pas divulgué leurs positions. Le sentiment général des validateurs reste fragmenté. La simplicité de la proposition est séduisante, mais cette même simplicité pourrait masquer des effets de second ordre sur la décentralisation du réseau et le taux de participation des validateurs.
L’avenir exige de trouver un équilibre entre trois intérêts concurrents : la crédibilité monétaire de SOL, l’attrait institutionnel via la narration de rareté, et la décentralisation du réseau par une économie robuste des validateurs. SIMD-0411 optimise les deux premiers, mais pourrait compromettre le troisième — un compromis que la communauté Solana devra finalement résoudre.