Le Centre conjoint de coordination des cybercrimes (JPC3), mené par la Police fédérale australienne, a averti que des réseaux criminels déploient une intelligence artificielle pour mettre en place des stratagèmes d’investissement trompeurs ayant dérobé des dizaines de millions de dollars à des investisseurs australiens. Cet avertissement coïncide avec l’expansion de « Clickfit », une initiative nationale de cybersécurité et de prévention des risques visant à encourager les consommateurs numériques à évaluer les offres d’investissement en ligne avant de transférer des fonds. Les chiffres de Scamwatch indiquent qu’au cours de cette année, les investisseurs ont perdu entre 31,4 millions de dollars et 45 millions de dollars dans des stratagèmes frauduleux, après des pertes totales déclarées dépassant 111,7 millions de dollars l’année civile précédente. Les escroqueries liées à des investissements frauduleux constituent la catégorie d’arnaques la plus coûteuse en Australie.
Détails du JPC3 : tactiques d’escroquerie pilotées par l’IA et méthodes d’ingénierie sociale
Des enquêteurs du JPC3 ont déclaré que des réseaux transnationaux utilisent des outils d’IA pour générer automatiquement des écosystèmes financiers frauduleux, notamment des plateformes de trading contrefaites, de faux articles d’actualité, des pages d’atterrissage réalistes et des chatbots automatisés. D’après les autorités, les escroqueries modernes liées aux investissements s’appuient sur des tactiques en couches pour instaurer une crédibilité : les fraudeurs développent des applications mobiles et des plateformes web hyper-réalistes, confient le rôle d’« accompagnateurs » à des personnes avec des accents australiens ou britanniques localisés pour se faire passer pour des conseillers financiers personnels, et introduisent de micro-investissements initiaux qui affichent des gains artificiels afin d’amener les victimes à transférer des sommes plus importantes ou à basculer l’intégralité de leurs fonds de retraite. Lorsque les victimes tentent de retirer des fonds, les fraudeurs gèlent les comptes et exigent des paiements secondaires de type « taxe » ou « frais administratifs » avant de rompre totalement le contact.
Le surintendant-détective de l’AFP Marie Andersson a déclaré : « Là où les criminels voient une vulnérabilité et une opportunité, ils n’hésiteront pas à l’exploiter. Ils ne se soucient pas du temps et des efforts consacrés à la création d’un compte d’épargne, d’un pécule ou d’un fonds de retraite ; ils veulent juste le voler. » Les autorités ont souligné que les victimes couvrent tous les profils démographiques, avec des pertes réparties de façon équitable entre les hommes et les femmes, bien que les retraités qui gèrent leur superannuation en gestion propre (self-managed superannuation funds) restent des cibles fréquentes.
La police du Queensland cite deux affaires récentes d’escroquerie en cryptomonnaies
Les autorités du Queensland ont cité des cas récents mettant en évidence la rapidité et la portée de dispositifs dopés à l’IA. Un homme de 29 ans a perdu 115 873 dollars après avoir téléchargé une extension de navigateur liée à une fausse application de trading de cryptomonnaies. Lorsque des fonds ont été vidés via des transactions non autorisées, sa tentative de contacter le support client l’a redirigé vers un chatbot piloté par IA, révélant ainsi la fraude.
Une autre femme, dans la soixantaine, a perdu près de 74 690 dollars sur 12 mois dans le cadre d’une escroquerie d’investissement en cryptomonnaies en se basant sur une publicité vue sur les réseaux sociaux, après avoir versé au départ un dépôt de 174 USD. Les fraudeurs l’ont progressivement convaincue de transférer ses fonds de superannuation de retraite, puis ont exigé plus tard 8 376 dollars supplémentaires sous forme de faux frais administratifs lorsqu’elle a demandé un retrait.
L’ASIC désactive 12 000 sites d’escroquerie en 2025
La Commission australienne des valeurs mobilières et des investissements (ASIC) a désactivé 12 000 sites web d’escroquerie et plus de 1 100 publicités sur les réseaux sociaux en 2025. La campagne « Clickfit » du JPC3, inspirée des campagnes traditionnelles de sécurité routière, encourage les consommateurs numériques à « arrêter de scroller » et à évaluer les offres d’investissement en ligne avant de transférer des fonds.
FAQ
De quoi la Police fédérale australienne a-t-elle averti concernant les escroqueries liées aux investissements ?
La Police fédérale australienne, via le Centre conjoint de coordination des cybercrimes (JPC3), a averti que des réseaux criminels déploient une intelligence artificielle pour mettre en place des stratagèmes d’investissement trompeurs, notamment des plateformes de trading contrefaites, de faux articles d’actualité, des pages d’atterrissage réalistes et des chatbots automatisés, ayant dérobé des dizaines de millions de dollars à des investisseurs australiens.
Combien les investisseurs australiens ont-ils perdu dans des escroqueries d’investissement cette année ?
Les chiffres de Scamwatch montrent que les investisseurs ont perdu entre 31,4 millions de dollars et 45 millions de dollars dans des stratagèmes frauduleux jusqu’à présent cette année, après des pertes totales déclarées dépassant 111,7 millions de dollars l’année civile précédente, les escroqueries liées à des investissements frauduleux représentant la catégorie d’arnaque la plus coûteuse en Australie.
Quelles actions l’ASIC a-t-elle menées contre des opérations d’escroquerie en 2025 ?
La Commission australienne des valeurs mobilières et des investissements (ASIC) a désactivé 12 000 sites web d’escroquerie et plus de 1 100 publicités sur les réseaux sociaux en 2025, dans le cadre d’efforts visant à lutter contre des stratagèmes frauduleux ciblant des consommateurs australiens.