Le marché du cacao se resserre alors que les expéditions en Côte d'Ivoire accusent du retard : voici ce qui motive la hausse

Pression sur l’offre dans le principal producteur mondial

Le cacao connaît un moment particulier. Le cacao de mars ICE NY (CCH26) a augmenté de +3,08 % aujourd’hui, tandis que le cacao de mars ICE Londres (CAH26) a gagné +2,57 %, mais la véritable histoire derrière ces mouvements révèle quelque chose d’important sur les fondamentaux mondiaux du cacao.

Le coupable principal ? La réduction des flux de cacao en provenance de la Côte d’Ivoire. Jusqu’au 4 janvier de cette nouvelle année de commercialisation (qui a commencé le 1er octobre), le pays a expédié seulement 1,073 MMT de cacao vers les ports — soit une baisse de -3,3 % par rapport à 1,11 MMT durant la même période l’an dernier. Pour contextualiser, la Côte d’Ivoire domine la production mondiale de cacao, donc lorsque ses expéditions ralentissent, tout le marché prête attention.

L’histoire de l’achat par l’indice que tout le monde surveille

Au-delà de la tension sur l’offre physique, le cacao bénéficie d’un coup de pouce inattendu : les flux d’indices. Les contrats à terme sur le cacao viennent d’être ajoutés à l’indice Bloomberg des matières premières (BCOM) ce mois-ci, et les analystes de Citigroup pensent que cela pourrait libérer jusqu’à $2 milliard en achats liés aux indices de contrats à terme sur le cacao de NY. C’est ce genre d’achat mécanique qui peut soutenir la dynamique une fois qu’il commence à couler.

Pourquoi les perspectives d’offre viennent de se resserrer encore

Les chiffres de la production racontent la vraie histoire. L’Organisation Internationale du Cacao (ICCO) a récemment réduit son estimation du surplus mondial de cacao pour 2024/25 — la ramenant à seulement 49 000 MT contre une prévision précédente de 142 000 MT. Elle a également abaissé son estimation de la production de cacao pour 2024/25 à 4,69 MMT contre 4,84 MMT. Par ailleurs, Rabobank a également réduit sa projection de surplus pour 2025/26 à 250 000 MT contre leur prévision de novembre de 328 000 MT. Ce n’est pas du bruit ; c’est un resserrement structurel.

Le Nigeria, cinquième plus grand producteur de cacao au monde, contribue aussi à la pression sur l’offre. L’Association du cacao du pays prévoit une baisse de -11 % en glissement annuel de la production 2025/26 à 305 000 MT. Ce chiffre est significatif alors que les approvisionnements mondiaux sont déjà limités.

Les niveaux de stocks sont à des niveaux critiques

Un autre facteur soutenant les prix : les stocks américains. Les inventaires de cacao surveillés par ICE dans les ports américains ont atteint un creux de 9,5 mois, à 1 626 105 sacs, le 26 décembre. Lorsque les stocks tampons s’épuisent aussi rapidement, cela indique une demande réelle face à une offre contrainte.

Le côté demande raconte une histoire différente

Ce n’est pas tout rose, cependant. Les données de broyage du cacao — essentiellement la mesure réelle de l’activité des fabricants de chocolat — peignent un tableau plus faible. Les triturations de cacao en Asie au troisième trimestre ont chuté de -17 % en glissement annuel à seulement 183 413 MT, ce qui représente le plus faible résultat du troisième trimestre en 9 ans. La triturations en Europe a diminué de -4,8 % en glissement annuel à 337 353 MT, le plus faible troisième trimestre en une décennie. L’Amérique du Nord a enregistré une hausse de +3,2 % en glissement annuel à 112 784 MT, mais de nouveaux acteurs dans le reporting ont biaisé ces chiffres à la hausse.

L’incertitude réglementaire

La loi européenne sur la déforestation (EUDR) a créé une pression baissière fin novembre lorsque le Parlement européen a approuvé un report d’un an. Ce report permet aux États membres de continuer à importer des produits agricoles provenant de régions où la déforestation persiste, y compris des fournisseurs clés de cacao en Afrique, en Indonésie et en Amérique du Sud. Des règles d’approvisionnement plus souples pourraient éventuellement augmenter l’offre, même si l’impact immédiat est limité.

La conclusion

La récente hausse du cacao reflète une collision entre une offre physique resserrée, des prévisions de production revues à la baisse, des stocks historiques au plus bas, et une nouvelle demande d’achats liés aux indices. Par ailleurs, une activité de broyage faible à l’échelle mondiale suggère que la demande ne tourne pas à plein régime — ce qui signifie que les prix sont principalement tirés par des mécanismes liés à l’offre plutôt que par une forte consommation. C’est un marché qui peut soutenir la hausse si les fondamentaux restent solides, mais il reste aussi vulnérable aux chocs de la demande.

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