La permanence de Strategy dans le Nasdaq 100 après le rééquilibrage annuel de décembre 2025 marque un point d’inflexion crucial, mais expose également une tension de plus en plus profonde sur les marchés : que se passe-t-il lorsqu’une entreprise traditionnelle se transforme complètement en une plateforme d’accumulation d’actifs numériques ?
Le dilemme des indices : Strategy comme étude de cas
Le rééquilibrage du 22 décembre a laissé six sorties et six entrées dans le Nasdaq 100. Ce qui a surpris, ce n’était pas le mouvement lui-même, mais ce qui ne s’est pas produit : Strategy est restée dans le panier. Cela marque sa première véritable épreuve depuis son entrée il y a seulement quelques mois, une survie que le marché a interprétée de manière contradictoire.
L’action a clôturé avec une pente descendante visible (-3,74% à la clôture), poursuivant une trajectoire négative au cours des 30 derniers jours. La paradoxe est évidente : rester dans l’indice devrait être une validation, mais les investisseurs ont continué à vendre. Le volume des transactions a diminué alors que le marché faisait face à une certaine atonie, créant un contexte où la bonne nouvelle du rééquilibrage a été éclipsée par la réalité du comportement du titre.
Le cœur de la question : entreprise ou fonds coté ?
Strategy accumule actuellement 660.624 BTC, évalués à environ 60 milliards de dollars selon les estimations du marché. L’entreprise est devenue le plus grand détenteur corporatif de bitcoin au monde, poursuivant une stratégie systématique d’achat. Début décembre, elle a acquis 10.624 BTC pour environ 962,7 millions de dollars, reflétant le rythme accéléré de son accumulation.
À ce stade, l’équation commerciale se simplifie de manière préoccupante : la valeur totale de Strategy dépend presque entièrement de trois variables interconnectées — le prix du Bitcoin (actuellement à 91.87K$), sa prime ou décote de marché, et sa structure de financement —. Cela soulève des questions fondamentales qui ont attiré l’attention des régulateurs d’indices : s’agit-il toujours d’une opération commerciale traditionnelle, ou fonctionne-t-elle davantage comme un véhicule de marché spécialisé ?
MSCI dans le viseur : la menace réglementaire de janvier 2026
Le fournisseur d’indices MSCI examine actuellement des propositions qui pourraient être déterminantes. La règle à l’étude exclurait des indices principaux les entreprises dont l’exposition aux crypto-actifs dépasse 50% du total des actifs. Avec Strategy largement au-dessus de ce seuil, une décision défavorable en janvier (vers le 15 janvier 2026) aurait des conséquences concrètes.
JPMorgan a quantifié le risque : si MSCI agit, des fonds passifs pourraient faire face à des ventes forcées pour un montant allant jusqu’à 2,8 milliards de dollars. Ce n’est pas une menace théorique, mais un scénario concret qui explique une partie de la nervosité du marché et la pente descendante qui maintient l’action sous pression.
La défense de Saylor : financement, pas accumulation passive
Face à cette pression, la direction de Strategy, menée par Michael Saylor, a répondu avec des arguments structurels. Dans une lettre du 10 décembre, Saylor et le CEO Phong Le ont affirmé que l’entreprise n’accumule pas de bitcoin de manière passive, mais qu’elle finance cette accumulation par l’émission d’instruments financiers diversifiés, notamment des actions préférentielles.
Selon cette logique, Strategy se présente comme une opération d’ingénierie financière sophistiquée, et non comme un simple fonds de bitcoin. L’entreprise a également levé environ 1,44 milliard de dollars pour renforcer sa capacité à payer des dividendes et à rembourser sa dette, cherchant à atténuer les craintes concernant sa solvabilité si la pression sur l’action devait continuer.
La vision ambitieuse : de la trésorerie à l’infrastructure financière
Au-delà de la défense tactique, Saylor a élargi son argumentaire lors de ses interventions publiques, notamment lors de sa participation à Bitcoin MENA à Abu Dhabi. Il y a présenté une narration plus ambitieuse : Strategy ne serait pas simplement un accumulant d’or numérique, mais un constructeur d’infrastructures de « crédit numérique » sur bitcoin, conçues pour générer de la rentabilité et attirer des fonds souverains, des banques et des family offices.
Cette reconfiguration conceptuelle vise à transformer le débat : faire passer la perception de Strategy de « accident de marché avec biais bitcoin » à « pont délibéré entre finance traditionnelle et institutionnalisation du bitcoin ». Si elle parvient à consolider cette narration auprès de MSCI et des marchés, la pente descendante pourrait s’inverser. Sinon, la décision de janvier 2026 pourrait marquer un point de rupture important pour l’entreprise et ses actionnaires.
