La crise de confiance du « gourou de Wall Street » : que cache la divergence entre la hausse folle publique et la pessimisme interne

Si l’on devait établir un classement des personnalités les plus controversées du marché des cryptomonnaies en 2025, le cofondateur et CIO de Fundstrat, Tom Lee, serait sans aucun doute en bonne place. Originaire de Wall Street et actif depuis longtemps dans les grands médias, cet expert en stratégie a exprimé cette année, en public, une position sur Ethereum qui contraste radicalement avec ses prévisions internes — ce qui a transformé le mot « confiance » en un point de friction majeur dans les discussions du marché.

Sur le papier, les chiffres parlent d’eux-mêmes

Commençons par la comparaison la plus immédiate. Dans la perspective de 2026 de Fundstrat, accessible à ses abonnés (abonnement mensuel de 249$), le responsable de la stratégie des actifs numériques, Sean Farrell, propose un cadre de prévision très prudent :

Scénarios de risque pour le premier semestre

  • Bitcoin pourrait revenir à $60K–$65K
  • ; Ethereum, dans une fourchette de $1.8K–$2K
  • ; Solana pourrait tomber à $50–$75

Actuellement, Ethereum est à $3.15K, avec un sommet historique à $4.95K. Ce rapport recommande donc aux clients d’augmenter leurs liquidités et leurs stablecoins, en patientant pour de meilleures opportunités d’entrée.

À l’inverse, la déclaration publique de Tom Lee en 2025 raconte une toute autre histoire :

En août, il déclarait sur CNBC qu’Ethereum entrait dans une phase critique similaire à celle de Bitcoin en 2017, avec un objectif passant de $3.7K à $30K, voire plus — une répétition historique d’un gain de 120 fois.

En novembre, il affirmait qu’Ethereum lançait un « super cycle », laissant entendre qu’il pourrait reproduire la hausse de 100 fois de Bitcoin.

Au début décembre, lors d’une grande conférence blockchain (Ethereum à environ $3K), il a lâché que l’actif était « gravement sous-estimé », en s’appuyant sur une analyse historique : si le ratio ETH/BTC revenait à sa moyenne sur 8 ans, ETH pourrait atteindre $12K ; si le marché retrouvait ses sommets de 2021, cela pourrait grimper à $22K ; dans un scénario extrême, la valorisation pourrait même dépasser $60K.

À l’approche de la fin de l’année, malgré une volatilité accrue, Tom Lee maintenait ses prévisions haussières, affirmant que BTC et ETH atteindraient de nouveaux records d’ici fin janvier — alors que Bitcoin avait déjà dépassé son sommet de 2021, à $91.84K, et qu’Ethereum tournait autour de $3K.

Pourquoi une telle divergence ? La légitimité des explications officielles

Après cette controverse, Sean Farrell a répondu en insistant sur une différence fondamentale : « Nos clients ont des profils très différents. »

L’analyse de Tom Lee s’adresse principalement aux institutions de gestion d’actifs traditionnels, qui n’allouent généralement que 1% à 5% de leur portefeuille à BTC/ETH, adoptant une stratégie « à long terme et disciplinée ». En revanche, Sean Farrell gère des portefeuilles avec plus de 20% d’actifs cryptographiques, ce qui implique un cadre de gestion des risques différent.

Mais cette explication comporte un défaut évident : Tom Lee n’a jamais déclaré publiquement dans les médias qu’«’’mes propos ne s’adressent qu’aux investisseurs à faible exposition ». La majorité entendait « ETH gravement sous-estimé » ou « atteindre $15K d’ici la fin de l’année » — sans que personne ne fasse le lien avec la temporalité, le niveau de risque ou la probabilité implicite.

La problématique plus profonde : la présentation sélective dans un contexte d’asymétrie d’informations

Ce qui doit réellement alerter, ce n’est pas l’existence de différentes approches de recherche (ce qui est normal), mais la rupture de confiance à trois niveaux :

1. Le décalage dans la perception publique

Un investisseur lambda reçoit l’information : « Tom Lee dit que l’avenir d’Ethereum est illimité » sur CNBC, ou regarde ses « segments haussiers » sur la chaîne YouTube de Fundstrat. Il ne s’abonne pas à leur rapport interne à 249$ par mois pour vérifier. L’asymétrie d’information fait que la majorité ne voit qu’un seul côté — celui du « récit haussier ».

2. Le conflit d’intérêts dans le modèle commercial

Fundstrat repose essentiellement sur la « monétisation de la recherche » — attirer du trafic grâce à la renommée de Tom Lee, puis convertir en abonnés payants. Quand les interviews publiques et la chaîne YouTube diffusent en continu des « segments optimistes », comment faire croire que ce n’est qu’une « opinion personnelle » et non une « opération marketing » ?

3. La superposition des identités et des intérêts

Plus frappant encore, Tom Lee est aussi président du conseil d’administration de BitMine, une société de trésorerie Ethereum, qui détient ETH comme actif principal. Dans ce contexte, ses déclarations publiques favorables à ETH peuvent être perçues comme une promotion alignée avec ses intérêts personnels ou ceux de ses partenaires. Pour un professionnel doté d’un CFA, l’éthique exige une « divulgation complète et claire » des conflits d’intérêts potentiels — mais cette transparence n’a pas été faite.

Limites légales et coûts de la confiance

Selon la réglementation américaine, la Rule 10b-5 interdit toute déclaration fausse ou trompeuse importante en lien avec des valeurs mobilières. La structure même de Fundstrat complique la donne : Fundstrat Global Advisors affirme ne pas être un « conseiller en investissement enregistré », tandis que Fundstrat Capital LLC agit en tant que « conseiller en investissement enregistré auprès de la SEC ».

Dans ce cadre flou, la distinction entre recherche personnelle et marketing d’entreprise devient difficile à tracer. Quand une chaîne vidéo institutionnelle publie en continu des « segments haussiers », tandis que leur service d’abonnement prévoit des prévisions baissières pour le premier semestre, sans que cela soit clairement indiqué, cela constitue au minimum une forme d’« présentation sélective dans un contexte d’asymétrie d’informations ».

Quelles seront les conséquences ?

Peut-être que tout cela reste dans les limites légales, mais pour une institution de recherche dépendant de sa réputation, la perte de confiance est le coût le plus lourd. Quand la frontière entre « recherche — marketing — narration » devient floue au point de devenir indiscernable, le marché finira par voter avec ses pieds.

Pour une organisation souhaitant perdurer à long terme, la transparence et la cohérence ne sont pas des options, mais des conditions de survie. Les explications de fortune ne feront qu’amplifier la crise de confiance, et non la calmer.

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