Le Pentagone a commencé en mars à tester des modèles d’intelligence artificielle d’OpenAI, de Google et d’autres fournisseurs, après la désignation par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth d’Anthropic comme risque pour la chaîne d’approvisionnement. La décision a suivi l’échec du ministère de la Défense et d’Anthropic à réviser un contrat de juillet 2025, avec une note de stratégie sur l’IA datée de janvier 2026 poussant les accords du ministère vers des clauses standard de type « any lawful use », que l’entreprise a refusé d’accepter. Le ministère de la Défense s’appuie actuellement sur Claude d’Anthropic dans son système Maven Smart pour des opérations classifiées, et Anthropic conteste cette désignation de risque devant un tribunal fédéral. Le sous-secrétaire d’État américain Emil Michael a déclaré que les discussions avec Anthropic restent gelées.
Le litige contractuel et la désignation pour la chaîne d’approvisionnement
L’étiquette de risque pour la chaîne d’approvisionnement découle d’un désaccord fondamental sur les conditions du contrat. Anthropic a maintenu des lignes rouges qui interdisent l’utilisation de Claude pour la surveillance intérieure de masse et pour des systèmes d’armes entièrement autonomes, refusant d’adopter le langage plus large « any lawful use » du Pentagone. Ce différend contractuel a déclenché la désignation de Hegseth, marquant ce qui semble être une application sans précédent des lois sur les risques de chaîne d’approvisionnement. Traditionnellement, de telles désignations visent le sabotage ou la subversion chez des fournisseurs gouvernementaux, souvent liés à des menaces étrangères plutôt qu’à des désaccords contractuels domestiques.
Anthropicis challengeant la désignation devant la justice fédérale.
Tests du Pentagone et résultats initiaux
Un responsable supérieur de la Défense a déclaré que les tests initiaux montrent que les modèles des fournisseurs alternatifs répondent aux mêmes invites que Claude. Les tests ont commencé en mars, au moment où le Pentagone évaluait des remplacements auprès de plusieurs fournisseurs d’IA.
Périmètre de la désignation
Le périmètre exact de la désignation de risque pour la chaîne d’approvisionnement reste contesté. Selon une analyse juridique, l’autorité d’acquisition citée ne permettrait pas légalement de bloquer des activités commerciales non liées à la défense avec Anthropic, et la désignation ne s’étend pas à des contrats commerciaux en dehors du secteur de la défense. Toutefois, le conflit pourrait fragmenter le marché de l’IA : certains fournisseurs accepteraient les conditions du Pentagone tandis que d’autres maintiendraient des limites éthiques et perdraient l’accès à certains travaux de défense sensibles. Des concurrents comme OpenAI pourraient poursuivre des projets de défense que Anthropic laisse de côté, même si les sources disponibles ne confirment aucun accord de remplacement signé.
Implications plus larges
Des organisations de défense des droits humains ont averti des risques liés à l’utilisation de l’IA dans la guerre. Le différend pourrait rendre les entreprises technologiques plus prudentes vis-à-vis des projets de sécurité nationale si des garde-fous éthiques commencent à apparaître comme un déclencheur de pénalités d’achat.