
David Schwartz, le directeur technique et co-fondateur de Ripple, qualifie le bitcoin de voie sans issue technologique, critiquant non pas son prix mais sa conception architecturale. Récemment, Schwartz a souligné que la domination continue du bitcoin dépend davantage de l’effet de réseau que d’une véritable innovation, avertissant que ce manque de développement pourrait devenir une faiblesse à long terme. XRP reste encore dans un canal baissier mais a récemment bondi à 1,10 dollar, cherchant actuellement un support au-dessus de 1,30 dollar.
Le bitcoin est généralement considéré comme une présence incontournable, étant la force fondatrice du domaine des cryptomonnaies, avec peu de défis à ses fondamentaux. Mais l’un des porte-parole les plus connus de Ripple a une opinion différente. David Schwartz, directeur technique et co-fondateur de XRP, qualifie le bitcoin de voie technologique sans issue. Sa critique ne porte pas sur le prix, mais sur la conception.
Dans un article récent, Schwartz a indiqué que la position dominante continue du bitcoin repose davantage sur son effet de réseau que sur une véritable innovation, et il met en garde contre le fait que ce manque de développement pourrait devenir une faiblesse à long terme. Selon lui, le protocole a peu évolué. Sa pérennité est due à son statut de premier protocole, et non à ses avancées technologiques.
Cette critique est très controversée dans le monde de la cryptographie. Les maximalistes du bitcoin rétorqueraient que l’immutabilité du bitcoin est justement son avantage, car une monnaie doit être stable et prévisible, pas soumise à des expérimentations techniques constantes. La preuve de travail, la limite de 21 millions d’unités, et une stratégie de mise à niveau prudente assurent sa crédibilité en tant que « or numérique ». Si le bitcoin évoluait fréquemment comme Ethereum, en modifiant ses règles, cela pourrait nuire à sa fonction de réserve de valeur.
Mais l’argument de Schwartz a aussi du sens. La vitesse de transaction du bitcoin (7 TPS), le temps de confirmation (10 minutes par bloc), et les frais (pouvant atteindre plusieurs dizaines de dollars lors des pics) sont techniquement dépassés par XRP (1500 TPS, confirmation en 3-5 secondes, frais inférieurs à 0,01 dollar) et d’autres blockchains nouvelles. En termes de performance technique, le bitcoin est effectivement « dépassé ».
Il compare cela au dollar américain. La technologie seule ne détermine pas la domination du marché, c’est l’adoption qui compte. Cette métaphore est très pertinente. Le dollar n’est pas la monnaie la plus avancée technologiquement (certains systèmes de paiement numériques dans certains pays sont bien plus performants), mais il reste la monnaie de réserve mondiale grâce à la taille de l’économie américaine, la puissance militaire, et l’usage du dollar pour le pétrole et autres matières premières. La situation du bitcoin est similaire : c’est la « monnaie de réserve » dans le monde crypto, non pas parce qu’elle est technologiquement la meilleure, mais parce qu’elle bénéficie d’un avantage de premier arrivé, d’une reconnaissance de marque et d’un effet de réseau.
Vitesse de transaction : BTC 7 TPS vs XRP 1500 TPS
Temps de confirmation : BTC 10 minutes vs XRP 3-5 secondes
Frais : BTC plusieurs dizaines de dollars en pic vs XRP <0,01 dollar
Consommation d’énergie : preuve de travail du BTC très énergivore vs protocole de consensus de XRP à faible consommation

(Source : Trading View)
XRP Toujours dans un canal baissier, mais ayant récemment atteint 1,10 dollar, XRP présente des caractéristiques typiques d’un marché en épuisement. Depuis la dernière chute, le prix cherche à se stabiliser au-dessus de 1,30 dollar, qui constitue actuellement un support clé à court terme. En cas de cassure de ce support, 1,10 dollar pourrait devenir la prochaine résistance. Sur la hausse, 1,50 dollar représente la première résistance significative. Si cette résistance est franchie avec succès, le prix pourrait atteindre 1,90 dollar, ce qui pourrait marquer un changement dans la structure globale du mouvement.