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La mise de Strategy sur le Nasdaq 100 : quand l'or numérique défie les règles du jeu
La permanence de Strategy dans le Nasdaq 100 après le rééquilibrage annuel de décembre 2025 marque un point d’inflexion crucial, mais expose également une tension de plus en plus profonde sur les marchés : que se passe-t-il lorsqu’une entreprise traditionnelle se transforme complètement en une plateforme d’accumulation d’actifs numériques ?
Le dilemme des indices : Strategy comme étude de cas
Le rééquilibrage du 22 décembre a laissé six sorties et six entrées dans le Nasdaq 100. Ce qui a surpris, ce n’était pas le mouvement lui-même, mais ce qui ne s’est pas produit : Strategy est restée dans le panier. Cela marque sa première véritable épreuve depuis son entrée il y a seulement quelques mois, une survie que le marché a interprétée de manière contradictoire.
L’action a clôturé avec une pente descendante visible (-3,74% à la clôture), poursuivant une trajectoire négative au cours des 30 derniers jours. La paradoxe est évidente : rester dans l’indice devrait être une validation, mais les investisseurs ont continué à vendre. Le volume des transactions a diminué alors que le marché faisait face à une certaine atonie, créant un contexte où la bonne nouvelle du rééquilibrage a été éclipsée par la réalité du comportement du titre.
Le cœur de la question : entreprise ou fonds coté ?
Strategy accumule actuellement 660.624 BTC, évalués à environ 60 milliards de dollars selon les estimations du marché. L’entreprise est devenue le plus grand détenteur corporatif de bitcoin au monde, poursuivant une stratégie systématique d’achat. Début décembre, elle a acquis 10.624 BTC pour environ 962,7 millions de dollars, reflétant le rythme accéléré de son accumulation.
À ce stade, l’équation commerciale se simplifie de manière préoccupante : la valeur totale de Strategy dépend presque entièrement de trois variables interconnectées — le prix du Bitcoin (actuellement à 91.87K$), sa prime ou décote de marché, et sa structure de financement —. Cela soulève des questions fondamentales qui ont attiré l’attention des régulateurs d’indices : s’agit-il toujours d’une opération commerciale traditionnelle, ou fonctionne-t-elle davantage comme un véhicule de marché spécialisé ?
MSCI dans le viseur : la menace réglementaire de janvier 2026
Le fournisseur d’indices MSCI examine actuellement des propositions qui pourraient être déterminantes. La règle à l’étude exclurait des indices principaux les entreprises dont l’exposition aux crypto-actifs dépasse 50% du total des actifs. Avec Strategy largement au-dessus de ce seuil, une décision défavorable en janvier (vers le 15 janvier 2026) aurait des conséquences concrètes.
JPMorgan a quantifié le risque : si MSCI agit, des fonds passifs pourraient faire face à des ventes forcées pour un montant allant jusqu’à 2,8 milliards de dollars. Ce n’est pas une menace théorique, mais un scénario concret qui explique une partie de la nervosité du marché et la pente descendante qui maintient l’action sous pression.
La défense de Saylor : financement, pas accumulation passive
Face à cette pression, la direction de Strategy, menée par Michael Saylor, a répondu avec des arguments structurels. Dans une lettre du 10 décembre, Saylor et le CEO Phong Le ont affirmé que l’entreprise n’accumule pas de bitcoin de manière passive, mais qu’elle finance cette accumulation par l’émission d’instruments financiers diversifiés, notamment des actions préférentielles.
Selon cette logique, Strategy se présente comme une opération d’ingénierie financière sophistiquée, et non comme un simple fonds de bitcoin. L’entreprise a également levé environ 1,44 milliard de dollars pour renforcer sa capacité à payer des dividendes et à rembourser sa dette, cherchant à atténuer les craintes concernant sa solvabilité si la pression sur l’action devait continuer.
La vision ambitieuse : de la trésorerie à l’infrastructure financière
Au-delà de la défense tactique, Saylor a élargi son argumentaire lors de ses interventions publiques, notamment lors de sa participation à Bitcoin MENA à Abu Dhabi. Il y a présenté une narration plus ambitieuse : Strategy ne serait pas simplement un accumulant d’or numérique, mais un constructeur d’infrastructures de « crédit numérique » sur bitcoin, conçues pour générer de la rentabilité et attirer des fonds souverains, des banques et des family offices.
Cette reconfiguration conceptuelle vise à transformer le débat : faire passer la perception de Strategy de « accident de marché avec biais bitcoin » à « pont délibéré entre finance traditionnelle et institutionnalisation du bitcoin ». Si elle parvient à consolider cette narration auprès de MSCI et des marchés, la pente descendante pourrait s’inverser. Sinon, la décision de janvier 2026 pourrait marquer un point de rupture important pour l’entreprise et ses actionnaires.