Avant de dépasser la bande supérieure du canal, la tendance technique reste baissière. Cependant, le mouvement récent ressemble davantage à une construction de base qu’à une vente panique, un pattern souvent annonciateur d’un rebond. Le support à 1,30 dollar a été testé plusieurs fois ces dernières semaines, chaque contact ayant suscité des achats, indiquant une demande substantielle à ce niveau.
La rivalité entre Bitcoin et Ripple, entre innovation et effet de réseau, n’est qu’une variation selon les cycles. Pendant que ce débat fait rage, le prix continue de récompenser l’attention portée. La critique de Schwartz a suscité la discussion, mais il reste à voir si elle pourra réellement modifier la perception du marché sur la valorisation relative de Bitcoin et XRP.
En termes de capitalisation, Bitcoin vaut environ 1,3 trillion de dollars, contre environ 80 milliards pour XRP, soit un ratio supérieur à 16:1. Pour que XRP « dépasse » Bitcoin, il faudrait une multiplication par 16 de sa capitalisation, ce qui est quasiment impossible dans le contexte actuel. Une cible plus réaliste serait de réduire cet écart, par exemple en faisant passer le ratio de 16:1 à 10:1 ou 8:1. Cela nécessiterait une hausse significative de XRP ou une chute importante de Bitcoin, ou les deux.
Historiquement, XRP a brièvement atteint une capitalisation d’environ 130 milliards de dollars début 2018 (avec un prix d’environ 3,4 dollars), représentant un ratio de marché d’environ 1:15 par rapport à Bitcoin. Mais cela s’est produit dans un contexte d’euphorie ICO et de FOMO des investisseurs particuliers, difficile à reproduire. Dans l’environnement plus rationnel actuel, la conversion d’un avantage technologique en une supériorité de marché dépendra d’une adoption réelle par les institutions, et non seulement de narratifs ou de spéculations.
David Schwartz a choisi de critiquer le bitcoin à ce moment précis pour plusieurs raisons. D’abord, pour renforcer la position de XRP, en profitant d’un marché globalement morose pour attirer l’attention en attaquant un concurrent. Ensuite, pour répondre aux doutes sur Ripple et XRP, en soulignant ses avantages techniques lorsque le prix de XRP reste faible, afin de renforcer la confiance de la communauté. Enfin, pour soutenir la stratégie institutionnelle de Ripple, en insistant sur l’importance des performances techniques pour les acteurs financiers, afin d’appuyer ses démarches commerciales.
Cependant, cette critique pourrait aussi se retourner contre lui. La communauté Bitcoin est très soudée et sensible aux critiques, et les propos de Schwartz pourraient provoquer une réaction virulente de la part des maximalistes, accentuant la division entre les deux camps. De plus, critiquer publiquement le bitcoin pourrait être perçu comme une attitude de « raisonnement à l’envers » ou de « grapes sour » (raisin acide), donnant l’impression que Ripple attaque ses concurrents par frustration face à ses résultats.
Pour les investisseurs XRP, la vision de Schwartz offre une narration de « valeur intrinsèque » : XRP est technologiquement supérieur au bitcoin, mais sous-estimé en raison de l’effet de réseau et de la reconnaissance de marque. À long terme, cette supériorité technologique finirait par se refléter dans le prix. Mais cette vision doit être abordée avec prudence, car le marché a déjà 13 ans d’expérience à prouver que « l’effet de réseau > performance technologique ». Même si XRP est techniquement meilleur, sa capitalisation reste bien inférieure à celle du bitcoin, ce qui illustre la prédominance du choix du marché.
La rivalité entre Bitcoin et XRP, entre innovation et effet de réseau, n’est qu’une variation selon les cycles. En fin de compte, le marché donnera la réponse, et cette réponse sera probablement que les deux peuvent coexister : Bitcoin comme réserve de valeur, XRP comme moyen de paiement et de règlement, chacun dans son rôle, sans confrontation mortelle.